Chapitre 15 – Celui qui se fait remarquer

Il était tard et Noria s’appliquait à allumer des bougies dans la pièce sombre et miteuse. Elle n’avait pas choisi ce lieu de rendez-vous par hasard. Une petite maison complètement isolée, dans un quartier mal famé de Val Royaux. Car oui malgré ce que les Orlésiens voulaient faire croire, il existait bel et bien de tels quartiers. Elle avait redressé une table au milieu de la pièce et y disposait lesdites bougies. L’endroit était glauque mais à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes.

Voilà maintenant deux ans et six mois que Noria avait pris les chemins, seule. Elle avait commencé par faire un détour à Kirkwall. Cette ville était un véritable bazar ! L’explosion de la Chantrie y avait causé beaucoup de dégâts, tant sur le plan architectural que sur le plan politique. Elle n’y était restée que 6 mois mais elle avait vu six dirigeants différents prendre la tête de la ville. La seule constance dans ce chaos et seule figure de protection pour les habitants de la ville, était le Commandant des Gardes, Aveline. Noria avait eu la chance de la croiser par hasard dans la Hauteville et avait été fascinée par l’aura d’autorité et de sérénité qu’elle affichait. C’était certainement une femme de tête, qui pourrait aisément, si elle le souhaitait, mettre tout le monde au pas. Noria avait pris le temps d’essayer d' »apprivoiser » la ville mais elle ne s’y sentait pas à l’aise et l’émerveillement des premiers jours face à la grandeur des bâtiments et de la foule de Shemlen qu’elle croisait, avait laissé la place à un profond mal être. Elle finit par trouver les statues géantes, malfaisantes et horribles et les allées charmantes de la HauteVille ne pouvaient effacer la misère de Sombrerue.

Elle avait laissé Kirkwall sans regret pour descendre plus au Sud où elle s’était arrêtée à Dénérim. La ville était encore endeuillée par le dernier Enclin mais elle relevait fièrement la tête sous la houlette du Roi Alistair et de la Reine Evelyn, tous deux anciens Gardes des Ombres et sauveurs de Thédas. Elle y était restée un an ou elle avait vécu principalement dans le Bascloitre à vendre diverses potions à prix d’or. Elle avait réussi à amasser un sacré paquet d’or, ce qui lui avait permis, de temps en temps, de faire don de certaines mixtures aux plus démunis. Elle avait apprécié le temps passé à Dénérim mais avait ressenti bien vite le sentiment familier de la bougeotte.

Alors elle avait pris son baluchon, bien plus rempli qu’à son départ et était encore une fois repartie. Et elle s’était décidé, elle voulait voir Val Royaux ! La marche fut vraiment longue et elle s’était faite plusieurs fois agressée sur le chemin, mais l’excès de confiance des bandits pleins de testostérone, face à la petite taille de Noria les avaient perdus facilement.

Enfin après des mois de voyage, elle était arrivée à la cité dont Seth lui avait tellement parlé. Elle ne se lassait pas d’admirer le travail soigné des architectes orlésiens, les hautes statues et fontaines. Elle avait tout visité, les quartiers les plus chics, le port, les quartiers plus difficiles comme celui dans lequel elle se trouvait, et puis tous les endroits où elle pouvait goûter à la gastronomie orlésienne si réputée ! Son odorat en prenait plein les narines avec toutes ces odeurs de nourriture délicate. Ahhh, elle fondait totalement pour les petites douceurs au sucre. Elle en était devenue complètement folle et s’offrait souvent ces petits plaisirs (trop souvent au vu de son corset qui s’étirait un peu trop sur ses hanches). Elle vécut un moment sur le joli pécule qu’elle s’était fait à Dénérim, profitant de la vie et apprenant le dédale des rues de la ville. Et puis, il lui avait fallu à nouveau gagner sa vie.

Elle avait loué une petite échoppe ambulante et y avait vendu ses décoctions. Ici les elfes étaient ses principaux clients, beaucoup de femmes elfes d’ailleurs. Poisons, potion pour éviter d’être enceinte, filtre pour soigner divers maux. Et un jour elle eut une demande particulière. Une jeune domestique elfe, manifestement enceinte, était venue la voir un jour et lui avait demandé, désespérée, de lui vendre une potion pour se « débarrasser » de l’enfant. Devant la fébrilité et la tristesse de l’elfe, Noria n’avait pût rester insensible. Elles avaient à peu près le même âge, ça aurait pu être elle à sa place, dans une autre vie. Elle l’avait emmenée chez elle, discuter autour d’une tasse de thé. L’elfe, qui s’appelait Tani, avait une histoire assez triste mais banale à Orlaïs. Elle était domestique chez un riche noble de la ville, le comte de Vérimont. Elle était sottement tombée amoureuse du fils de l’aristocrate, éblouie par son amour et ses promesses de l’épouser malgré l’interdiction parentale. Elle était tombée enceinte et ne lui avait avoué que récemment. Evidemment lorsque Papa eut vent de l’affaire il ordonna à son fils de mettre fin à la liaison et de jeter la domestique dehors, sans recommandation. Or elle devait travailler, sinon elle finirait à la rue. Elle ne pouvait pas garder le bébé, c’était impossible, même si elle souhaitait vraiment cet enfant. Noria lui avait alors proposé ses services. Lorsque Tani lui avait demandé ce qu’elle comptait faire, Noria lui fit un clin d’œil et lui avait dit de repasser le lendemain matin.

Pendant la nuit, Noria s’était faufilée chez le seigneur responsable de la détresse de Tani et lui avait dérobé tout ce qui pouvait se vendre rapidement et les pièces d’or qu’elle avait pu trouver. Elle avait rapidement fait le nécessaire pour changer les objets dans différentes boutiques, prenant soin de ne pas laisser de traces qui pourraient les conduire jusqu’à elle ou à Tani.

Noria avait été toute excitée à l’idée d’avoir mis ses talents à profit pour aider une personne en difficulté et elle fut ravie de la voir enfin toquer chez elle le lendemain, sautillant presque sur place.

– Entrez Tani, j’ai une surprise pour vous !

Rapidement elle l’avait fait assoir et lui avait présenté une bourse pleine à craquer.

– Voilà une généreuse donation du comte de Vérimont pour son petit-enfant à venir !

– Noria, mais qu’est-ce que vous avez fait ?

– Rien du tout…enfin si quelque chose manifestement. Mais ne vous préoccupez pas de ça !

– Mais je ne peux pas accepter voyons, ils sauront que c’est moi qui ait fait ça !

– Oui je sais, alors j’ai tout arrangé. Vous allez être escorté par des amis d’amis qui vont vous emmener directement au domaine de la douairière de Bretignes. Je lui envoie des potions pour ses rhumatismes et elle me doit une faveur. C’est une femme charmante. J’ai écrit une lettre que vous lui donnerez, elle sera ravie de vous aider et vous protégera. Vous disparaitrez de la circulation pendant un moment. De toute façon ça m’étonnerait que le comte cherche à mener l’affaire plus loin, ça lui causerait plus de tort et de scandale qu’autre chose. Et vous savez bien que la seule chose qu’un aristo ne peut supporter c’est de perdre la face.

Doucement Tani avait baissé la tête et caressa son ventre légèrement arrondi.

– Je vais pouvoir garder mon bébé ?

Noria lui avait souri.

– Oui et grâce à l’argent de son grand-père il pourra vivre décemment !

– Je…je ne sais pas quoi faire pour vous remercier.

Noria avait ri.

– Soyez heureuse ! En plus j’avoue avoir apprécié faire le justicier. Pour une fois, nous avons pu rendre la monnaie de leur pièce et à ces pète-secs de noble !

Noria l’avait conduite le lendemain vers son escorte, une petite troupe de mercenaire dirigée par une femme d’âge mûre qui n’avait pas sa langue dans la poche. Tani avait enlacé la jeune femme et promit de lui écrire pour lui donner des nouvelles.

Et voilà, elle ne savait pas trop comment mais le bouche à oreille s’était répandu parmi de nombreuses elfes et elles vinrent, peu à peu, consulter Noria pour leurs problèmes. Dans la mesure du possible, la jeune elfe essayait de les aider au maximum. Et elle enfila sa cape de justicière plus d’une fois, prenant plaisir à être plus maligne que les gardes et les nobles qui se croyaient bien en sureté derrière leurs hauts murs de pierre. Sa réputation enfla rapidement et elle dû prendre moult précautions pour ne pas être mise à jour. Maîtresse des potions le jour, justicière la nuit ! Elle était sûre que Seth aurait bien rit à cette idée.

Elle avait fini par fermer sa petite échoppe et s’était consacrée essentiellement sur ses nouvelles missions. Devenant tour à tour, enquêtrice ou redresseuse de tort et cette vie d’aventure lui plaisait au plus haut point !

Jusqu’au jour où une jeune elfe, encore une adolescente, était venue la voir pour la disparition de sa grande soeur, employée dans une petite échoppe du marché. Elle avait disparue depuis deux jours déjà, et ça n’était vraiment pas son genre. Noria enquêta comme elle put mais elle ne découvrit rien. Un jour plus tard, elle avait appris que l’elfe avait été retrouvée. Son cadavre avait été découvert, en été de décomposition, dans une maison abandonnée des quais, par pur hasard. Elle avait apparemment subi de nombreux sévices mais elle n’avait pas pu avoir de détails. Les soldats jetèrent le cadavre dans une fosse commune et décrétèrent qu’ils avaient autre chose à faire que de se mêler de querelles d’elfes.

Noria ne put rien faire pour la jeune adolescente qui ne verrait jamais le crime de sa sœur puni et elle en fut bouleversée.

Quelques semaines plus tard, un homme cette fois, était venu la voir pour la disparition de sa petite-amie, une elfe également. Suivant son instinct, elle se mit aussitôt à chercher dans les endroits où personne n’allait jamais. Lorsqu’elle avait pénétré dans l’entrepôt, l’odeur lui était aussitôt montée à la gorge. Une odeur de mort, de chair pourrie. Le coeur au bord des lèvres elle s’était approché et avant découvert le corps de la jeune elfe. Elle avait était tellement mutilée que son torse n’était plus qu’une bouillie infâme. Noria n’avait pu s’empêcher de se détourner brusquement du cadavre, pour vomir dans un coin de la pièce. Après plusieurs minutes à inspirer par la bouche et se calmer l’estomac et les nerfs, elle avait pris sur elle de mieux observer le corps. En premier lieu et par respect elle lui avait fermée les yeux. Puis elle avait commencé par observer les jambes. Marques de ligatures aux chevilles, rien d’autre. Les bras : même constatation, traces de ligatures. Le visage était intact et elle avait tout de suite remarqué que la jeune femme avait dû être très belle. Bien, la partie la plus difficile, le torse. Noria compta au moins une dizaine de coups de couteau, certaines plaies peu profondes, d’autres mortelles. Ce crime dénotait d’une rage incontrôlée.

Que ce passait-il à Val Royaux ? Qui assassinait de jeunes et jolies elfes ? Elle avait donc enquêté sur les victimes et trouver quelques indices importants mais rien pour la mener jusqu’au psychopathe responsable. L’enjeu était important et elle besoin d’aide, d’un réseau plus important que ces quelques femmes qui lui étaient redevables. C’est pourquoi elle avait essayé d’attirer l’attention des « Amis de Jenny la Rousse » par tous les moyens. Elle était même allée jusqu’à attacher, nu, un homme du monde qui battait régulièrement ses domestiques, à la fontaine principale de la grande place en peignant sur son torse : « Avec les compliments de Jenny ». Elle savait que ce genre de publicité ne devait pas plaire aux « Amis ». Un réseau secret qui s’exprime au grand jour, c’était plutôt néfaste pour les affaires, elle en savait quelque chose. Mais aux grands maux les grands remèdes ! Il y a quelques jours elles avaient laissé un message dans l’une des nombreuses planques du réseau, invitant les « Amis » à venir la rencontrer dans la maison ou elle se trouvait actuellement. Elle savait que c’était dangereux mais elle était prête à faire face à n’importe qu’elle situation.

De plus elle avait entendu la rumeur étrange que l’un des « Amis » n’était autre que Sera, l’un des compagnons de l’Inquisiteur, de Seth.

Elle avait beaucoup pensé à lui. Naïvement, elle s’était dit que ses sentiments envers lui se tariraient avec le temps. Pauvre innocente ! Il allait falloir qu’elle se fasse à l’idée de ne jamais pouvoir bannir cet homme de son cœur. Elle avait bien essayé de passer à autre chose, et s’était laissée courtiser par un humain à Dénérim. Il lui avait offert des fleurs, avait été d’une patience d’ange avec elle, mais leur premier baiser fut une catastrophe. Non pas qu’il embrassait mal, mais elle n’avait pu s’empêcher de penser à d’autres baisers, d’autres mains qui lui serraient la taille. Non elle était belle et bien perdue pour les autres hommes et même le sexe facile ne la tentait plus. D’une part elle avait été fortement échaudée par sa mésaventure avec Beren, et puis à quoi bon chercher le plaisir et la délivrance physique quand elle savait pertinemment que son cœur et son corps ne désirait qu’une chose, qu’un homme. Maudit soit-il ! Elle ne pouvait pas l’avoir lui, mais elle ne pouvait et ne voulait plus en avoir d’autre ! « Bienvenue en enfer Noria ».

Il y a trois mois, Val Royaux avait vibré au son des rumeurs les plus folles. L’inquisition avait été dissoute et l’Inquisiteur avait été grièvement blessé. Il avait fini par mourir dans les bras de l’Impératrice. Noria doutait fortement de la dernière partie mais elle s’inquiétait néanmoins. Elle enquêta un peu de son côté et appris qu’après le Conseil Exalté plus personne n’avait vu l’Inquisiteur. Se pouvait-il que Seth soit mort ? De légèrement inquiète, elle était passée à très anxieuse. Non elle le saurait, il ne pouvait pas être mort comme ça ? Pas après avoir sauvé le monde et survécu au combat final ! Combien de fois cet homme allait-il lui briser le coeur en faisant le mort ?

Elle avait donc besoin d’information de première main, et qui mieux qu’un ancien compagnon de Seth pourrait lui dire exactement ce qu’il s’était passé au Conseil.

Elle avait donc une double raison d’attendre un contact avec « Jenny ». Avec un peu de chance elle avait réussi à attirer l’attention de Sera en personne et elle serait là ce soir. Enfin elle allait pouvoir savoir, enfin son cœur allait peut-être continuer à battre normalement, ou il s’arrêterait enfin.

Rapidement elle fit le tour de ses pièges, disposés dans la pièce et prêts à couvrir sa fuite. Puis elle s’assit sur la table, réajusta sa cape sur sa tête, s’assurant qu’elle lui couvrait bien le visage, pris son arc dans une main, encocha une flèche, visa la porte et attendit. Il était l’heure.

Dehors, Sera trépignait littéralement, rendant Seth complètement chèvre. Il murmura :

– Sera je te jure que si tu n’arrêtes pas de gigoter, je t’assomme ! Tu en deviens stressante là !

– Oh la ferme hein ! Je suis toute existée ! Enfin je vais pouvoir mettre mon poing dans la face de l’abruti qui a cru que faire de la publicité à Jenny était une bonne idée.

– Avoue que tu as trouvé son idée d’attacher le noble à la fontaine très drôle !

Sera pouffa.

– Ouais c’était trop drôle, mais ça va pas m’empêcher de lui mettre une flèche au cul à cet abruti !

Seth soupira. Parfois Sera était exaspérante, mais il était heureux de pouvoir rester avec elle, parce qu’au moins il ne s’ennuyait jamais.

Avec une grimace, il frotta l’endroit qui liait sa toute nouvelle prothèse arbalète, confectionnée par Bianca en personne « Pour se faire pardonner » avait-elle dit, à son moignon. Il n’arrivait pas à s’habituer à ce fichu morceau de bois, même s’il la trouvait plutôt très classe et sympathique à utiliser. Il préférait nettement ne rien mettre du tout, d’une part pour ne pas irriter la peau sensible de son moignon et d’autre part parce qu’il s’était fait à l’idée de perdre son bras, inutile de faire semblant.

Après la fin de l’Inquisition, il avait passé ses trois mois avec Sera à s’entrainer à se battre à une main, mais il n’était évidemment pas encore au mieux de sa forme. C’est pourquoi il était deux ce soir. Et puis de toute façon il n’aurait jamais pu retenir Sera, alors qu’ils allaient rencontrer celui qui faisait rager la jeune elfe depuis des semaines.

Il était en planque devant le lieu de rendez-vous depuis une heure environ. La petite maison miteuse se trouvait dans un quartier dit « sensible » de la ville. Mais étrangement personne ne semblait vouloir s’approcher. Il y a quelques minutes ils avaient vu des petites lumières percer la crasse des vitres de la maison. Leur premier plan qui consistait à surprendre l’homme pendant qu’il entrait, était tombé à l’eau apparemment. C’était un malin ! Il devait bien se l’avouer, Seth était curieux de savoir qui avait osé se frotter aux Amis de Jenny.

Au loin, la cloche de la ville sonna deux heures du matin.

D’un geste du menton, il signala à Sera qu’il était prêt.

Ils entrèrent doucement dans la maison et virent tout de suite la lumière sous la porte du fond. Comme prévu Sera passa la première, et se posta devant la porte, pendant que Seth se plaqua contre le mur juste à côté, dague en main, arbalète prête à l’emploi. Il attendrait dans le couloir, prêt à frapper par surprise et à couvrir leur sortie en cas de besoin. De toute façon la porte était trop petite pour qu’il entre dans la pièce côte à côte.

Sans prendre de gants, Sera ouvrit la porte en grand et clama, haut et fort, l’arc en main, paré à décocher une volée de flèche dont elle avait le secret.

– Alors qui t’es et qu’est-ce que tu nous veux ?

Seth roula des yeux. Autant pour la classe et la discrétion ! Il entendit une voix légèrement étouffée lui répondre.

– Je ne suis pas un ennemi. Vous devez être Sera ?

Sera fit un pas dans la pièce et demanda d’une voix suspicieuse.

– Hein ? Comment vous savez ça vous ?

Fenhendis ! Jamais il n’aurait dû la laisser passer en première ! Elle n’avait plus qu’à lui dire ensuite que l’ex-Inquisiteur se cachait derrière la porte tant qu’elle y était !

Même sans le voir, Seth put presque « entendre » le sourire dans la voix de l’individu.

– J’ai entendu parler de vous. Bien je vous propose une trêve. Je ne vous ai pas attiré ici pour vous tuer. Je n’irai pas par quatre chemins, j’ai besoin d’aide et d’informations.

Moqueuse, Sera lâcha d’une voix trainante.

– Rien que ça hein … et qu’est-ce que Jenny obtient en échange ?

– Ma collaboration et des informations sur une affaire qui devrait vous intéresser.

Sa voix trembla légèrement.

– D’abord j’aimerais juste savoir quelque chose. Pouvez-vous… pouvez-vous me dire si Seth Lavellan est toujours en vie ?

Seth haussa un sourcil. En quoi son sort intéressait cet individu ? Décidé à prendre les choses en main avant que Sera ne fasse une bêtise plus grosse qu’elle, il pénétra à son tour dans la pièce, arbalète pointée vers la silhouette, assise nonchalamment sur la table.

– Qu’est-ce que vous lui voulez à Seth Lavellan ?

La silhouette se mit aussitôt sur ses pieds et laissa tomber son arc.

– Seth ?

Cette voix… elle lui disait vaguement quelque chose maintenant qu’il l’entendait plus distinctement. Il vit la silhouette, de petite taille (lui rappelant une jeune elfe) abaisser la capuche de sa tête d’une main fébrile, laissant apparaître, un visage en forme de cœur, des cheveux dorés comme le soleil légèrement plus court que dans son souvenir qui lui touchaient les épaules, un œil doré à la pupille étirée comme un chat, le haut de son visage à droite caché par un bandeau de cuir et un sourire lumineux éclairant son visage.

Son cœur eut un raté. De stupéfaction, il ouvrit des yeux ronds, abaissa son arbalète et ne put que souffler.

– Da’mi ?

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