Chapitre 19 – Le refuge

TW: Ce chapitre contient des scènes érotiques explicites.

Seren se concentrait. Elle devait à la fois tenir à l’écart la colère qui faisait encore bouillir son sang, mais aussi s’orienter dans les rues de la ville rapidement pour arriver à leur destination. Ils devaient faire vite avant que les rues ne grouillent de soldats ou de templiers à leur recherche. Heureusement, l’air nocturne avait redonné un peu d’énergie et de vie à Rain qui n’avait plus besoin de son aide pour se déplacer. Ils rasaient les murs et s’arrêtaient à chaque coin de rue pour vérifier qu’ils n’étaient pas suivis ou qu’ils n’allaient pas tomber sur de nouveaux ennemis.

C’est avec un profond soulagement que Seren vit enfin la maison qu’elle cherchait désespérément. Elle passait totalement inaperçu dans le amas d’autres bâtisses. Elle était néanmoins grande et semblait bien entretenue.

Seren n’hésita pas un instant et se dirigea vers la porte où elle se mit à frapper fort contre le panneau en bois épais. Un petit panneau de bois coulissa, puis une voix grave et puissante se fit entendre.

– Seren ?

– J’ai besoin de ton aide Rayburn, tu m’as toujours dit que tu serais là…

Le panneau de bois se remit en place et un cliquetis de clés se fit entendre. La porte s’ouvrit soudain en grand et un homme, ou plutôt un géant, apparut dans l’encadrement. Un humain, d’une cinquantaine d’années, tout en muscles, très brun, avec une barbe qui lui mangeait la moitié du visage, prit Seren dans ses bras et la souleva comme une poupée de chiffon.

– Rayburn, je t’en prie, tu me serres trop fort !

L’homme la reposa aussitôt au sol et, d’un mouvement du menton, les invita à entrer. Ils pénétrèrent dans une maison coquette, haute de plafond. La pièce principale était grande et chauffée par une haute cheminée. Plusieurs banquettes et fauteuils étaient disposés autour de cette cheminée et une grande table, entourée de chaises, se trouvait dans un coin de la pièce. En face de l’entrée montait un escalier qui menait à l’étage supérieur.

Le géant referma derrière lui et verrouilla les nombreux verrous. Il se tourna ensuite vers le couple et leur demanda :

– Bon, expliquez-moi un peu ce que c’est que tout ce bazar ! Toute la ville est en alerte et recherche une esclave dangereuse en fuite,  ainsi qu’un mage criminel.

Seren soupira et se laissa tomber sur l’une des banquettes. Rain se posta près de la cheminée, tout près de Seren, essayant de réchauffer son corps secoué de légers frissons, surement un effet secondaire du choc qu’il avait subi ce soir.

– Je suis désolée de te mettre dans l’embarras Ray. Je…je ne savais pas où trouver refuge.

– Pas de soucis, petite guerrière ! Tu sais bien que la promesse que je t’ai faite tiendra toujours.

– Je ferais mieux de commencer par le début. Rain je te présente Rayburn, ancien champion de Minrathie. J’ai dû le battre pour prendre sa place.

Avec un petit sourire, elle ajouta :

– Nous sommes amis depuis presque aussi longtemps que ma première entrée dans l’arène. C’est lui qui m’a aidé à me faire à ce nouveau monde, qui est essentiellement masculin. Il m’a prise sous son aile. Ray, je te présente Rain.

Elle chercha sa main et la serra dans la sienne, ce qui n’échappa pas à l’œil acéré de l’ancien champion.

– C’est mon… c’est un ami très cher, pas un criminel.

– Enchanté, Rayburn. Merci d’accepter de nous cacher.

Rayburn croisa les bras sur sa large poitrine et hocha la tête.

– Pas de problème. Les amis de Seren sont mes amis. Alors ? Tu as fini par envoyer bouler ce bon Darius ?

– Oui, enfin disons que ça n’est pas aussi simple que cela. Mais le fait est que je me suis enfuie et que Rain est recherché pour un crime qu’il n’a pas commis. Nous avions déjà pour projet de nous enfuir, mais pas avant demain soir. Nous avons donc besoin d’un refuge jusque-là.

– Tu sais bien que c’est d’accord ! Je vais vous chercher de quoi manger. Vous pourrez vous reposer un peu après, vous avez l’air épuisés tous les deux. Ne bougez pas !

Le géant sortit de la pièce et Rain vint s’asseoir à côté de la jeune elfe, leurs mains toujours unies. Seren posa simplement sa tête sur l’épaule du jeune homme. Ils ne dirent rien, se contentant de souffler un peu et de profiter de la présence de l’autre, leurs mains enlacées contre la cuisse de Seren. Quelques minutes plus tard, Rayburn revint avec un plateau garni de nourriture diverse, fromage, pain frais, poulet rôti ainsi qu’une bonne bouteille de vin. Il posa le tout sur la table. Seren et Rain s’attablèrent et firent honneur à l’hospitalité de leur hôte.

Rayburn se gratta la gorge et demanda :

– Alors, est ce que je dois préparer deux chambres ou…

Rain releva la tête de son assiette, croisa le regard brun de l’homme et clarifia :

– Non, une chambre suffira largement. Avec un seul grand lit.

Rayburn regarda en direction de Seren qui le nez plongé dans sa tranche de pain rougissait jusqu’au bout de ses oreilles pointues. Il sourit alors.

– Bien, comme vous voudrez. Je vais vous montrer votre chambre puis je vais faire un tour dehors pour aller aux nouvelles. Je passerai par mon petit passage secret pour plus de sécurité, conçut et construit par mes petites mains.

Seren haussa un sourcil :

– Tu as un passage secret ? Pourquoi je ne suis même pas étonnée !

– Hey ! On ne sait jamais quand on pourrait en avoir besoin. Regarde, aujourd’hui il va enfin me servir à quelque chose.

– Tu es l’homme le plus prévoyant ou le plus paranoïaque que j’ai jamais rencontré. Mais merci pour tout, Ray.

– Allez, arrête avec ça ! C’est à ça que sert les amis, non ?

Lorsque Rain et Seren furent repus, Rayburn les mena à l’étage et ouvrit la porte de leur chambre pour la nuit.

La pièce était petite avec juste de la place pour un grand lit double et une coiffeuse en bois. La chambre sentait bon le propre et la lavande. L’ancien champion prit la parole.

– Ça n’est pas grand-chose mais ça fera l’affaire pour une nuit. Faites comme chez vous, le garde-manger est en bas si vous avez encore un petit creux pendant la nuit. La fenêtre donne sur la rue, alors essayez de ne pas ouvrir les rideaux. Mais au moins ça vous permettra de voir ce qui se passe à l’extérieur sans sortir.

Seren se rapprocha de la fenêtre, soulevant un coin du tissu pour jeter un coup d’œil au-dehors. La lumière de la lune, pleine ce soir, éclairait tout presque comme en plein jour. Rain posa sa lance contre le mur et tendit la main à Rayburn.

– C’est parfait. Merci pour tout.

Celui-ci n’hésita pas et la serra dans sa grosse paluche.

– Reposez-vous et ne vous faites aucun souci.

Il sortit de la pièce et ferma la porte derrière lui.

Seren se tourna vers Rain et leurs regards se croisèrent, s’accrochèrent. Dans un même élan ils firent les quelques pas qui les séparaient. Leurs corps entrèrent en contact et leurs bouches se trouvèrent. Aussitôt ils approfondirent leur baiser et Seren gémit quand leurs langues se touchèrent, se cherchèrent, se caressèrent.

Leurs mains, fébriles, parcouraient leur corps, sans trop savoir où s’arrêter. Au bout de longues minutes, leurs lèvres se séparèrent. Elle sentit le soulagement envahir son être et le poids qui pesait sur elle depuis quelques heures s’allégea enfin. Ils posèrent leur front l’un contre l’autre. Seren, le souffle court murmura, la voix légèrement enrouée :

– J’ai cru t’avoir perdu…

– Si tu n’étais pas arrivée à temps, ça aurait pu être le cas. Mais tu es venue.

Seren baissa les yeux et posa un doigt sur la légère coupure qu’elle lui avait faite au cou.

– Je t’ai blessé.

– Non Seren, tu m’as sauvé. Ça, ce n’est qu’une égratignure.

Il baisa sa joue, sa pommette mais trop impatiente Seren bougea son visage de sorte que leurs lèvres se retrouvent. Les mains de la jeune elfe descendirent sur la tunique de Rain et commença à en défaire les boutons, avide de sentir sa peau sous ses doigts. Elle faillit en arracher un, qui lui résistait trop à son goût. Rain ne resta pas inactif, et lui aussi commença à déboutonner l’habit de Seren. A chaque baiser, leur impatience et leur désir montaient encore d’un cran et quand ils furent enfin torse nus, ils se serrèrent fort l’un contre l’autre, sans cesser de s’embrasser. Peau contre peau, leur frénésie redoubla d’intensité. Rain souleva la jeune femme et la porta jusqu’à la coiffeuse, où il l’installa. Lorsqu’il voulut se détacher de Seren, elle ne le laissa pas faire et lui mordit violemment la lèvre en représailles, récoltant un léger cri d’indignation. L’adrénaline qui avait parcouru leur corps pendant le combat et la fuite, coulait toujours dans leur veine et rendait leur étreinte passionnelle, presque brutale.

Rain tira les cheveux de la jeune elfe vers l’arrière, assez fort pour l’obliger à lui offrir son cou qu’il parsema de baisers et de légers mordillements, en descendant doucement. Les mains de Seren enserrèrent le visage de l’humain et essayèrent de l’attirer vers le haut. Rain, légèrement contrarié que l’on perturbe ses plans, attrapa ses deux mains et les plaqua contre le bois pour qu’elle ne puisse plus bouger. Il s’attarda sur la peau sensible entre sa nuque et son épaule. Il aspira la peau entre ses lèvres, laissant une marque bleuie. Seren gémit mais ne sut pas si c’était de plaisir ou de douleur. Rain lécha ensuite la peau meurtrie, comme pour se faire pardonner. Puis il reprit tranquillement sa descente et attrapa un mamelon entre ses lèvres. La jeune femme cria et arqua le dos pour lui présenter sa poitrine, priant pour qu’il n’arrête pas. Finalement, il relâcha les mains de Seren pour pétrir ses seins d’une main, alors que l’autre s’attaquait aux lacets de son pantalon. Il releva la tête et redonna ses lèvres à l’elfe qui ne demandait que cela. Seren, enfin libre, posa ses mains sur le torse de l’humain et pinça l’un de ses mamelons, récoltant un léger cri, étouffé par sa bouche. Ses ongles raclèrent sa peau, étonnamment douce et elle suivit la fine ligne de poils blonds qui descendait sur son ventre pour finir bien plus bas. Elle eut à peine le temps de défaire le nœud de son pantalon qu’il recula d’un pas. Elle posa les mains derrière elle et souleva légèrement les hanches. Il en profita pour retirer son bas d’un coup sec puis il se repositionna entre ses cuisses. Seren l’attira à elle et passa ses jambes autour de ses hanches, le retenant tout contre son corps, offert. Ils s’embrassèrent à nouveau, et la main de Rain empoigna un sein. Il le caressa un instant avant de descendre sa main plus bas le long de ses côtes puis vers son ventre. A son passage, la peau de la jeune elfe se hérissa et un frisson de désir anticipé la traversa.

Enfin, la main de son amant trouva ses chairs intimes, humides de désir. Elle détacha sa bouche de Rain pour crier son plaisir. Ils étaient sûrement seuls dans cette maison, elle n’avait pas à se retenir. Lorsqu’un doigt la pénétra brutalement elle comprit qu’elle ne pourrait plus attendre. Elle le voulait, et elle le voulait maintenant, elle en avait assez d’être patiente. Lorsqu’il voulut bouger son doigt, elle lui bloqua le poignet et, tout en le regardant dans les yeux, souffla :

– Non !

Perplexe, Rain se figea, interprétant son refus comme une volonté de tout arrêter. Mais Seren le contredit en finissant le travail qu’elle avait entrepris sur son pantalon. Elle abaissa le tissu un peu plus bas, sur les hanches du jeune homme, libérant son sexe douloureux. Elle se positionna au bord du plateau de bois et tout en le regardant dans les yeux, guida son membre en elle d’une seule et unique poussée. Elle gémit et enfonça ses ongles dans l’épaule de Rain. Celui-ci, les yeux mi-clos, essayait de se contrôler pour ne pas bouger.

Mais Seren l’agrippa par la nuque, rapprochant leurs deux visages jusqu’à ce que leurs lèvres se touchent. Elle lui ordonna alors :

– Prends-moi, Alexei. Maintenant.

Comme libéré, Rain gémit et écrasa ses lèvres contre celles de la jeune femme. Puis, il posa sa main sur le haut de sa poitrine pour la pencher vers l’arrière. Seren s’exécuta volontiers et s’appuya sur ses mains, tout en écartant largement les cuisses.

Enfin, Rain bougea. Un coup très lent, qui l’électrisa tout entier. Il saisit alors l’une des jambes de la jeune elfe et accéléra légèrement ses coups de reins, voulant aller toujours plus loin. Seren manifesta son contentement en laissant s’échapper un cri de pur plaisir. Elle se pencha encore plus vers l’arrière, cherchant le maximum de sensations. Créateur que c’était bon ! Il se sentit si vivant, si heureux à cet instant. Et dire qu’il aurait pu tout perdre ce soir, mais que grâce à cette femme, il était là, en elle, avec toutes ses émotions intactes. Il prit le temps de l’observer un instant. A lueur de la lune, la peau de la jeune elfe était d’une blancheur irréelle et ses cicatrices ressemblaient à des arabesques fascinantes. Penchée vers l’arrière, les jambes écartées pour mieux l’accueillir, la poitrine gonflée et ses yeux verts déjà légèrement cerclés de rouge, brillants dans la clarté lunaire, elle était envoûtante. Elle méritait une autre vie, plus apaisante, sans violence, pleine de moments tendres et d’affection. Il ralentit alors le rythme de ses mouvements et se pencha pour l’embrasser doucement. Seren se laissa faire un moment mais, très vite, elle le prit par la nuque et approfondit le baiser, ondulant des hanches pour accélérer le rythme. Elle détacha ses lèvres de son amant et lui lança un regard sans équivoque.

– Ce n’est pas de ta tendresse dont j’ai besoin maintenant, Alexei. J’ai besoin de toi… tout entier, sans retenu.

Rain sourit ; c’était comme si elle avait lu dans ses pensées.

– A vos ordres, madame.

Il ressortit entièrement pour replonger violemment dans la chaleur de son corps. Puisqu’elle le demandait, il allait laisser parler son corps. Il bougeait à un rythme soutenu, allant plus fort à chaque coup de rein, pour le plus grand plaisir de la jeune femme qui ne pouvait plus arrêter ses gémissements. Les muscles du jeune homme étaient contractés par l’effort physique et une légère pellicule de sueur recouvrait son corps. Chacun de ses assauts faisait bouger la coiffeuse, qui cognait contre le mur au même rythme que ses vas et vients. Il empoigna alors la deuxième jambe de la jeune femme, relevant légèrement son bassin et cette nouvelle position faillit les rendre fous de désir. Rain accéléra encore et rejeta la tête en arrière, se sentant au bord de la jouissance. Mais il ne voulait pas partir seul. Heureusement pour lui, Seren semblait dans le même état. Elle avait les yeux clos, les mains crispées sur le rebord du meuble, et se mordait la lèvre pour ne pas hurler. Quelques coups de reins plus tard, Seren rejeta la tête en arrière dans un cri et son corps entier se contracta, attirant le sexe de Rain encore plus loin. Surpris, le jeune homme ne put se retenir plus longtemps et se laissa, lui aussi, aller à la jouissance en criant le nom de Seren.

Il relâcha les jambes de la jeune femme, le corps penché en avant, en appui sur la coiffeuse. Le front contre l’épaule de la jeune femme, il reprenait lentement son souffle. Seren passa une main dans les courts cheveux du jeune homme et couvrait sa tempe de tendres baisers.

Lorsqu’enfin Rain put à nouveau parler, il releva la tête et lui avoua.

– Je t’aime, Seren.

Voilà, c’était dit. Aujourd’hui il avait été à deux doigts de la perdre, et il ne voulait pas regretter de ne pas lui avoir confessé ses véritables sentiments. Leur situation était telle, que les non-dits n’y avaient pas de place.

La jeune elfe avait les yeux écarquillés, la bouche légèrement ouverte, les doigts immobiles dans les cheveux de son amant. Chaque seconde qui passait sans réaction de sa part, inquiétait un peu plus Rain.

– Seren ?

Subitement, un sourire radieux illumina les traits de la jeune femme et pendant un instant, Rain entre-aperçut la femme qu’elle aurait pu être, dans d’autres circonstances, sans l’arène, en continuant de grandir avec son clan. Elle avait le regard pétillant, les traits détendus et comme illuminés. Elle prit son visage en coupe et l’embrassa encore et encore, puis finit par lui dire dans un éclat de rire.

– Faiseurs, si tu savais comme je t’aime !

Rain sourit lui aussi et la porta finalement jusqu’au lit. Ils s’installèrent l’un contre l’autre, la tête de Seren sur la large poitrine de Rain, alors qu’il la serra tout contre lui, jouant avec l’une de ses longues boucles. Finalement, après quelques longues minutes de béatitude, la jeune elfe finit par lui demander :

– Qu’allons-nous faire demain ?

– Eh bien, le plan n’a pas changé, nous allons quitter cette ville maudite.

Il sentit le sourire de la jeune femme contre sa peau.

– Oh oui, avec plaisir ! Mais pour ma sœur ? J’ai tellement peur de ne pas réussir à la convaincre de nous suivre…

Il lui embrassa le haut du crâne :

– Nous ferons tout ce qu’il faut mais nous ne pourrons pas attendre éternellement qu’elle se décide. Avec ou sans nous, le bateau partira.

– Je sais, c’est juste que je m’en voudrais toute ma vie si je n’essayais pas.

– Je comprends, ne t’inquiète pas.

Le silence retomba. Finalement Seren se redressa et baisa les lèvres de Rain.

– Repose-toi, je prends le premier tour de garde.

Le jeune homme, déjà à moitié endormi, aurait voulu protester, mais il sentait bien que son corps avait besoin de repos.

– Réveille-moi dans deux heures, d’accord.

Seren sourit et embrassa son front. Puis, elle lui murmura :

– Toi aussi tu m’as sauvé ce soir, tu sais. Si tu n’avais plus été là, j’aurais tué tout le monde jusqu’à mourir.

Le mage utilisa les quelques force qui lui restait pour plonger ses doigts dans les cheveux de la jeune femme pour l’attirer vers lui et l’embrasser passionnément.

– Je suis là, je ne te laisserai pas seule Seren. Jamais.

Il sourit alors, malicieux.

– Mais là, j’ai vraiment besoin de dormir.

Seren rit, heureuse.

La nuit avait été calme. Seren avait laissé dormir Rain un peu plus longtemps que prévu et lorsqu’elle finit par le réveiller pour dormir à son tour, le ciel commençait déjà à s’éclaircir. Rain râla, mais la jeune femme savait parfaitement que le repos lui avait été bénéfique.

Lorsque Rain la réveilla à son tour, le soleil était déjà haut dans le ciel. Que c’était agréable de reprendre conscience en sentant les lèvres de son amant sur sa peau et c’est le sourire aux lèvres qu’elle ouvrit ses yeux. Elle reprit vite son sérieux, quand elle vit le visage grave de Rain.

– Rayburn vient de nous prévenir qu’il voulait nous voir en bas. Il a quelque chose à nous dire.

Rapidement, Seren s’habilla, légèrement anxieuse, sans trop savoir pourquoi. Elle s’équipa néanmoins de ses saïs et Rain empoigna sa lance. C’est main dans la main qu’ils descendirent les escaliers. Rayburn était assis à sa table, le visage grave et un léger air coupable inscrit sur le visage. Seren commença :

– Ray ? Tout va bi…

Elle fut coupée par une voix grave et profonde qu’elle ne connaissait pas et qui provenait d’un fauteuil tourné vers la cheminée. Une haute silhouette se leva alors. Seren avait déjà ses saïs en main. Bizarrement, elle avait l’impression d’avoir déjà vu cette personne. L’homme se tourna vers eux, les mains dans le dos et leur offrit un sourire qui n’atteignit pas ses étranges yeux argentés.

– N’en veuillez pas à ce bon vieux Rayburn, je lui ai un peu forcé la main. Mais laissez-moi me présenter ! Je m’appelle Magnus de la Maison Varinus.

Il ajouta avec un sourire carnassier :

– Oui, je suis le père de Darius et j’ai une proposition à vous faire.

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