Chapitre 17 – Une seconde chance

TW: Ce chapitre contient des scènes érotiques explicites

 

Les jours suivants furent bien remplis pour Leena. Owen n’effectuait que de courtes missions, bien trop pour l’évacuation de tout un camp. Et puis elle devait calculer assez de temps pour prendre assez d’avance pour leur fuite. Tout pouvait être mis en péril si elle calculait mal ou si elle ne leur donnait pas assez de temps. Et toutes ces responsabilités lui donnaient des angoisses incommensurables. Elle avait du mal à manger, à dormir, à paraître normale tout simplement. Sa nervosité ne faisait qu’empirer à chaque heure, chaque jour qui passait.

 

Enfin, Owen lui confia avoir découvert un énorme gisement de lyrium, bien gardé, mais rien qui ne puisse l’effrayer. Elle devait lancer les opérations pendant cette mission. D’une part, parce qu’elle avait peur de littéralement exploser sous le poids de sa nervosité. D’autre part, elle craignait qu’une trop grande quantité de lyrium rouge près d’elle ne la conduise dans l’état où une seule petite pierre l’avait mise, voire pire.

Ils s’étaient longtemps trituré l’esprit pour trouver comment faire sortir tout le monde par la cascade sans que cela ne soit trop dangereux. Clarissa et Leena s’était presque disputée à cause de ce détail qui avait néanmoins toute son importance. Quand Azel s’était joint la conversation il avait simplement répondu, légèrement confus.

– Mais pourquoi n’utilisez vous pas le petit passage par l’arrière entre les ronces ?

Bouches bées, les deux femmes l’avait regardé comme si une deuxième tête venait de lui pousser. Alors, le jeune homme avait guidé Leena vers le passage en question. Etroit mais assez large pour faire passer deux personnes côte à côte. Situé à un kilomètre en s’enfonçant dans les arbres à l’arrière de la clairière, il était pour le moment envahi de ronces. Un coup de magie avait laissé voir le boyau qui débouchait sur la forêt au alentour. En tendant l’oreille, on pouvait même entendre le léger bruit de la cascade. C’était parfait, absolument parfait ! Un passage à l’abri dont personne ne connaissait l’existence. L’enthousiasme de Leena était tel qu’elle sauta dans les bras du jeune homme, soulagée de pouvoir rayer un problème de sa liste.

Il ne restait plus qu’un jour avant le départ d’Owen, Leena avait déjà revu le plan une centaine de fois avec Azel et Clarissa, n’étant jamais satisfaite du timing ou de l’itinéraire. Ce soir encore, elle faisait les cent pas dans sa maison, sous le regard tendu d’Azel.

–  Non ça ne va pas ! Si les plus jeunes et les plus vieux n’arrivent pas à suivre je ne vois pas l’intérêt !

Azel tenta de la rassurer pour la millième fois ces derniers jours, légèrement agacé par la redondance de ses craintes.

–  Tout ira bien, Leena. Nous avons tout retourné dans tous les sens. Nous ne pourrions être plus prêts.

–  Mais tu ne comprends pas ! Nos erreurs pourraient coûter la vie à ses gens …

Le ton de la jeune femme en devenait presque plaintif. Cette fois, Azel en avait assez. Il se leva soudain et la prit par les bras, stoppant son incessante marche dans un petit cri.

–  Maintenant ça suffit Leena ! Tu agis comme si je me désintéressais complètement du sort de ces gens. Ce qui est totalement faux. Nous sommes prêts ! Tu ne peux pas en faire plus. Alors demain nous attendrons qu’Owen et certains de ses lieutenants soient partis, puis nous nous occuperons des autres. Après, il ne nous restera plus qu’à marcher jusqu’au village.

Leena déglutit puis hocha la tête.

–  Es-tu sûr que les troupes de l’Inquisition sont bien arrivées ?

–  Certain. Je suis même allé le constater moi-même hier.

–  Oh ! C’est pour ça que tu n’étais pas là ?

–  Oui, parce que tout comme toi, je tiens à ce que tout soit parfait et en ordre.

Leena posa alors son front contre l’épaule du jeune homme, épuisée soudain.

–  Je suis désolée. J’ai été une vraie harpie ces jours-ci, n’est-ce pas ?

De sa main, le jeune homme fit de légers mouvements de pression dans son dos, faisant presque ronronner la jeune femme.

–  Disons que je t’ai connue plus agréable.

Leena rit franchement et se rapprocha du corps d’Azel, posant délicatement ses mains sur les hanches du mage.

–  Tu es trop gentil, Azel. Je me fais l’effet d’une poule mouillée ! J’ai tellement peur !

Les lèvres du jeune homme frôlèrent sa tempe quand il souffla :

–  Je sais Leena, mais tout se passera bien. Nous allons réussir cette mission et rentrer ensemble à Fort Céleste. A moins que tu ne préfères rester avec eux dans un petit village tranquille.

Leena releva subitement la tête, une lueur d’étonnement et de peine dans les yeux.

–  C’est ce que tu souhaites ? Que je m’en aille ?

Ses yeux fouillèrent les siens, une expression peinée sur le visage qui faisait ressortir ses tâches de rousseur. Les mains d’Azel avaient lâché ses bras et il semblait soudain mal à l’aise.

–  Je ne souhaite rien, Leena. Tu es libre de faire ce que tu souhaites.

Leena se posta alors sur la pointe des pieds et de ses mains, entoura le visage du jeune homme.

–  Alors, j’ai le choix de rester à tes côtés.

Elle passa doucement ses lèvres contre celles d’Azel et il eut alors une expression presque douloureuse.

–  Je ne te quitterai pas. Plus jamais ! Je te supplie de me croire.

–  Je le voudrais mais…

La caresse se transforma en baisers légers, le long de ses lèvres.

–  Je ne pourrais plus, Azel. Vivre sans toi pendant ces années a été la chose la plus difficile que j’ai eu à faire. J’ai besoin de toi.

Dans un faible gémissement, Azel posa les mains à plat dans le dos de la jeune femme et l’attira à lui, écrasant ses lèvres contre les siennes. Sous la pression presque brutale d’Azel, la jeune femme ouvrit les lèvres et le baiser qu’il lui donna la fit tellement chavirer qu’elle dut s’accrocher à ses épaules. A chaque fois qu’Azel l’embrassait, elle avait l’impression de renaître, d’être lavée de tous ses péchés et même aimée, il y a de cela quelques années. A chaque fois qu’ils essayaient de s’arracher à la bouche de l’autre, elles revenaient se coller l’une à l’autre comme pourvues d’une vie propre. Leur baisers s’enchaînaient sans qu’ils ne manifestent l’envie de s’arrêter. Les mains d’Azel se contentèrent de la serrer fortement contre lui alors que celles de Leena ne savaient plus où s’arrêter sur son corps. Enfin ils se séparèrent de quelques millimètres afin de respirer plus librement.

–  Leena…

La jeune femme ne le laissa pas finir et posa un doigt sur sa bouche.

–  Chuuuut. Tu as dit que tu voulais que nous recommencions à zéro, n’est-ce pas ? Alors faisons de cette nuit notre première fois.

Azel recula légèrement la tête.

–  Tu sais quoi ? J’en ai assez. Assez de vivre avec une cette vieille rancœur qui ne me mène nulle part, assez de prendre mille précautions avant d’agir et surtout assez de faire semblant.

Nerveusement la jeune femme triturait une mèche de cheveux du jeune homme qui s’était échappée de son chignon.

–  Qu’est ce que cela vaut dire ?

En guise de réponse, le jeune homme lui sourit et l’embrassa en la repoussant gentiment vers le lit. Leena sourit contre ses lèvres et poussa un petit cri de joie. Lorsque l’arrière des genoux de la jeune femme touchèrent le montant en bois, elle se mit à lui arracher frénétiquement les habits, suivie de peu par Azel. Elle lutta contre une énième couche de vêtement et finit presque par l’arracher en grognant :

–  Créateur, j’avais oublié à quel point toutes tes couches de vêtements pouvaient être exaspérantes.

Azel rit et l’aida. Enfin ils furent nus l’un devant l’autre, se dévorant du regard sans oser se toucher encore. Une fois n’est pas coutume, c’est Azel qui fit le premier pas. Dans une lente caresse du bout des doigts, il lui caressa lentement la courbe de sa hanche avant de remonter juste en-dessous de son seins. Comme hypnotisée, Leena ne fit pas un geste mais la caresse d’Azel la fit frissonner des pieds à la tête. Sous son regard brûlant, ses seins se dressèrent et les pointes durcirent, réclamant son attention. Enfin, le regard du jeune homme remonta vers les yeux de la jeune femme. Il leva les bras et les passa derrière la tête de Leena, défaisant les attaches de sa coiffure, libérant sa chevelure indisciplinée. Il passa les doigts dans ses mèches bouclées comme pour les arranger autour de son visage. Une fois qu’il fut satisfait de son ouvrage, il prit la parole :

–  Si c’est notre première nuit, pourquoi ai-je déjà rêvé de toi ? Juste comme ça.

De son pouce, il agaça très légèrement l’un de ses tétons en continuant à lui murmurer :

–  Toutes les nuits où tu es venue me hanter… où je t’imaginais dans mes bras, toutes les choses que tu me faisais…tout cela pour constater au petit matin que tu n’étais pas vraiment là.

Leena rejeta légèrement la tête en arrière et passa la langue sur ses lèvres, comme si elle se trouvait devant un plat des plus appétissants.

–  Alors laisse-moi me rattraper.

–  Pas encore.

Il lui prit la main et la fit s’allonger sur le lit contre le mur, plutôt adapté pour une personne que pour deux. Il se posta ensuite entre ses jambes ouvertes et s’allongea tout contre son corps. La jeune femme gémit et se cambra pour prolonger le délicieux frottements de leurs peaux l’une contre l’autre. Azel se redressa sur ses coudes et posa ses lèvres sur la peau fine qui faisait la jonction entre le cou et la mâchoire de la jeune femme. Il descendit ensuite le long de son cou. Leena avait plongé ses doigts dans les cheveux du mage, malmenant sa coiffure. Azel se coula un peu plus bas et sa bouche continua son trajet vers sa gorge et vers la naissance de sa poitrine. Ses mains prirent ses seins en coupe pour les offrir à l’appétit de ses lèvres. Lorsque sa bouche toucha pour la première fois sa poitrine, Leena gémit longuement et ses doigts se crispèrent dans les cheveux du mage.

Prenant tout son temps, il s’attarda longuement sur sa poitrine, usant de sa langue qu’il passa presque inlassablement sur la chair sombre de ses mamelons, les mordillant de temps en temps avant de les enfermer dans la chaleur de sa bouche. Il releva la tête vers elle et sourit face à son visage enfiévré. Les yeux de la jeune femme pétillèrent :

–  Embrasse-moi.

Il se redressa s’installa tout contre elle à ses côtés et prit ses lèvres. L’une de ses mains se posa son ventre et y tracèrent de larges cercles.

Cela faisait tellement longtemps que le corps de la jeune femme n’avait pas brûlé sous ce feu là, tellement longtemps qu’il en mourrait d’envie… Toutes les attentions qu’il avait prodigué à son corps n’avait fait que lui rappeler à quel point elle était liée à cet homme, que ce qu’il lui faisait ressentir allait bien au-delà du plaisir physique. Elle oublia bien vite toute pensée cohérente quand la main d’Azel glissa plus bas pour venir se perdre dans d’autres boucles rousses. Elle poussa un petit cri et redressa une jambe pour lui permettre un meilleur accès. Azel posa son front contre le sien alors que son index s’immisça dans son intimité déjà humide. La bouche de la jeune femme s’ouvrit dans un cri étranglé quand son doigt trouva son bourgeon de plaisir.

Il embrassa affectueusement le bout de son nez :

–  Tu es magnifique, Leena.

La jeune femme sourit et l’embrassa alors que les va et vient de son index la rendait folle. C’était trop ou pas assez, mais il devait faire quelque chose. Comme s’il avait lu dans ses pensées, Azel stoppa ses caresses et se coula le long du corps de la jeune femme, l’embrassant au passage. Lorsque sa bouche arriva tout contre le léger renflement de entrejambe, il s’installa plus confortablement. Sans pudeur, il lui écarta largement les jambes, ouvrant le sexe de la jeune femme à tous ses sens. L’anticipation faisait presque haleter Leena qui se releva sur les coudes pour ne rien rater du spectacle. L’attente ne fut pas longue et elle étouffa un cri de plaisir quand elle sentit la bouche d’Azel sur ses chairs intimes. Le corps avait une mémoire et les leurs connaissaient parfaitement la danse qu’ils étaient en train d’exécuter. D’instinct les hanches de Leena suivirent les coups de langue du mage, sa main trouva ses cheveux pour le guider là où elle le voulait, et sa voix créait les sons qui remplissait le jeune homme de fierté et augmentait son propre plaisir.

Pendant que la bouche d’Azel s’activait entre ses cuisses, ses longues mains caressaient la peau lisse des cuisses de la jeune femme.

Le plaisir montait par vagues successives mais subitement la jeune femme décida qu’elle voulait plus, bien plus.

–  Azel ?

Le jeune homme releva la tête et croisa son regard.

–  S’il te plaît …

Elle savait bien que son ton était presque suppliant mais elle s’en fichait bien. Sans plus d’explication, Azel sembla avoir compris d’instinct ce que désirait la jeune femme, tout simplement parce que c’est ce qu’il voulait également. Après un dernier baiser appuyé sur l’intérieur de sa cuisse, le mage se redressa sur ses genoux. Leena se releva et demanda à Azel de s’asseoir confortablement sur le côté de son lit. Il s’exécuta sans broncher, attendant la suite des instructions. Mais quand il capta le regard admiratif de la jeune femme, il appuya sur ses mains vers l’arrière sur le lit. Les jambes légèrement écartées, le sexe fièrement dressé, une lueur presque provocatrice dans le regard, il était tout à elle et la désirait, elle. Cette fille qui avait grandi sur les routes et les chemins, dont la magie était détraquée et versatile et qui l’avait abandonné par lâcheté. Aujourd’hui, il lui offrait une seconde chance et elle n’allait jamais la gâcher. La gorge nouée par l’émotion, elle ne put que souffler.

–  Regarde-toi… Tu es tout ce que j’ai toujours désiré.

Il lui sourit et lui tendit la main. L’invitation était claire et elle l’accepta sans attendre. Elle s’installa à califourchon sur ses genoux et l’embrassa longuement presque goulûment. Son corps était assailli de toute part. Sa poitrine s’écrasait agréablement contre le torse du jeune homme, son intimité se frottait avec délice contre le sexe tendu d’Azel et les mains de celui-ci s’étalaient dans son dos, protectrices.

Alors elle se redressa lentement sur ses genoux, pendant que le jeune homme alignait le bout de son membre contre ses chairs humides. Leena redescendit lentement, les yeux perdus dans ceux de son amants, les mains agrippées à ses épaules. Elle le voulait complètement, entièrement, alors d’un coup de rein elle le prit profondément en elle. Elle cria de bonheur, la tête en arrière et entendit le long gémissement guttural qui s’échappa de la gorge d’Azel. C’était trop pour elle. Se sentir à nouveau complète et désirée grâce à cet homme qu’elle pensait ne plus jamais revoir il y a encore quelques semaines. Sans qu’elle ne puisse l’arrêter, une larme se fraya un chemin le long de sa joue, puis une autre.

–  Tu m’as tellement manqué !

Du pouce, Azel chassa ses larmes et déposa un baiser appuyé sur ses lèvres, l’autre main perdue dans sa chevelure de feu.

–  Toi aussi tu m’as manquée, chaque jour.

Leurs mouvements furent d’abord d’une lenteur presque douloureuse, les yeux dans les yeux, leurs souffles saccadées se mêlant et finissant parfois par de longs baisers langoureux. Du dos de la main, Leena caressa doucement la joue du jeune homme et les yeux pleins d’émotions, lui avoua :

–  Tu n’as pas à me répondre, je veux simplement te le dire. Je t’aime. Plus que tout au monde.

Azel cessa de bouger. Il ne semblait pas surpris, mais ses yeux trahissaient une émotion qu’il semblait avoir du mal à contenir. Leena remua alors plus brusquement les hanches faisant gémir le jeune homme qui posa son front contre l’épaule de la jeune femme. Celle-ci continua ses mouvements de hanches et murmura dans son oreille.

–  Dis-moi que tu me crois… dis-le moi…

Azel releva la tête et l’embrassa violemment puis il lui répondit tout contre ses lèvres, comme une litanie :

–  Je te crois, je te crois, je te crois…

Leena sentit son cœur se gonfler. Pour le moment cela lui suffisait, c’était même plus que ce qu’elle ne pouvait l’espérer. Elle sentit les mains d’Azel lui agripper, presque violemment, la chair généreuse de ses fesses pour accompagner ses mouvements et la plaquer plus fortement encore contre lui. Sa bouche retrouva ses seins et se referma sur les pointes tendues, électrisant le corps de la jeune femme. Légèrement tendue vers l’arrière, elle prit appui sur les cuisses d’Azel, redoublant ses efforts, traquant le plaisir. Elle se sentait comme suspendue dans le temps et tout ce qui n’était pas Azel et elle, leur union presque parfaite n’existait pas.

Le jeune homme finit par rejeter la tête en arrière, les veines de son cou saillantes. Leena se pencha vers lui et suça la peau offerte.

L’effet fut immédiat, et sans trop savoir comment, le dos de Leena rencontra à nouveau le lit. Azel, à genoux entre ses jambes, les lui écarta rapidement et se réinstalla dans son corps dans un gémissement. Il se mit alors à bouger à un rythme implacable, se laissant complètement aller au désir et au plaisir, son chignon presque entièrement défait, le visage crispé par le plaisir. L’une de ses mains releva la jambe de Leena et il tourna la tête pour baiser avec ferveur la cheville de la jeune femme. Son autre main s’immisça entre ses cuisses ouvertes et avec une douceur exquise, il taquina son bourgeon de plaisir dans de lents mouvements circulaires. Les doigts de la jeune femme se crispèrent sur les draps. Cette sensation de plénitude était si familière et pourtant si attendue. Elle adorait ne plus savoir où finissait son corps et où commençait celui de son amant. Soudain, sans prévenir, ce fut la vague de trop et elle se cambra la bouche ouverte dans un long cri, son sexe se contractant autour du membre d’Azel qui soudain agrippa ses hanches à deux mains. Dans de longs et profonds derniers coups de butoirs, il se laissa aller à la jouissance.

Son corps céda soudain et il eut le réflexe de se retenir sur ses coudes avant d’écraser le corps de Leena. C’est elle qui enroula ses membres autour de son amant pour l’attirer tout contre elle. Sous cette douce pression, le jeune homme se laissa faire et se cala contre le corps de Leena.

Celle-ci poussa un profond soupir de contentement et le serra plus fort encore, passant des doigts légers dans ses cheveux.

–  Je t’aime, Azel.

–  J’aimerais pouvoir te répondre en retour mais c’est …

–  …trop tôt je sais. Comme je te l’ai dit, je ne te demande rien d’autre que de me croire. Je ne veux plus vivre dans le regret, si demain je …

Azel releva subitement la tête.

–  Si demain tu quoi ?

Leena haussa les épaules :

–  Rien, rien du tout.

Il baisa alors son épaule.

–  Tout se passera bien.

Il bougea soudain, essayant d’échapper à l’étreinte de la jeune femme.

–  Je ferais mieux de rentrer. Le lit est trop petit pour deux.

Leena le retint.

–  Non je t’en prie, si l’on se serre l’un contre l’autre, il y a largement assez de place.

Epuisé, le jeune homme se laissa vite convaincre. Il retomba dans les bras offerts de son amante et ils s’endormirent rapidement.

Le lendemain, Leena rouvrit les yeux et pour une fois, ne ressentit pas cette boule de nervosité dans son ventre. Elle se sentait, au contraire, incroyablement détendue et son entrejambe pulsait agréablement. Elle s’étira paresseusement et embrassa amoureusement la joue de son amant.

–  Azel ! Le jour s’est levé. Nous avons une longue journée devant nous.

–  Hummm…

–  Ça m’a manqué de dormir dans tes bras.

–  Mmmouaaussi

La jeune femme ria doucement et s’extirpa de son lit et de sa chaleur. Si tout allait bien, il y aurait encore beaucoup d’autres matins comme celui-ci. Lorsqu’elle fut habillée, Azel s’était levé et avait commencé à renfiler ses couches de vêtements. Sans un mot, Leena l’escorta vers la porte. Il la regarda un instant comme s’il allait lui dire quelque chose, puis se pencha vers elle pour l’embrasser longuement et profondément avant de se transformer en chat.

Leena essaya de vaquer à ses occupations du matin, attendant avec impatience le milieu de l’après-midi, moment où Owen devait partir. Son corps lui jouait de drôle de tours, une minute elle était calme et détendue et la seconde plus tard, sa main tremblait et des nausées secouaient son estomac. La journée fut une torture et seul le souvenir de cette nuit l’aidait à tenir le coup.

Enfin, Owen la fit appeler. Elle prit alors une profonde inspiration et se dirigea vers le centre du camp d’un pas qu’elle espérait assuré.

–  Leena, te voilà. Nous sommes prêts à partir. Nous devrions être de retour dans un jour ou deux. Je te confie la gestion. Je laisse la sécurité du camp à Bron.

Leena se crispa mais ne dit rien. Elle avait espéré qu’il emmènerait ce mercenaire avec lui. Cela allait être une difficulté en plus.

–  Bien. Soyez prudents et revenez-nous tous en vie.

Owen lui sourit :

–  Tout ira bien, j’ai la pierre avec moi.

Leena les regarda partir et attendit patiemment. Maggie revint soudain vers elle.

–  Ils ont passé la cascade.

–  Très bien, que tout le monde préparent ses affaires et me rejoignent près de chez moi dans un quart d’heure.

–  Bien.

Maggie courut prévenir tout le monde, discrètement. L’équipe en charge de la neutralisation des dernières sentinelles d’Owen étaient certainement en route. Leena aurait voulu en être, mais sa magie était faite pour détruire, pas pour neutraliser. Azel était en charge de cette escouade.

La jeune femme rassembla tout le monde et les rassura du mieux qu’elle put, alors que les membres de l’escouade d’Azel revenaient un par un. Malheureusement, le dernier se faisait attendre. Soudain il apparut en pleine course vers eux, tout essoufflé.

–  Bron… il s’est…échappé… il va…

Leena saisit aussitôt l’urgence de la situation. Elle croisa le regard d’Azel. D’un geste du menton elle lui indiqua de la suivre à l’écart.

–  Que fait-on ?

–  Owen va revenir. C’est une certitude. Nous n’aurons pas le temps d’évacuer tout le monde…

La panique commença à l’envahir mais Azel garda son sang-froid.

–  Alors on annule.

–  On ne peut pas ! Les sentinelles ont été attaquées, Owen va se douter de quelque chose. C’est notre seule chance de les faire sortir d’ici.

–  Il faut y aller alors, il n’y a pas un instant à perdre.

–  D’accord, d’accord, tu as raison. On y va.

Ensemble ils guidèrent les gens dans les bois vers le passage trouvé il y a peu. Doucement mais fermement ils poussèrent les gens à accélérer. Ils avaient peur et murmuraient entre eux des paroles d’encouragement. Ils commencèrent à faire passer les mages dans le boyau quand soudain un cri résonna dans la grande clairière.

–  LEENAAAAA !

Créateur ! Ils étaient déjà là. Leena prit alors une décision insensée, la seule qui allait leur permettre de gagner du temps, au moins un tout petit peu. Elle courut vers Azel.

–  Il sera là dans quelques minutes.

–  Encore faut-il qu’il nous trouve.

–  Oh, il nous trouvera je t’assure et quand il le fera… Je vais aller à sa rencontre, vous faire gagner autant de temps que possible.

Azel fronça les sourcils.

–  Non, il en est hors de question. Ces gens ont besoin de toi.

–  Ils ont besoin d’un guide. Tu seras leur guide. Je vous rejoindrai pas la suite.

Elle essaya de partir mais il la retint par la manche.

–  Leena il va te mettre en pièce s’il t’attrape.

–  Il ne m’attrapera pas.

Maggie vint les interrompre.

–  Que se passe-t-il ? Que faisons-nous ?

Les yeux plongés dans ceux d’Azel, la jeune femme lui répondit.

–  Je vais aller occuper Owen et je vous rejoindrai par la suite.

–  Mais…

–  Pas de mais, Maggie ! On n’a plus de temps pour les mais…

–  Leena, c’est du suicide.

–  Je compte sur toi Maggie, les gens vont avoir besoin de toi.

Elle embrassa alors Azel à pleine bouche puis se dégagea brusquement de son étreinte. Bouche bée, il ne pouvait plus bouger. Elle ne connaissait pas beaucoup de sort, mais elle arrivait à maîtriser relativement bien celui d’immobilisation, au moins pendant deux ou trois minutes. Elle avait profité de la vulnérabilité du jeune homme. Elle murmura pour lui :

–  Je t’aime, pardonne-moi. Guide-les pour moi.

Puis, elle reprit plus haut pour Maggie.

–  Ne le laisse pas me suivre, d’accord ? Dans quelques secondes, je relâcherai le sort et vous allez tous partir d’ici. Promets-le moi.

–  Je te le promets.

Leena hocha la tête et se détourna des prunelles accusatrices du jeune homme. Elle se mit alors à courir vers le camp, relâchant son sort. Elle n’avait que peu d’espoir de s’en sortir, mais c’était elle qui avait mené ces gens à se rebeller, c’était à elle de tout faire pour les sortir de là. Même si cela signifiait sa mort.

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