Chapitre 20 – Celui qui entre dans la danse

TW: Ce chapitre contient des scènes érotiques explicites

Noria était comme figée. Elle regarda la main tendue de Seth et ne sut que faire. Elle était encore comme hypnotisée et pourtant, elle avait une peur irrationnelle de se désintégrer totalement au contact de l’énergie qui émanait du jeune homme. Il exsudait la force et la sensualité par tous les pores de la peau.

Alors elle leva les yeux vers lui et vit le sourire qu’il lui adressa. Elle se leva doucement, laissant l’étole tomber au sol, et s’approcha avec prudence de Seth. Lorsque le bout de ses doigts entra en contact avec ceux du danseur, elle sentit un courant presque magique la traverser. Lorsque sa petite main fut engloutie dans celle du jeune homme, elle s’arrêta, laissant une certaine distance entre leur deux corps.

C’est Seth qui bougea alors, faisant les derniers pas pour n’être qu’à un souffle du corps de la jeune femme. Il la dominait de toute sa hauteur et Noria dût relever la tête pour rester captive consentante de son regard doré. Cette position aurait pu paraître menaçante pour Noria, qui aurait pu se sentir petite et fragile à l’ombre du grand corps de Seth. Pourtant tout ce qu’elle ressentait c’était une sensation de sécurité, d’appartenance.

Seth libéra sa main et la passa à l’arrière de sa tête, emmêlant ses doigts dans ses épaisses mèches dorés. Puis il se pencha lentement vers elle et déposa de tendre baisers, aussi léger que des papillons, sur sa tempe gauche. Il remonta sur son front et passa du côté droit mais fut vite stoppé par la barrière de cuir. Il prit alors le chemin inverse et descendit jusqu’à son oreille gauche, en profita pour mordiller avec douceur la peau tendre du lobe. Noria frissonna devant la tendresse de ses baisers.

– Montre-toi à moi, Da’mi. Enlève ton bandeau, je veux te voir toute entière.

Noria ne put retenir un léger gémissement de détresse.

– Je t’en prie, Noria, fais-moi confiance comme je te fais confiance.

La jeune femme était terrorisée. Elle pouvait supporter les regards de dégoût ou de pitié des gens. Ils ne représentaient rien pour elle, peu lui importait leur opinion. Elle voulait lui faire confiance, vraiment. Mais elle savait que son oeil blanc et ses cicatrices n’étaient pas beaux à voir. Si jamais elle décelait un soupçon de rejet ou de dégoût de la part de Seth, elle ne pourrait pas le supporter. C’est pourquoi elle souffla faiblement en baissant la tête :

– Je ne peux pas.

Seth resserra légèrement sa prise à l’arrière de sa tête, sans lui faire mal, et l’incita gentiment à relever la tête vers lui.

– Noria, à mes yeux, tu es la plus belle femme de ce monde, à l’intérieur comme à l’extérieur. Tes cicatrices ne changeront rien à ça.

Ces quelques mots firent battre le cœur de Noria tellement fort qu’elle crût, un instant, qu’il allait exploser. Une chaleur bienfaisante inonda son être. Elle pouvait le faire, Seth n’était pas le genre d’homme à la repousser pour une simple histoire d’ancienne blessure.

Elle releva la tête bien haute et croisa les yeux de Seth. Alors elle leva la main vers la pièce de cuir, et l’enleva doucement. Elle abaissa sa main et laissa tomber le bandeau au sol, inutile. Seth en profita pour donner un léger coup de pied dedans pour le mettre hors de portée.

Seth lui sourit. Sincèrement, il pensait que ses cicatrices seraient bien pires. La peau du haut de son visage était légèrement plissée et avait une teinte rosé, détonant avec le hâle du reste de sa peau. Ses yeux faisaient un contraste saisissant. L’un était doré et pétillant de vie, de promesse et aussi de crainte à cet instant précis, l’autre d’un blanc tellement pur qu’il en devenait fascinant. On aurait dit qu’il renfermait des mystères insondables.

Il pencha à nouveau son visage vers elle et embrassa alors le côté meurtri de son visage, la tempe, la pommette et le haut de sa joue. Noria ferma les yeux pour empêcher ses larmes de couler. Et elle sentit les lèvres de Seth sur la paupière de son œil aveugle.

Avec toute la conviction dont il était capable, Seth lui déclara :

– Tu es magnifique, Da’mi.

Noria en trembla. C’était beaucoup trop d’émotions pour son pauvre petit corps. Seth poursuivit en ponctuant ses mots par des baisers légers sur son visage.

– Merci d’avoir été là pour moi ce soir. Ça signifie beaucoup pour moi.

Il approcha alors ses lèvres de celles de la jeune femme, les effleurant à peine comme pour l’apprivoiser, lui embrassant les commissures des lèvres.

Noria resta parfaitement immobile. Elle ne savait plus que penser. Les baisers de Seth étaient d’une tendresse infinie mais elle avait l’impression d’avoir rêver le moment où il semblait la désirer autant qu’elle le désirait. La sensualité avait laissé la place à quelque chose de plus doux. Était-ce tout ce qu’elle pouvait attendre de lui ? De la tendresse ? Comme celle que l’on donne à une amie proche, une sœur ? Avait-elle pris ses désirs pour des réalités quand elle avait senti, comme il y a trois ans, une tension sexuelle s’installée entre eux ? Peut-être était-il trop dégoûté par son apparence pour envisager quoique ce soit avec elle ? De peur d’être rejetée ou ridicule, elle n’osa pas bouger.

Seth, de son côté ne remarqua pas le trouble de Noria. Il voulait lui montrer qu’elle représentait plus pour lui qu’une vieille connaissance, une passade, une fille facile à mettre dans son lit. Mais la jeune elfe semblait de glace. Pourquoi ne réagissait-elle pas ? Il n’avait pas imaginé le désir de la jeune femme tout à l’heure ! Il décida donc de passer à la vitesse supérieure. Il appuya plus fortement ses baisers, mordillant, lapant ses lèvres pleines pour avoir accès à sa bouche. Dans le même temps, il dégagea sa main des mèches de la jeune elfe et commença à défaire les boutons de sa chemise. Mais Noria l’arrêta et recula son visage pour le regarder dans les yeux.

– Seth tu n’as pas besoin de… de faire ça pour me remercier.

Seth en resta bouche bée. Mais enfin à quoi pensait-elle ? S’imaginait-elle vraiment qu’il ne la désirait plus, qu’elle était monstrueuse ? Il ne put s’en empêcher et éclata d’un rire bref, puis il posa son front contre le sien et murmura :

– Petite idiote …

Son ton affectueux démentait ses paroles, mais cela ne fit qu’aggraver l’état de confusion de Noria. Qu’avait-elle dit ? Elle sentit le bras de Seth passer autour de sa taille, il la souleva aisément fit quelques pas et l’installa sur la grande table haute, ainsi il pouvait la regarder dans les yeux sans craindre un torticolis le lendemain. Noria eut juste le temps de s’accrocher à son cou avant de sentir le bois sous ses fesses.

Elle sentit Seth lui prendre une main et la poser sur la bosse dure qui déformait son sarouel au niveau de l’entrejambe. Par Mythal, il semblait tellement gonflé ! Fascinée, elle ne put s’empêcher de passer ses doigts autour de son membre raidi et de serrer légèrement, arrachant un léger gémissement au jeune homme et un brusque mouvement de hanche.

La main de Seth était remontée sur l’arrière de sa nuque et il lui dit au creux de l’oreille.

– Crois-tu que mon corps ment, Da’mi ? Voilà l’état dans lequel je suis depuis ma danse pour toi et ça n’a pas changé depuis. Laisse-moi être bien clair avec toi. Je vais te prendre sur cette table Da’mi, non pas parce que je m’y sens obligé, mais parce qu’il n’y a rien que je désire plus en cet instant.

La respiration de Noria s’arrêta. Toute la chaleur de son corps sembla se diriger à nouveau vers son bas-ventre. La tension entre eux était réapparue avec encore plus de violence, d’urgence.

– Mais, si jamais Sera…

– Rien à faire de Sera. Je te veux ici et maintenant ! Mais toi, qu’est ce que tu veux Noria ?

La jeune femme ferma les yeux et avoua :

– Toi Seth, uniquement toi.

N’y tenant plus Seth écrasa sa bouche contre celle de la jeune femme, qui cette fois-ci l’ouvrit immédiatement. Lorsque leurs langues se touchèrent, ils gémirent à l’unisson. Ils se dévorèrent l’un l’autre, comme si après des mois de privation, ils étaient tombés sur la corne d’abondance. Leurs langues se cherchèrent, bataillèrent pour la domination de l’autre.

La main de Seth retrouva les boutons de la chemise de la jeune elfe mais n’eut pas la patience d’ouvrir les bouton un à un. Arrivé à la moitié, il donna un coup sec vers le bas faisait voler les boutons et se déchirer le tissu léger, arrachant un cri d’indignation à Noria. Elle s’écarta de sa bouche de quelques millimètres pour protester :

– C’était ma chemise préférée !

– Je t’en donnerai une autre, répondit impatiemment le jeune homme, mordillant sa lèvre inférieure pour lui faire comprendre qu’il en avait assez de discuter.

Mais Noria insista, se recula à nouveau et demanda :

– L’une des tiennes ?

– Si tu veux Da’mi ! Maintenant tais-toi et embrasse-moi.

La jeune femme rit mais ne se fit pas prier plus longtemps. Elle reprit ses lèvres avec avidité et se débarrassa des pans en lambeaux de ce qui était sa chemise.

Enfin Seth avait accès à son corps. Il s’éloigna à regret de ses lèvres pour tracer un sillon de baisers plus bas. Noria se pencha immédiatement vers l’arrière, en prenant appui sur la table pour lui offrir sa peau nue. Il descendit doucement vers le cou de la jeune femme, puis la gorge. Lorsqu’il arriva à sa poitrine, il embrassa avec révérence chacun de ses seins, traçant des cercles de plus en plus petit, sans jamais en toucher les pointes sensibles. Les gémissements de Noria résonnaient dans la pièce, et elle ne put que passer la main dans ses cheveux pour essayer de le guider là où elle avait besoin de lui. Enfin, après des minutes de cette douce torture, il prit une pointe rosée en bouche et lui donna des coups de langues rapides avant de la sucer et de la mordiller gentiment, arrachant de petits cris à la jeune elfe. La main de Seth vagabondait sur son corps avant de lui écarter les cuisses. Il ne perdit pas de temps et dirigea sa main vers le sexe de la jeune femme. Il la trouva tellement humide et chaude qu’il en gémit et du se contenir pour ne pas la pénétrer immédiatement.

Il n’avait jamais eu de partenaire aussi réceptive que Noria. Chacune de ses caresses semblaient pousser un peu plus la jeune femme sur le chemin de la jouissance. Les gémissements et le langage du corps de l’elfe ne faisait qu’attiser son désir. Il voulait la comblée et s’enfouir en elle pour ne jamais en ressortir. Et ce sentiment l’effrayait un peu.

La bouche toujours occupée sur ses seins, Seth se mit à explorer de sa main l’intimité de Noria, jouant un moment avec son clitoris pour venir titiller l’entrée de son intimité. Il y glissa d’abord un doigt et sentit la jeune femme se cambrer sur la table en gémissant. Ce n’est qu’une fois un deuxième doigt inséré qu’il commença à les bouger lentement. Sa bouche remonta vers sa gorge et la jeune femme se redressa pour venir à la rencontre de sa bouche qu’elle dévora. Elle descendit l’une de ses mains vers l’entre-jambe de Seth et défit fébrilement les lacets de son pantalon. Enfin elle en vint à bout et descendit l’étoffe jusqu’au milieu de ses fesses afin de libérer son membre tendu. Aussitôt elle l’encercla de ses doigts et commença un doux mouvement de va-et-vient faisant à son tour gémir le jeune homme dans sa bouche. Ils étaient plus que prêts l’un comme l’autre mais ne voulaient pas céder en premier. Leurs mouvements se firent plus précis, plus adroits afin de faire craquer l’autre. Finalement ce fut Noria qui craqua en premier. Elle détacha sa bouche de lui et lui ordonna :

– S’il te plait Seth, prends-moi.

Comme s’il n’attendait que ce signal, Seth agrippa l’une de ses cuisses pour la positionner au bord de la table, passa son bras derrière sa taille et la pénétra d’un coup puissant, le pantalon toujours retenu au niveau de ses fesses. Seth grogna de satisfaction alors que le cri de bonheur de la jeune elfe retentit dans la salle. Il se figea alors, appréciant simplement le fait d’être, après tellement de temps, à nouveau en elle. Elle avait rejeté la tête en arrière pendant leur union tout en passant ses bras autour de son cou, mais le regardait à présent de son étrange regard, le visage tout proche du sien, le clouant presque sur place. Elle était superbe, les joues légèrement rosies et les lèvres gonflées par leurs baisers. Elle posa une main sur sa joue et lui sourit. Seth lui sourit à son tour et bougea légèrement les hanches. La bouche de la jeune femme s’ouvrit et son visage exprima l’extase la plus pure. Il continua ses lents mouvements de hanches tout en observant le visage si expressif de la jeune femme. Puis, ne pouvant plus se retenir, il accéléra le rythme.

Noria se pencha légèrement en arrière en appui sur ses coudes et écarta les cuisses pour l’accueillir encore plus profondément en elle. Son esprit était tellement embrumé par le désir qu’elle aurait eu bien du mal à dire où son corps s’arrêtait et où commençait celui de Seth. Ils ne formaient plus qu’un, unis dans une danse bien à eux, universelle.

Lorsque la main du jeune homme se referma sur son cou et exerça une légère pression, elle comprit immédiatement le message et se laissa tombée sur le dos. Cette nouvelle position lui permit de s’enfoncer encore plus et ils gémirent à nouveau face à ces nouvelles sensations. Les doigts de Seth exercèrent une légère pression autour du cou de Noria, sans que cela ne la gêne. Elle mit une main sur la sienne et la caressa légèrement, afin de lui faire comprendre qu’il pouvait continuer, l’autre s’agrippa au bord de la table.

Les mouvements de Seth redoublèrent d’intensité et il sut qu’il avait trouvé l’angle parfait quand il sentit la jeune femme se crisper et l’entendit crier à chacun de ses coups de reins. Seth n’eut plus qu’à resserrer légèrement la pression de ses doigts tout en continuant ses mouvements précis de hanches.

Noria sentait l’orgasme arrivé, il était, là, à sa portée et lorsque Seth mit plus de pression sur sa gorge elle bascula complètement. Son corps se tendit comme un arc et elle cria sa jouissance. Seth se laissa alors aller au plaisir, se sentant lui aussi au bord de la rupture. Sa main quitta son cou pour venir empoigner la hanche de la jeune femme et ses va-et-vient se firent plus erratiques. Quelques secondes après le cri de la jeune femme, celui de Seth vint lui faire écho et il se libéra enfin en elle.

Soudain privé de ses forces, Seth se laissa tomber sur le corps de Noria, veillant à ne pas mettre tout son poids pour ne pas l’écraser.

Noria l’accueillit dans ses bras et les passa possessivement autour de lui, encore en proie au plaisir qui traversait les terminaisons nerveuses de son corps. Elle baisa son front en sueur, en lui murmurant des mots tendres.

Quelques minutes de profonde félicité passèrent avant que Seth ne se redresse. Il l’embrassa sur le bout du nez et l’aida à se redresser. En voyant l’état des papiers, éparpillés un peu partout sur la table suite à leurs ébats, il se dit que Sera allait certainement les tuer demain matin.

Noria fit une légère grimace. Le bois n’était pas des plus confortables, elle aurait sans doute des courbatures demain, mais elle ne s’en plaignait pas. Elle ramassa ce qui était encore sa chemise de nuit il y a quelques minutes et enfila les restes.

Seth remonta son pantalon et alla chercher le bandeau de Noria. Ensemble, ils remontèrent les marches. Noria ne savait pas vraiment comment réagir. Devait-elle lui souhaiter bonne nuit et rejoindre sa chambre ? Voulait-il plus que ce soir ?

Lorsque Noria fit mine de se diriger vers la porte de sa chambre, Seth la retient par la main et lui ouvrit sa porte.

– Reste avec moi, Da’mi.

Avec un grand sourire, Noria franchit le seuil de sa porte.

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