Chapitre 12 – David contre Goliath

Seren n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Le retour de la réception s’était fait en silence. Darius semblait très confiant, Rain avait l’air assez torturé, comme si quelque chose le dérangeait, quant à elle, elle devait avoir l’air d’un fantôme. Pour la première fois de sa vie elle avait peur de perdre un combat, peur de mourir dans l’arène. Parce que pour elle, cela ne faisait pas de doute, elle n’arriverait jamais à vaincre un géant à elle seule. Sa mort était presque programmée. Mais elle ne voulait pas donner cette satisfaction à Emilia et à l’idée de quitter ce monde pour toujours, de ne plus revoir Rain, son cœur se serrait involontairement.

Même si elle ne pourrait jamais l’avoir comme elle le souhaitait, pouvoir le voir et discuter avec lui, lui suffisait. Sentant que le sommeil la fuirait encore longtemps, elle se leva et s’habilla. Le ciel était encore noir mais commençait à s’éclaircir à l’horizon. Avec un excès de sentimentalisme auquel elle n’était pas habituée, elle eut soudain envie de voir le lever du soleil. Elle se dirigea donc vers les jardins dans son endroit préféré, là où elle avait embrassé Rain pour la première fois.

A sa grande surprise, une haute silhouette était déjà installée sur le banc et attendait, comme elle avait prévu de le faire, le lever du jour. Elle s’approcha doucement. Rain ne tourna pas la tête vers elle, il l’avait sans doute entendu arrivée depuis un moment. Il se décala légèrement, lui donnant une invitation tacite pour s’assoir à ses côtés, ce que la jeune elfe fit sans se faire prier. Elle se rendit alors compte que le simple fait de se trouver avec Rain, calmait sa nervosité. A cet instant, elle avait besoin de lui, avait besoin de son ami, si elle osait l’appeler ainsi. Elle releva les genoux, les entoura de ses bras et posa son menton dessus. Elle finit par lui avouer l’évidence.

– Je n’arrive pas à dormir.

Rain soupira.

– Je m’en doute.

Avec un petit sourire il ajouta :

– Puisqu’on en est aux confidences, moi non plus.

Le ciel commençait à rosir à l’est et c’est avec un silence presque religieux, que Seren et Rain observèrent l’éveil de l’astre solaire. Ses rayons les réchauffaient déjà, pourtant la jeune femme frissonna. Elle ne put s’empêcher de se dire que c’était sûrement le dernier lever de soleil qu’elle verrait. Comme s’il avait saisi ses idées noires, Rain posa une main sur les siennes, toujours jointes sur ses genoux et demanda :

– Est ce que tout va bien ?

Seren haussa les épaules. Elle voulut d’abord lui mentir, lui dire qu’elle se sentait parfaitement prête à ce combat, prête à mourir. Mais c’était terriblement faux et elle avait envie d’honnêteté avec lui, alors elle lui répondit d’une voix tremblotante :

– J’ai peur. Non en vérité je suis terrifiée.

Rain se tourna vers elle et lui releva le menton pour pouvoir la regarder dans les yeux.

– Tu vas y arriver, Seren. Tu es la combattante la plus incroyable qu’il m’ait été donné de voir.

Il fit une pause, semblant rassembler son courage.

– Je dois t’avouer quelque chose. Je crois… je crois que si Emilia a lancé ce pari un peu fou c’était pour se venger de Darius, pour quelque chose que j’ai fait… enfin plutôt quelque chose que je n’ai pas fait, en son nom.

Seren fronça les sourcils, le regardant toujours dans les yeux.

– Que veux-tu dire ?

Rain semblait soudain terriblement coupable et triste à la fois.

– Darius… Darius m’a demandé de séduire Emilia. C’était le prix à payer pour forger une alliance politique avec elle, apparemment. L’ennui c’est que je n’ai pas pu aller jusqu’au bout. Je pensais qu’elle l’avait compris et qu’elle était plus raisonnable que Darius. Manifestement je me suis lourdement trompé, elle semble presque pire que lui.

Il ne lui parla pas du chantage, inutile de rajouter que c’était pour la sauver, elle et les autres esclaves, du fouet, qu’il avait fait cela.

Seren ferma brièvement les yeux. Alors Emilia lui avait menti, elle aurait dû s’en douter. Comme elle en était heureuse ! Rain et cette garce n’avait rien fait, parce que Rain ne la désirait pas. Elle eut un léger sourire qui décontenança Rain.

– Tout va bien Seren ? As-tu compris ce que je viens de dire ?

– Oui, oui parfaitement. Alors tous les deux vous n’avez jamais …?

– Non, jamais.

– Ne t’en fais pas tu n’y es pour rien. Emilia m’a toujours détesté, une sorte de rivalité féminine je suppose. Elle n’a jamais manqué une occasion de m’humilier ou de me rabaisser. Mais j’avoue que là elle y est allée un peu fort…

– Quelle fête se sera lorsque l’on fêtera ta victoire !

Seren lui donna un léger coup de coude.

– N’as-tu jamais entendu l’histoire de cette peau d’ours qui ne fallait pas vendre avant de l’avoir tué ?

– Non pourquoi j’aurais dû ?

Seren rit, mais le ton léger de leur conversation trahissait la profondeur de leurs inquiétudes. Rain finit par donner un ton plus sérieux à leur échange.

– As-tu déjà vu un géant ?

Seren soupira.

– Une fois, il y a bien longtemps, nous en avons croisé un avec mon clan. Mais les chasseurs l’avaient repéré de loin et nous l’avions contourné. Même avec vingt guerriers, ils ont préféré être prudents.

– J’en ai combattu un, une fois. Nous étions quatre sur lui. Je ne te cacherai pas que ce fut difficile. Mais pas impossible. Les géants sont des créatures vivantes comme les autres, et elles meurent aussi. Ils sont justes plus grands, malodorants et vicieux.

– Est-ce ta façon d’essayer de me remonter le moral ?

– Je suis sérieux Seren. Ils ne sont pas imbattables, je peux t’aider à te préparer un minimum. Je ne te garantit pas la victoire mais au moins tu sauras comment réagit l’ennemi en face de toi. C’est la moindre des choses que je puisse faire.

Passer la journée avec Rain ? Seren ne demandait pas mieux. Elle accepta donc, et à la fin de la matinée elle le regretta presque. Le jeune homme était un professeur exigeant et ne lui laissait pas un instant de répit. Mais elle apprit : ne jamais tourner le dos à un géant, lorsqu’il baissait légèrement la tête c’est qu’il allait charger, il était attiré par l’odeur du sang, il a une très mauvaise vue mais se rattrape sur son odorat. Autant d’informations utiles qui pourraient faire la différence ce soir. Et puis il l’entraîna un peu, essayant de simuler les mouvements que pourraient effectuer le géant, usant de magie pour bouger plus vite, frapper plus fort. Darius, attiré par le bruit, vint les observer un moment mais finit par se lasser et les laissa à nouveau seuls.

Epuisée, Seren finit par demander grâce, s’asseyant sur le banc de pierre :

– Arrêtons là d’accord, sinon je serais tellement fatiguée ce soir que je ne serais plus bonne à rien.

Rain s’assit à ses côtés.

– Si tu gardes en tête tout ce que je viens de t’apprendre, tu gagneras ce soir.

– Tu sembles si sûr de toi, j’aimerais avoir ta confiance.

– Crois-tu au moins en tes chances ?

– Sincèrement non. Je connais mes limites Rain. Je ne suis que le jouet qui amusera des milliers de spectateurs ce soir, mais je ne suis pas incassable.

La jeune femme se leva et chercha son regard.

– Si… si jamais cela ne se passe pas comme prévu ce soir, je…

Rain se leva aussitôt, lui aussi, et posa un doigt sur les lèvres de la jeune femme.

– Non, Seren. Je refuse d’entendre ce que tu voulais dire. Tu vas te reposer pour ce soir. Tout ira bien d’accord ?

Seren soupira et finit par acquiescer. Rain lui baisa gentiment le front.

– Bien. Je serai là à la fin de ton combat, je te rejoindrai.

La jeune femme frissonna doucement en sentant les lèvres de l’humain à nouveau sur elle, même si son geste était des plus amical, voire fraternel. Elle s’éloigna de lui et se prépara pour l’attente la plus longue de sa vie.

 

Le soir venu, elle était prête. Elle avait passé un peu de temps à se reposer, avait mangé un peu et méditer en silence pour calmer sa nervosité. Mais l’heure avait finalement sonné. Elle s’était baignée et préparée avec soin. Le chemin vers l’arène lui sembla plus court que d’habitude. Le soldat qui l’accompagnait toujours fit une chose étonnante ; il lui prit la main et la serra fortement dans la sienne. Lui non plus ne semblait pas être très optimiste sur ses chances de réussite.

Un silence de mort régnait dans les sous-sols de l’arène, interrompu de temps à autre par le cri du géant qu’elle pouvait entendre de loin. Sur son passage, les combattants la dévisagèrent, lui adressant de temps à autre de brefs hochements de tête. L’annonce de son combat avait donc déjà fait le tour de la ville.

Elle attendit que tous les spectateurs soient installés puis on lui indiqua de se poster devant la grille. Celle-ci s’ouvrit devant elle. L’excitation semblait encore plus palpable que d’habitude dans la foule. Ils l’acclamèrent comme jamais. Seren posa un genou à terre, toucha le sol et se releva. Elle se tourna vers la tribune de Darius et s’inclina. Elle ne put s’empêcher de remarquer le sourire satisfait d’Emilia, assise à côté de Rain. Celui-ci la regarda un moment, puis lui sourit. Elle n’écouta même pas ce que l’annonceur disait. Elle continua à regarder Rain, puisant de la force et du courage dans son regard. Enfin la grande porte de l’arène s’ouvrit également. Plusieurs hommes, dont des mages, contrôlaient l’énorme géant qui fit son entrée dans l’arène. Il semblait furieux et les coups d’éclairs et de piques que lui donnaient ses gardiens n’arrangeaient rien. Ils quittèrent, petit à petit l’arène jusqu’à ce qu’il ne reste que deux mages. Sur un signe de tête, ils lâchèrent en même temps les liens magiques de la bête et se mirent à l’abri. Le géant, enfin libre, hurla et chercha immédiatement à évacuer toute la rage qu’il avait accumulé pendant sa détention. Des mages étaient postés tout le long des tribunes, prêts à intervenir si le géant décidait subitement de changer de cible. Il remarqua enfin Seren et fonça vers elle. Malgré sa taille et sa corpulence, le géant était rapide et vif. Heureusement que Rain l’avait avertie, Seren était donc prête à le recevoir. Elle attendit la dernière seconde pour l’éviter et lui donner un coup de ses Sais dans les jambes, seuls membres qu’elle pouvait atteindre. La bête cria son mécontentement mais sembla à peine touchée.

Débuta alors un âpre combat, ou le géant faisait tout pour anéantir son ennemi. Seren tenta s’esquiver ses coups et de le toucher mais elle n’avait l’impression que de réussir à énerver d’avantage la créature sans lui faire de dommage. Ses armes n’étaient pas adaptées contre le cuir de la peau de la bête. Elle s’essoufflait, et elle sentait déjà que ses mouvements étaient moins précis, moins rapides. Le public s’impatientait. Il voulait voir un vrai spectacle. Mais cela ne déconcerta pas Seren qui essaya d’analyser les mouvements du géant, se concentrant sur ce que Rain lui avait appris. Elle réussit à s’approcher suffisamment près pour passer derrière lui et lui donner un puissant coup tranchant derrière l’un de ses genoux. Malheureusement elle sentit aussitôt l’énorme main du géant la propulser loin de lui. Le coup fut si puissant qu’elle s’écrasa de côté contre l’un des murs de l’arène. Elle entendit un « crac » et sentit une vive douleur au niveau de son épaule. Elle se rendit rapidement compte qu’elle était démise. Elle voulut se la remboîter rapidement mais le géant ne lui en laissa pas le temps. Il se précipita vers elle et l’attrapa dans sa main. Seren hurla de douleur lorsque les doigts de la bête se refermèrent autour de sa poitrine et comprimèrent son épaule blessée. Elle en lâcha ses armes qui s’écrasèrent au sol. Elle avait les bras bloqués et la pression sur son corps était quasiment insoutenable. Le géant amena la jeune elfe près de sa bouche, prêt à la déchiqueter de ses dents. Seren ferma les yeux, c’était la fin. Le public le sentit aussi et retint son souffle pour sa championne

Subitement, la pression se relâcha et la créature ouvrit les doigts. Seren tomba à terre et entendit sa cheville craquée. Elle se mordit les lèvres pour ne pas hurler à nouveau. Sans chercher à comprendre ce qui se passait, la jeune femme serra les dents et claudiqua vers ses Sais qu’elle récupéra. Elle s’éloigna un peu de la créature et, enfin, observa ce qui se passait. Le géant semblait comme groggy, pourtant elle ne lui avait rien fait. Elle devait profiter de ce répit. Pourtant elle était dans un piteux état, même si elle réussissait à se remettre l’épaule en place, sa cheville restait un problème. Elle essaya de trouver une solution mais n’en vit aucune. Elle n’était pas assez blessée pour entrer dans son état de transe, pour devenir une Berserker, et avec ses blessures, elle risquait fortement de se faire écraser dès que le géant reprendrait ses esprits.

Elle tourna la tête vers la tribune de Darius et s’arrêta en voyant Rain. Il était crispé sur son siège, le corps penché en avant et le regard fixé sur le géant. Elle était prête à parier que c’était lui qui l’aidait avec sa magie.

« Réfléchis Seren, réfléchis ! »

Soudain, elle entrevit la solution. Elle inspira bruyamment et crispa ses mains sur ses armes. Elle finit par prendre son courage à deux mains et s’enfonça les armes profondément dans les côtés, veillant à ne pas toucher d’organes vitaux. Cela lui fit un mal de chien mais pas suffisamment. Elle tourna alors lentement les armes dans sa chair et hurla de douleur. Enfin elle sentit son esprit s’embrumer et sa vision se teinter de rouge. Lorsque la petite voix, maintenant presque familière, tinta à ses oreilles, elle se laissa totalement aller.

Rain n’en pouvait plus. Embrouillé l’esprit de ce géant lui demandait beaucoup trop d’énergie, il allait lâcher. D’autant qu’il devait faire comme si de rien n’était. Il savait qu’il n’aurait pas dû intervenir, et que s’il se faisait prendre, il risqua de passer un mauvais quart d’heure. Mais il n’avait pas pu laisser Seren mourir ainsi dans l’arène. Pas s’il pouvait y faire quelque chose. Le hurlement de douleur de la jeune femme le déconcentra. Pourquoi souffrait-elle ? Le géant était encore sous son contrôle pourtant. Il lâcha son emprise sur le géant pour observer la situation. Seren avait ses Sais plongés dans son corps et le sang gouttait à flot. Il comprit ce qu’elle cherchait à faire et cela ne lui plut pas. Son corps était déjà au plus mal et si elle forçait trop, elle risquait vraiment d’y laisser la vie.

Une aura rouge entoura la jeune femme et son attitude changea du tout au tout. Elle se redressa et s’appuya plus fortement sur sa jambe blessée. Le géant secoua la tête pour retrouver ses esprits et se tourna vers Seren. Il eut un mouvement de recul en sentant la nouvelle aura de la jeune femme, mais sa colère était bien plus puissante que sa raison, alors il se dirigea vers elle à grands pas.

Seren retira rapidement ses armes de son corps et se déplaçant à une vitesse prodigieuse, elle se retrouva dans le dos du géant. Elle attaqua à nouveau l’arrière de ses genoux mais avec des coups plus puissants que la dernière fois, transperçant la peau. La créature cria et posa bruyamment un genou à terre faisait légèrement trembler l’arène. Seren en profita immédiatement. Elle grimpa avec agilité sur son dos, se servant de ses Sais, tout en évitant les coups du géant qui essayait de la déloger. Elle se hissa jusqu’à ses épaules et enfin trouva une partie sensible dans son cou. Elle y enfonça plusieurs fois son Sai, à une vitesse incroyable. Le sang du géant coula à flot et la bête folle de rage, hurla encore et se remit sur ses pieds. Avec agilité, Seren se laissa tomber au sol. Grimaçant à peine lorsqu’elle atterrit sur sa cheville blessée. Pourtant Rain vit d’ici que sa blessure venait de s’aggraver en fracture ouverte. « Par Andrasté elle va se tuer à ce rythme-là. »

Mais le géant était aussi gravement touché et sa blessure au cou saignait abondamment. Il haletait et commença à reculer face à l’elfe. Il prenait enfin conscience que cette femme n’était pas la même que celle de tout à l’heure. Seren sourit et continua à harasser le géant, lui infligeant blessure sur blessure. La créature était complètement dépassée, elle n’arrivait pas à anticiper les mouvements de son ennemi et n’arrivait plus à la toucher.

A ses côtés Emilia tremblait de rage, elle qui au début du combat affichait un sourire éclatant.

Certes Seren avait repris l’avantage, mais à quel prix. Passablement affaibli le géant tomba à nouveau à genoux, comme si ses jambes ne le portaient plus. Seren se posta fièrement devant lui et le jaugea du regard. Rain ne le voyait pas d’ici mais il était certain que ses pupilles avaient sans doute pris la même couleur que le sang qui maculait son corps. De plus elle semblait très pâle.

Ignorant toujours ses blessures, la jeune femme courut vers lui, prit son élan et sauta, ses armes prêtes à être projetées vers l’avant. Elle s’envola presque vers la tête du géant, et une fois à portée, elle pointa ses Sais vers les yeux de la créature qui ne réagit pas. Avec un cri de guerre, ses lames s’enfoncèrent dans les pupilles du géant. Celui-ci hurla de douleur et tomba à la renverse, les mains sur ses yeux aveugles. Seren s’étaient aussitôt jetée au sol.

Seren était debout et la créature se vidait de son sang au sol, prostrée.

L’annonceur clama alors la victoire de Némésis et la foule manifesta sa joie par des cris et des applaudissements retentissants. Tout le monde était debout pour l’exploit de la championne de Minrathie. Darius était aussi debout et applaudissait à tout rompre. Son visage exprimait la joie la plus intense. Emilia de son côté était restée assise et fronçait ses fins sourcils. Son regard n’annonçait rien de bon. Mais pour le moment Rain avait d’autres préoccupations. Il tourna la tête vers l’arène mais vit rapidement que Seren n’y était déjà plus. Darius, trop occupé à savourer sa victoire et entouré d’une cohorte d’admirateurs venus le féliciter, ne lui prêta pas attention, c’est pourquoi il s’éclipsa aussitôt et prit la direction des sous-sols. A grand pas, il traversa les dessous de l’arène jusqu’à se retrouver dans la salle la plus isolée, là où il savait pouvoir trouver la jeune femme. Elle avait besoin de soin, et elle en avait besoin rapidement.

Il entra, mais ne vit pas de trace de Seren. Par contre il aperçut ses Sais profondément enfoncés dans le sol sablonneux, comme si elle avait voulu éviter de les utiliser à nouveau. Il s’approcha de l’angle qui refermait un espace plus petit et plus sombre.

Seren était là, assise sur un banc de bois, les mains crispées dans ses cheveux, elle gémissait en faisait de légers mouvements de balancier. Rain s’approcha doucement de la jeune femme et lui signala sa présence.

– Seren ?

La jeune elfe releva aussitôt la tête et il croisa son regard ensanglanté et tourmenté. Il voyait bien qu’elle luttait de toutes ses forces pour essayer de reprendre ses esprits et cela la faisait souffrir. Doucement il s’approcha d’elle et comme elle ne sembla manifester ni mouvement agressif ou de recul, il s’assit à ses côtés. D’une voix calme et maîtrisée, il la rassura.

– Seren ? C’est moi Rain. Je suis là comme je te l’avais promis. Je suis là pour t’aider. Me laisseras-tu faire ?

Sans le quitter des yeux, la jeune femme continua à gémir doucement. Sans plus hésiter, il posa la main sur elle et commença à lui insuffler sa magie. Aussitôt la jeune femme réagit, avec rapidité, grimpa sur lui, lui bloqua la main qui était sur elle et plaça son autre main sur le cou du jeune homme, serrant légèrement.

Rain tenta à nouveau de l’apaiser :

– Seren, je ne suis pas un ennemi, rappelle-toi. C’est moi, Rain… Alexei.

Plutôt que de lutter contre son étreinte, Rain passa son bras libre autour de sa taille et la serra un peu plus contre lui. Seren écarquilla ses yeux écarlates et relâcha la pression sur son cou et sur sa main.

– Chut, tout va bien Seren. Je suis là, tu es vivante mais blessée, comme d’habitude. Laisse-moi m’occuper de toi.

Seren toucha doucement sa joue.

– Alexei ?

Le jeune homme lui prit la main et lui baisa le bout des doigts.

– C’est bien moi.

Les yeux de la jeune femme commencèrent à redevenir verts et avec ses esprits, elle retrouva également les sensations de son corps. La douleur commença à pulser à nouveau dans son corps et elle gémit de douleur.

Aussitôt Rain recommença à lui transmettre sa magie et une douce chaleur envahie la jeune femme. C’est la première fois qu’elle était consciente lorsque l’humain la soignait et sa magie était merveilleusement apaisante.

Soudain sans force, Seren se laissa tomber sur son torse. Rain resserra son étreinte sur elle et se remit au travail, tout en lui murmurant des paroles rassurantes. De douleur, elle avait crispé les doigts sur sa tunique et continuait de gémir périodiquement. Au fur et à mesure de ses soins, la jeune elfe se détendit. Elle avait posé sa tête sur son épaule et son souffle lui chatouillait le cou. Elle était tellement immobile qu’il craint un moment qu’elle ne se soit évanouie. Il tourna la tête vers elle, lui dégageant doucement le visage de ses longs cheveux. Il sourit doucement voyant qu’elle venait seulement de s’endormir. Rassuré, il la berça gentiment contre lui en continuant son travail. La championne était sauve.

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