Chapitre 12 – Compagnons de veillée

Leena fut aux aguets pendant tout son tour de garde. Heureusement, le reste de la nuit fut bien plus calme. Le lendemain ils se remirent en route, dans un silence pesant. Ils entrèrent dans la forêt tant redoutée. Pourtant le calme y régnait. Le soleil transperçait le feuillage en de multiple endroits faisant ressortir les couleurs chaudes de l’automne dont les feuilles commençaient à se parer. Ni l’un ni l’autre ne voulait reparler des événements de cette nuit mais ils restèrent néanmoins sur leur garde.

Lorsque la nuit tomba, ils trouvèrent une petite clairière où ils s’installèrent. L’atmosphère était lourde et ils mangèrent en silence regardant de tous côtés. Pour ceux qui savaient où chercher, la forêt était prolifique en vivre. Leena avait attrapé un lapin assez dodu, et avec quelques herbes, l’avait cuisiné en ragoût qui embaumait la petite clairière. Elle savait que c’était peut-être dangereux, mais il était plus prudent de garder leurs réserves de nourriture pour plus tard. De plus elle en avait assez des repas froids et de la viande séchée.

Ils savouraient donc un bon repas chaud, lorsque Azel releva subitement la tête. Leena qui avait également entendu un craquement étrange avait déjà posé son écuelle et avait pris en main son bâton. Encore un craquement. Pas de doute, quelqu’un était assez proche de leur camp et ne faisait manifestement aucun effort pour passer inaperçu. Azel et Leena étaient maintenant debout, dos à dos, prêts à l’attaque.

Finalement les buissons vers le nord bougèrent et un homme sortit des fourrées les mains en l’air.

– Attendez ! Je ne vous veux aucun mal… Nous sommes juste des voyageurs et nous avons très faim !

Aussitôt le regard de Leena balaya les buissons autour d’eux :

– Nous ? Comment ça nous ? Combien êtes-vous ?

– Deux ! Nous ne sommes que deux.

Méfiante, Leena ordonna :

– Que votre compagnon sorte !

L’homme se retourna et doucement murmura :

– Tu peux sortir ma chérie, tout va bien, ces gens ne nous feront rien.

Il tendit la main vers l’ombre et une femme visiblement enceinte sortit à son tour de l’ombre. Pour la première fois, Leena regarda attentivement les intrus. L’homme avait les traits tirés, mais souriait faiblement. La femme, elle, semblait épuisée, et regardait avec insistance le petit chaudron où mijotait encore un peu de ragoût qu’il n’avait pas pu manger. Son ventre, bien rond indiquait que la naissance n’était pas loin. Bizarrement, elle eut l’impression de les avoir déjà vu quelque part. Mais elle avait tellement voyagé qu’il lui était impossible de se rappeler où.

Dès qu’il vit l’état de la femme, Azel proposa :

– Nous pouvons partager notre repas si vous avez faim. Je suis Azel et la jeune femme renfrognée s’appelle Leena.

Cette fois, l’homme et la femme lui sourirent franchement et elle parla alors d’une voix douce :

– Oh merci monsieur, nous mourrons de faim.

Sous l’œil toujours un peu soupçonneux de Leena, Azel leur indiqua de s’asseoir près du feu et remplit généreuse deux écuelles. Assis l’un à côté de l’autre, les deux inconnus se jetèrent sur la nourriture qu’ils engloutirent rapidement. Une fois rassasiés, Leena leur posa alors quelques questions.

– Qui êtes-vous ?

L’homme lui répondit aussitôt :

– Oh oui pardonnez-moi ! Je suis Henley et voici ma femme Suzanna.

– Que faites-vous dans cette forêt ? Ne savez-vous pas qu’elle regorge de bandits et d’autres gens peu recommandables ?

– Eh bien, c’est-à-dire que…nous ne connaissons pas très bien le coin.

– Vous n’êtes pas d’Orlaïs ?

– Si mais…

Soudain, Leena se souvint où elle les avait déjà vus.

– Créateurs vous êtes des mages ! Vous étiez au Cercle d’Orlaïs !

Soudain paniqué Henley essaya de se justifier :

– Oui nous sommes des mages, mais nous ne vous ferons aucun mal. Nous ne sommes pas comme ces mages rebelles qui tuent sans raison.

Leena lui sourit enfin.

– Détendez-vous Henley, comment croyez-vous que je vous ai croisé dans un Cercle ? Azel et moi sommes aussi mages.

– Oh. Oh tant mieux alors.

– Comment vous êtes-vous retrouvés sur la route ?

C’est Suzanna qui lui répondit :

– Le Cercle d’Orlaïs s’est soulevé assez tard. Nous avons saisi l’opportunité de nous enfuir et de vivre notre propre vie.

Curieux Azel demanda :

– Vous étiez déjà enceinte ?

Suzanna rougit.

– Oui, Henley et moi avons commencé à nous fréquenter dans le Cercle. Et de fil en aiguille je me suis retrouvée enceinte. Les templiers voulaient me séparer d’Henley, l’envoyer dans un autre cercle. Mais le pire c’est qu’il voulait prendre notre bébé. Je n’aurais jamais eu le droit de le prendre dans mes bras, lui donner un prénom et le voir grandir.

Henley posa une main protectrice contre le ventre de sa femme.

– Nous ne l’aurions pas supporté et nous étions en train de chercher une solution quand les mages se sont soulevés. Nous sommes partis, mais sans trop réfléchir, sans vivre, sans plan. Nous nous sommes arrêtés dans le premier village et nous nous sommes mariés. Maintenant ils ne pourront plus nous séparer. Et depuis nous errons un peu.

Choquée Leena ne put s’empêcher de donner le fond de sa pensée :

– Vous êtes partis comme ça ? Alors que votre femme était enceinte ? Etes-vous complètement inconscients ?

Suzanna lui sourit tristement :

– Je sais, mais nous étions tellement heureux de pouvoir rester tous ensemble que nous n’avons pas vraiment réfléchi.

Leena regarda vers Azel qui semblait perdu dans ses pensées. Finalement il se reprit et proposa au couple de jeunes mariés :

– Nous allons partagez nos vivres avec vous. Et nous connaissons un endroit où vous pourriez vous réfugier et mettre au monde votre bébé. Il n’existe plus beaucoup d’endroits sûrs pour nous mais je vous suggère de voir du côté de l’Inquisition. Plein de villages se sont ralliés à eux, il vous suffit d’en atteindre un.

Leena intervient.

– Je sais où vous pourrez en trouver un pas trop loin d’ici. Mais faites très attention tant que vous êtes encore sur les chemins. Entourez-vous de barrière et faites des tours de garde pendant la nuit.

Henley acquiesça.

– Merci pour tout ce que vous avez fait pour nous.

Ils passèrent la soirée à discuter, de leur statut de mage, de la révolution et puis de choses plus légères. Leena demanda s’ils avaient déjà trouvé un prénom pour leur enfant à naître. Après un regard complice, le mari et la femme répondirent que non et qu’ils préféraient attendre de le voir. Leena ne put s’empêcher de les envier. Ils semblaient tellement heureux, tellement innocents, comme s’ils n’avaient jamais eu à faire face à des coups durs ou qu’ils en étaient sortis plus forts. Elle les admirait aussi, pour avoir eu le courage de vivre la vie qu’ils voulaient, sans se soucier de rien d’autre qu’être ensemble. Epuisée, Suzanna finit par s’endormir sur l’épaule de son mari, qui s’était lancé dans un débat sur la magie avec Azel. Avec mille précautions et beaucoup de tendresse, il l’installa sur la couche que Leena prépara.

La nuit s’écoula sans incident et le lendemain vint le moment des adieux. Azel avait partager tous leurs vivres et avait donné une couverture supplémentaire à Suzanna, car les nuits étaient de plus en plus fraîches. Leena répéta pour la millième fois au moins à Henley la route la plus courte et la plus sûre pour le prochain village puis les prit brièvement dans ses bras en leur souhaitant beaucoup de bonheur. Moins démonstratif, Azel se contenta de leur sourire en leur souhaitant bonne route.

Une fois à nouveau seuls, Leena vit qu’Azel semblait à nouveau loin du moment présent, le regard un peu vague. Leena ne put que deviner ce qui trottait dans la tête du mage néanmoins elle demanda :

– Azel à quoi penses-tu ? Tu as l’air totalement ailleurs.

– Hum ? Oh non je pensais juste à notre mission.

Sceptique,  Leena répéta :

– La mission hein ? Tu sais, je préférerais que tu me dises carrément que tu n’as pas envie d’en parler plutôt que tu me mentes, je trouverais ça moins insultant.

Azel lui jeta un regard en coin et finit par avouer dans un soupir de résignation :

– Je pensais à Hendel et Suzanna.

– Ils sont très sympathiques tous les deux et j’espère sincèrement qu’ils arriveront à trouver un endroit où ils seront en sécurité.

– Oui moi aussi.

Une minute de silence passa mais Leena était persuadée qu’il ne lui avait pas tout dit. Elle n’insista pas, comprenant qu’il n’avait peut-être pas envie de se confier à elle, pourtant il ajouta :

– Je pensais aussi à leur situation et à leur enfant.

Leena tourna la tête vers lui et demanda :

– Tu penses à tes parents ?

Azel hocha la tête :

– J’ai toujours vu la situation de mon point de vue. Ce qui est plutôt logique. Mais je ne me suis jamais demandé ce qu’avait ressenti mes parents. Étaient-ils amoureux ? Est-ce ma mère qui m’a nommé ? A-t-elle eu du chagrin de me laisser ? Ont-ils été séparé par la suite ?

– Je ne suis pas une spécialiste sur la maternité mais je suppose que cela doit être difficile pour toute femme de devoir abandonner son enfant… si on exclut la mienne évidemment.

– C’est juste qu’en voyant Hendel et Suzanna aussi heureux de pouvoir rester ensemble… avec leur enfant… disons que je vois pourquoi certains mages trouvent notre situation injuste. Je n’ai jamais souhaité fonder une famille, donc pour moi la question ne se posait pas mais je pense que chaque mage devrait avoir le choix.

Leena lui sourit.

– C’est pour cela que je trouve que la place des mages n’est pas dans une tour. Non seulement parce que nous ne sommes pas des animaux mais des êtres humains comme les autres, mais en plus, les mages enfermés trop longtemps finissent par en perdre le sens des réalités. Regarde Hendel et sa femme, ils n’ont rien prévu pour leur fuite et auraient pu faire de très mauvaises rencontres. Et tu as raison, nous devrions tous avoir le choix de la vie que l’on veut mener.

Comme le jeune homme semblait encore perturbé par cette conversation, Leena s’arrêta et posa une main sur son épaule. Le jeune homme stoppa également sa marche et la regarda.

– Je suis certaine que tes parents s’aimaient et que, malgré leurs situations, ils étaient heureux d’avoir concrétisés cet amour par un enfant. Quelque part sur Thédas, un homme et une femme s’endorment chaque soir en priant pour que leur fils soit heureux et aille bien.

Une certaine tristesse passa dans le regard d’Azel mais il finit par lui sourire.

– Merci Leena.

La jeune femme lui rendit son sourire et ils reprirent leur voyage.

La journée avait été très brumeuse et lorsque la nuit tomba on ne voyait pas à dix pas devant soi. Leena ne reconnaissait rien et regarda en tous sens, un peu perdue. Avait-elle manqué un embranchement ? Auraient-ils du tourner à la place d’aller tout droit ? Légèrement inquiet, Azel lui demanda :

– Tout va bien ?

– Oui, c’est juste qu’avec tout ce brouillard j’ai du mal à me repérer.

Le jeune homme haussa un sourcil :

– Sommes-nous perdus ?

– Eh bien non, c’est juste qu’il vaut mieux que l’on s’arrête pour aujourd’hui. Je retrouverai certainement le bon chemin lorsque j’y verrai quelque chose. Trouvons un endroit où monter le camp.

Ils marchèrent pendant quelques minutes, quand Leena reconnut à terre un tronc abattu qui ressemblait à un petit dragon au repos et qu’ils avaient déjà passé hier soir. Perplexe, la jeune femme déclara :

– Azel, je crois que nous tournons en rond depuis ce matin. Je reconnais cet arbre mort, notre camp de hier soir ne doit pas être très loin.

Le jeune homme soupira, mais pragmatique enchaîna :

– Et bien au moins nous savons où nous installer pour la nuit.

Avec un petit sourire contrit, Leena essaya de se repérer et se dirigea vers la droite. Ils reprirent donc leur marche espérant tomber bientôt sur leur ancien camp. Le brouillard les rendait tous les deux un peu nerveux.

– Je suis désolée, Azel, avec ce temps tout est faussé et je ne reconnais plus rien. J’étais pourtant persuadée que nous marchions dans la bonne direc…

Elle ne finit pas sa phrase. Au détour d’un chemin, ils virent une silhouette allongée au sol et qui bougeait faiblement. Les deux jeunes gens se regardèrent avant de hocher la tête et de se rapprocher prudemment. Dès qu’ils reconnurent la personne au sol, ils se précipitèrent vers lui et Leena cria :

– Hendel !

Arrivés à sa hauteur, ils s’agenouillèrent à ses côtés. L’homme était à peine conscient et avait une méchante blessure au ventre, faite par un couteau ou une dague. Il avait perdu beaucoup de sang et était déjà très pâle. Leena regarda Azel, mais celui-ci après avoir brièvement inspecté les blessures du mage, secoua la tête. La plaie était trop profonde, il faudrait un maître de l’art de la guérison pour le sauver. Et ni l’un ni l’autre n’en était capable. Son foie avait dû être touché, il n’en avait plus pour longtemps. Les larmes aux yeux, Leena posa la tête de l’homme sur ses genoux et caressa ses cheveux. Faiblement Hendel ouvrit les yeux et les reconnut.

– Leena… Azel… je…ils nous sont tombés dessus…juste après que l’on se soit séparé…ils… Suzanna ! Va-t-elle bien ? Elle s’est enfuie… je…je crois que j’en ai tué un…ah créateur j’ai si froid !

Leena essaya de maitriser ses sanglots et demanda :

– Qui vous a fait ça ?

– Des…des brigands…ils voulaient nous voler…j’ai essayé de protéger ma famille…j’ai échoué.

Hendel parlait de plus en plus faiblement.

– Suzanna…notre bébé…il faut la protéger… promettez-moi… tous les deux… vous l’amènerez en sécurité ?

Sans hésiter, Azel lui répondit :

– Bien sûr Hendel, nous allons la retrouver ne vous en faites pas. Vous pouvez vous reposer maintenant.

– Oui…oui dormir… je suis fatigué… si fatigué…

Les larmes de Leena coulaient maintenant librement sur son visage. Elle se pencha vers Hendel :

– Oui dormez. Je vais vous chanter une berceuse que ma mère nous chantait lorsque l’on faisait un cauchemar

La jeune femme chanta doucement :

Au fond de la prairie, sous le saule

Un lit d’herbe, un doux oreiller vert

Repose ta tête, et ferme tes yeux

Et quand ils s’ouvriront, le soleil sera levé.

Ici c’est sûr, et ici c’est chaud

Ici les marguerites te gardent de tout maux

Ici tes rêves sont doux et demain ils seront vrais

Ici est l’endroit où je t’aime.

Au fond de la prairie, caché loin

Un manteau de feuilles, un rayon du clair de lune

Oublie tes problèmes et laisse tes difficultés

Et quand le matin sera là, ils seront déjà loin.

Ici c’est sûr, et ici c’est chaud

Ici les marguerites te gardent de tout maux

Ici tes rêves sont doux et demain ils seront vrais

Ici est l’endroit où je t’aime.

A la fin de la chanson, Hendel avait les yeux fermés et semblait presque apaisé. Les larmes de Leena tombaient sur son visage éteint. Elle sentit soudain la main d’Azel sur son épaule.

– Leena nous devrions partir à la recherche de Suzanna, elle est peut-être en danger.

Rapidement, la jeune femme essuya ses joues humides et se redressa :

– Oui…oui pardonne-moi, tu as raison, nous devrions la chercher, elle doit être terrifiée.

Quelques minutes plus tard, ils découvrirent un spectacle qui arracha un petit cri à Leena. Elle porta sa main contre sa bouche et souffla :

– Créateurs, Suzanna…

La jeune femme était au sol, allongée sur le dos. L’une de ses mains était posée sur sa gorge déchiquetée, sûrement par un couteau, et l’autre, sur son ventre, avait vainement tenté de protéger son bébé. Par acquis de conscience, Leena vérifia si son cœur battait encore mais les yeux grands ouverts de la jeune femme ne laissaient pas planer le doute. Gentiment, Leena prit son poignet qui était encore posé sur son ventre et chercha un pouls. Evidemment, elle ne trouva rien et secoua la tête pour en informer Azel. Celui-ci, le regard dur, se détourna de la jeune femme, les poings serrés. Leena ne put que croiser les mains de la jeune femme sur son ventre et fermer doucement ses yeux vitreux.

Qui avait bien pu faire ça ? Elle remarqua alors que le baluchon plein de vivres qu’elle lui avait donné le matin n’était plus là et elle était certaine de ne pas l’avoir vu non plus aux côtés d’Hendel. Étaient-ils mort pour un peu de pain et de viande séchée ? Elle alla rejoindre Azel qui s’était totalement figé devant un autre corps qu’elle n’arrivait même pas à distinguer clairement.

Intriguée la jeune femme se demanda s’il s’agissait de l’un des agresseurs, et se rapprocha. Tristement elle commença à lui dire :

– Si seulement j’avais…

Elle se stoppa immédiatement en reconnaissant l’homme qui semblait avoir été frappé par un puissant sort de foudre. Il s’agissait de l’un des hommes qui avait essayé de les agresser la veille. L’un de ceux qu’Azel avait laissé partir… Créateur, Azel ! Elle se tourna immédiatement vers lui et faillit reculer. Elle ne l’avait jamais vu comme ça. Ses yeux lançaient des éclairs et restaient fixés sur le corps de l’homme. Tout son corps était tendu, sa mâchoire crispée, ses poings tellement serrés que ses doigts en étaient presque blancs. Elle voulait dire quelque chose, n’importe quoi, pour essayer de rétablir le contact avec lui mais rien ne lui vint. A la place elle posa une main sur son bras. Azel la repoussa brutalement d’un coup d’épaule et elle sentit soudain un puissant courant magique. Il se concentrait dans le corps du jeune homme et fut soudain expulsé en une violente poussée. Le corps du brigand fut propulsé contre un tronc d’arbre et tous ceux derrière s’inclinèrent légèrement vers l’arrière à cause de la force phénoménale de son sort. Il avait tellement de mal à contrôler sa colère qu’il haletait et soudain il cria un « Merde » retentissant, regarda un instant par terre avant de suivre des traces de pas récentes au sol. Il se remit en marche à grandes enjambées, laissant la jeune femme derrière. Leena tenta aussitôt de le suivre.

– Azel ! Attends !

– Laisse-moi, Leena. Je dois les retrouver, leur faire payer !

– Non, il est trop tard maintenant. Ça ne ramènera pas Suzanna et Hendel !

– Peut-être pas ! Mais au moins ceux qui leur ont fait ça paieront.

– Azel, non ça n’est pas toi qui parle, uniquement ta colère. Donnons-leur une sépulture décente et…

– Tu ne comprends donc pas ? Je dois les retrouver, tu entends ? Je le leur dois ! Maintenant, soit tu m’aides, soit tu me laisses partir !

Leena s’arrêta alors, sourcils froncés et bras croisés.

– Non je ne t’aiderai pas ! Je ne t’aiderai sûrement pas à devenir un meurtrier. Et le Azel que je connais ne se laisserait certainement pas…

Le jeune homme, toujours aussi furieux se détourna d’elle et lui lança par-dessus son épaule :

– Bien ! Tu ne veux pas m’aider ? Tant pis, je me débrouillerai seul !

Leena eut juste le temps de lui crier, avant qu’il ne disparaisse dans le brouillard :

– Azel, ne fais pas ça !

 Mais elle se retrouva seule, au milieu du brouillard, en compagnie de leurs amis disparus.

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Chanson utilisée :

Traduction par mes soins !

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