Chapitre 7 – Connaître son ennemi comme soi-même

Seren se réveilla doucement. La première chose qu’elle sentit, c’était une faim dévorante. Elle essaya de fouiller sa mémoire pour se souvenir de ce qu’il s’était passé. Elle se rappelait de l’arène, du petit elfe qu’elle devait protéger, des blessures multiples qu’elle avait encaissées. Et il y avait eu ensuite un trou noir, un passage à vide, puis la voix de Rain, son visage, la petite main de Tabris dans la sienne et encore du noir. Elle essaya de se redresser mais fut stoppée par une main sur le haut de sa poitrine. Elle n’avait pas remarqué la haute silhouette assise dans un fauteuil, à côté de son lit.

– Doucement, Seren. Vous avez perdu énormément de sang, vous devez vous sentir très faible.

La jeune elfe ouvrit grand ses yeux, redressa son oreiller pour le caler derrière son dos et se mit assise, dos contre la tête de lit. Elle se passa une main dans les cheveux. Elle portait sa chemise de nuit et sentait bon le propre. Quelqu’un l’avait baignée et changée. Avec un rougissement, elle espéra que l’humain n’y était pour rien.

– Rain ? Je… je suis un peu perdue.

Le mage lui sourit gentiment.

– Vous avez combattu dans l’arène et vous avez été gravement blessée…

Seren le coupa d’emblée.

– Je vous en prie ne me ménagez pas ! Je sais que j’ai reçu une blessure au ventre, je croyais même être en train de mourir. Et puis tout est soudain très flou.

Rain soupira. Il ne savait pas trop comment lui dire exactement ce qu’elle avait fait dans l’arène.

– Après votre blessure, vous… vous avez changé. Vous n’étiez plus vraiment vous-même. Comme si vous aviez laissé la place à quelqu’un d’autre. Vous vous êtes battue malgré vos nombreuses blessures. Plutôt…sauvagement.

Seren le regarda droit dans les yeux et lui demanda.

– J’ai été cruelle vous voulez dire. Je les ai massacré n’est-ce pas ?

– Oui vous aviez soif de sang et violence.

La guerrière remonta les genoux et se prit la tête entre les mains en se penchant vers l’avant. Ses longs cheveux couvrirent son visage. Elle murmura.

– Faiseurs, je l’ai laissé s’échapper.

Rain se pencha vers elle et lui remonta le menton.

– Qu’est-ce que vous avez laissé s’échapper ?

Elle leva des yeux éperdus vers lui.

– La bête ! Celle que je garde au fond de moi depuis toujours. Parfois je la sens qui gratte pour sortir. Mais je savais comment la faire reculer. Hier soir, je n’ai pas été assez forte.

– Seren, cela fait maintenant cinq jours que vous étiez endormie. J’ai dû utiliser beaucoup de magie pour ne pas vous laisser mourir. Le processus de guérison a été long.

Pour la première fois, l’elfe prit le temps d’observer l’humain. Il avait les traits légèrement tirés, les yeux fatigués et un peu plus foncés que d’habitude. Elle lui offrit un petit sourire.

– Merci de m’avoir sauvé la vie, Rain. Vous devriez vous reposer.

Rain lui sourit aussi.

– Je vais bien. Mais j’aimerais que vous me reparliez de cette « bête ».

Seren détourna les yeux, gênée. Elle tritura ses doigts, ne sachant pas par où commencer. Cela la peinait de devoir repenser aux premières apparitions de ce qu’elle appelait la « bête ». Finalement, elle prit son courage à deux mains et releva la tête, croisant le regard apaisant et doux de l’humain.

– J’ai toujours senti que les émotions fortes provoquaient quelque chose en moi. Un jour, alors que j’étais encore dans mon clan, ma petite sœur s’est faite violenter par des enfants plus âgés qu’elle. C’était la plus douce des enfants, mais elle était légèrement différente des autres, elle était dans son monde à elle. Elle ne se rendait même pas compte lorsque les autres étaient méchants avec elle. Je les ai surpris en train de se moquer d’elle et de la bousculer. J’ai senti une telle rage en moi, que je me suis précipitée vers eux. Et là ça a été le trou noir, encore une fois. Tout ce que je sais, c’est qu’à dix ans je me suis battue contre un groupe de six adolescents et qu’ils ont tous fini avec, au moins, un membre cassé. Depuis j’ai appris à tenir toutes les émotions trop fortes à l’écart. Sauf le jour où ils m’ont arraché à mon clan…

Rain semblait perdu dans ses pensées. En pleine réflexion, il souffla.

– Mais l’autre soir la douleur était trop forte.

– Je suppose oui.

Subitement Rain, sembla s’animer à nouveau, comme s’il venait d’être traversé par une idée de génie. Il se leva et se dirigea vers la porte en lui disant :

– Ne bouger pas, je reviens tout de suite. J’ai besoin de vérifier quelque chose. Je vous ramène également à manger.

Seren n’eut même pas le temps de dire quoi que ce soit qu’il avait déjà disparu. Avec un soupir elle se renfonça dans les couvertures. Ne pas savoir ce qu’elle avait fait la perturbait énormément. Elle n’avait même pas demandé comment allait Tabris ! Son ventre se mit à gargouiller violemment. Comme si elle avait entendu le message de son estomac, Tia fit son entrée dans la chambre un plateau bien rempli à la main.

– Alors c’est vrai ? Tu es bel et bien réveillée ! Merci Faiseurs !

Rapidement elle posa le plateau au pied du lit et se jeta dans ses bras.

– J’ai eu si peur ! Cela fait cinq jours que tu dormais ! Tu te rends compte ! Je n’ai jamais été aussi inquiète de ma vie !

Tia n’avait plus de famille non plus. Elle était arrivée à l’âge de huit ans chez Darius et depuis, Seren l’avait plus ou moins prise sous son aile. Mais son caractère égal et bienveillant et son côté travailleuse, lui ont permis de se faire aimer de tous dans la maison.

Seren rit devant tant d’énergie et d’enthousiasme. Elle la serra fort contre elle.

– Moi aussi je suis heureuse de te revoir Dahlen. Et merci d’avoir pensé à mon estomac.

Tia gloussa.

– J’étais sûre qu’après autant de temps sans manger, tu serais quasiment morte de faim.

Elle reprit son sérieux et déposa le plateau devant la jeune femme.

– Monsieur Rain n’a quasiment pas quitté ton chevet pendant ton sommeil et ne voulait être perturbé par personne. Cela n’a pas plu au maître. Mais monsieur Rain n’a pas cédé. Il doit être aussi fatigué que toi.

– Je me doute. Mais rassure-moi c’est toi qui m’a changée et lavée n’est-ce pas ?

Tia sourit malicieusement.

– Oui c’est moi, mais figure-toi que j’ai dû stopper monsieur Rain. Il voulait le faire lui-même. Il m’a dit qu’il avait l’habitude de le faire pour ses patients.

Cette fois-ci Seren rougit jusqu’à la racine des cheveux et lança l’un de ses oreillers au visage de la jeune fille, qui rit à gorge déployée. Elle évita le projectile qui atterrit au pied de Rain qui venait de pénétrer à nouveau dans la pièce, un autre plateau à la main. Faussement réprobateur, il haussa un sourcil et dit à Tia.

– Je vous prierai de ne pas perturber ma patiente, jeune demoiselle.

L’adolescente mis une main devant sa bouche pour étouffer son rire.

– Je suis désolée monsieur Rain.

– Ça ira pour cette fois. Je vois que je me suis fait devancer pour le plateau repas.

Seren qui avait attaqué la nourriture apportée par Tia, répliqua :

– Oh le deuxième plateau ne sera pas de trop, j’ai tellement faim que je pourrais dévorer un Druffle tout entier ! Il ne me manque plus que ma pâtisserie préférée et je serai au paradis !

Tia lui fit un clin d’œil.

– Ça peut s’arranger. Je file en cuisine ! Ne mange pas tout Seren ou tu vas devenir énorme.

La jeune femme lui tira la langue et continua à engloutir tout ce qui passait par sa fourchette, avec une certaine frénésie. Tia rit et sortit de la pièce. Rain se rassit à ses côtés, sur le fauteuil près du lit.

– Votre coup de fourchette fait plaisir à voir. Un bon guérisseur ne devrait pas dire ce genre de chose à son patient, mais j’ai vraiment cru que je n’arriverai pas à vous ramener. En attendant, j’ai une piste sur ce qui vous est arrivé dans l’arène.

Il prit le livre qu’il avait déposé sur le plateau repas et l’ouvrit à une page avant de le lui donner.

– Je crois que vous êtes une Berserker. J’ai lu quelques petites choses sur eux, mais je n’en n’ai jamais rencontré.

Fascinée, Seren s’arrêta de manger et observa l’illustration accompagnant le texte. Elle montrait un guerrier, qui avait des blessures multiples sur le corps et qui était entouré de cadavres. Il semblait absorber l’énergie de ses victimes. Elle toucha l’illustration ne pouvant croire qu’elle était pareille à cet homme. Comme hypnotisée, elle répéta.

– Je suis une Berserker.

– Oui. Ce sont de puissants guerriers qui ont la capacité d’entrer dans une espèce de transe. Pour cela il suffit qu’ils soient suffisamment blessés ou qu’ils ressentent une forte émotion. Une fois en transe, c’est comme si leurs esprits étaient mis de côté pour laisser la place à la rage de sang. Plus ils sont blessés, plus ils sont forts. Et pour compenser l’énergie qu’il leur faut pour rester dans cette transe, ils absorbent l’énergie vitale de leur victime. C’est pour cela que vous êtes tombée dans les pommes à la fin du combat. Vous n’aviez plus rien pour compenser votre perte d’énergie.

– Est-ce de la magie ?

– Eh bien apparemment cela reste un mystère pour ceux qui ont étudié ces guerriers.

Doucement Seren reposa sa fourchette, l’appétit soudain coupé.

– Je suis donc une espèce de monstre.

– Non Seren, vous êtes une femme, une guerrière, qui a une particularité. Et cette particularité ne fait en aucun cas de vous un monstre.

– Si vous le dites… Et le jeune garçon, Tabris, allait-il bien ?

– Oui, physiquement il n’avait aucune blessure, je m’en suis assuré. Il avait l’air un peu choqué mais malheureusement il semblait en avoir vu d’autres.

– Tant mieux, j’avais certainement l’air d’une vraie sauvage. J’aurais pu le blesser sans m’en rendre compte.

Rain la rassura tout de suite.

– Jamais vous ne lui auriez fait de mal, au contraire ! Je crois que si vous êtes entrée dans cet état, c’est pour le protéger.

Seren soupira.

– Bien, je sais ce que je suis, mais comment l’empêcher ?

– Vous ne le pouvez pas, Seren, cela fait partie de vous.

– Mais je ne peux pas me laisser aller à nouveau ! Qui sait ce qui pourrait se passer si cela m’arrivait dans une réception, avec des gens innocents, ou ici dans la maison.

– Il ne s’est rien passé pendant toutes ces années, il y a des chances pour que cela continue. Ne vous tracasser pas pour cela, d’accord ? Reprenez des forces. J’ai croisé un elfe qui avait un message pour vous. Darius est dans l’atrium et souhaite nous parler. Je vous attends derrière la porte.

Il se leva en se dirigeant vers la porte et ajouta :

– Allez-y doucement en vous levant, ordre de votre guérisseur.

Quand Rain fut sorti, Seren finit tout de même son assiette, son estomac réclamant toujours plus de nourriture. Elle se leva doucement et fut heureuse de constater que ses jambes ne flanchèrent pas lorsqu’elle se mit debout. Elle en profita pour s’habiller, passant sa tunique longue et son caleçon tout simple.

Enfin elle sortit et trouva Rain appuyé contre le mur, à l’attendre. Il lui sourit et lui proposa son bras, comme s’il se trouvait dans un bal au milieu de la noblesse.

– Nous y allons ?

Légèrement décontenancée, Seren ne sût que faire. Finalement, devant le haussement de sourcil interrogatif de l’humain, elle se décida à accepter son bras. Seren pouvait sentir la chaleur du corps de Rain à ses côtés et sous sa main. Elle dût batailler contre son corps pour empêcher ses joues de s’enflammer…encore ! Vraiment, depuis qu’elle connaissait cet homme, elle se transformait en adolescente rougissante. Némésis ne rougissait pas, Seren non plus…d’habitude. Elle ne savait que penser de l’attitude de Rain. C’était un homme étonnant. Elle savait qu’il était d’origine noble, cela se voyait, se sentait, dans ses manières, sa courtoisie. Mais rien ne l’obligeait à être aimable avec elle, avec les autres esclaves, à la traiter comme une égale. Il avait passé cinq jours à son chevet, à utiliser sa magie sur elle, pour la garder en vie. Parce qu’il ne concevait même pas de faire autrement, esclave ou pas esclave, elle avait eu besoin de sa magie et il la lui avait donnée.

Elle se rendit compte alors, que pendant toutes ses années passées au côté de Darius, elle ne se considérait plus vraiment comme un être humain comme les autres, et surtout pas comme une femme, sauf les rares fois où il avait consenti à la toucher. Avec cet homme, elle se sentait plus humaine, plus consciente de son corps.

Ils firent le chemin ensemble en silence et finirent pas débouchés sur l’atrium central de la maison. Darius était déjà là, assis sur une banquette, un verre de vin à la main. Lorsqu’il les vit arriver, Seren au bras de Rain, il fronça les sourcils, et la jeune femme lâcha aussitôt le bras de l’humain.

Darius se leva à leur approche et ouvrit grand ses bras.

– Seren, ma reine, comme je suis heureux de te voir debout. Tu nous as fait une sacrée frayeur !

Une autre qu’elle aurait pu croire que Darius voulait la prendre dans ses bras. Mais la jeune femme le connaissait assez bien pour savoir que ce geste n’était que symbolique. Si elle se jetait dans ses bras il l’a repousserait certainement.

– Je suis désolée de vous avoir causé du souci, Darius. Et… et je suis désolée d’avoir perdu le contrôle dans l’arène.

– Tu plaisantes ? Tu as été superbe. Notre ennemi souhaitait apparemment me porter un coup en te tuant dans l’arène. J’ai mené ma petite enquête et évidemment les combattants que tu as affrontés l’autre soir étaient payés pour te tuer.

– Ma disparition vous causerait du tort ?

– Bien sûr !

Il s’approcha d’elle et lui prit le visage entre les mains.

– Tu m’es très précieuse ma championne. Tu n’imagines pas le nombre d’alliances que j’ai forgées dans l’arène après tes combats. Les hommes de pouvoir sont attirés par le pouvoir. Et dans l’arène ma reine, c’est toi qui l’a. Ta gloire sur le sable rejaillit sur moi.

Seren avait le souffle coupé, captivée par les yeux gris clairs de son maître.

– C’est pourquoi tu dois me promettre d’être sur tes gardes à partir de maintenant.

Rain intervint.

– Il serait bon que vous soyez sur vos gardes tous les deux. Vous non plus n’êtes pas à l’abri d’une tentative d’assassinat.

Darius lâcha le visage de Seren qui secoua légèrement la tête, pour reprendre ses esprits.

– Et pourtant je n’ai pas subi d’attaque.

– Vous oubliez l’intrus de l’autre nuit, maître Darius.

– Oui mais nous ne savons toujours pas qui était vraiment sa cible.

Il sembla pensif un moment puis il répliqua :

– Rain, je ne vous ai pas encore remercié d’avoir soigné ma Némésis. Vous avez fait preuve d’un… dévouement plus que surprenant.

– Je n’ai rien fait de plus que ce que tout soigneur aurait fait à ma place. Je suis ravi d’avoir pu être utile.

– Si vous le dites. Cela me fait beaucoup de bien de te savoir debout ma championne ! Penses-tu pouvoir retourner dans l’arène rapidement ?

– Eh bien je vais bi…

Rain intervint à nouveau :

– Je pense qu’elle devrait se reposer pendant quelques semaines. J’ai dû puiser dans ses forces pour la guérir, elle a besoin de repos.

Darius souffla, déçu :

– C’est fâcheux ! Nous allons donc devoir nous passer de toi pendant quelques temps. Quel dommage ! Je vous laisse, j’ai à faire. Repose-toi donc ma reine, puisqu’apparemment c’est la seule chose que tu puisses faire !

Il semblait légèrement fâché contre elle et Seren le regarda s’éloigner dans le couloir. Elle ne voulait pas le décevoir. Furieuse elle se tourna vers Rain :

– De quel droit avez-vous dit cela ? Je vais bien !

Rain soupira et croisa les bras.

– Vous ne voyez pas qu’il se sert de vous. Il ne vous traite pas bien. Parfois j’ai l’impression qu’il ne vous considère pas comme un être humain.

– C’est totalement faux ! Il m’apprécie !

– Oui comme on apprécie un animal de compagnie !

Il regretta aussitôt ses paroles lorsqu’il vit le regard blessé de Seren. Il décroisa les bras.

– Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous blesser.

Seren n’eut pas l’occasion de répondre, Tia les interrompit :

– Tout va bien ?

Seren la rassura aussitôt.

– Oui, ne t’en fais pas Dahlen. Mais qu’est-ce que tu as en main ?

L’adolescente présenta fièrement le petit gâteau, plein de crème et de chocolat qu’elle tenait en main.

– Regarde ce que je t’ai trouvé ! Ta pâtisserie préférée !

– Où as-tu trouvé ça ?

Tia joua des sourcils, mystérieuse.

– Ahah c’est mon petit secret.

– Merci Tia, tu es la meilleure !

L’adolescente gloussa de plaisir.

– Ça n’a pas l’air si bon que ça je trouve.

– Tu ne sais pas de quoi tu parles, Dahlen ! Qui n’a pas goûté, ne peut pas juger !

– Quel goût cela a ?

Seren soupira.

– Je ne peux décemment pas te laisser dans l’ignorance. Goûte.

Tia ouvrit grand ses yeux.

– C’est vrai ? Mais je n’ai pas le droit.

– Si c’est moi qui te le propose. Aller personne n’en saura rien.

La jeune femme lui tendit la pâtisserie que l’adolescente prit presque avec révérence. Elle la tourna lentement dans sa main cherchant le meilleur angle pour l’attaquer à pleine dent.

Rain rit devant tant d’indécision.

– Il aura le même goût partout tu sais Tia.

Elle lui sourit.

– Vous avez raison, monsieur Rain.

Elle l’approcha de sa bouche et en prit un bon morceau, elle se mit à mastiquer avec application, essayant de le garder le plus longtemps possible dans la bouche pour en conserver toute la saveur. Elle fit soudainement la grimace, à la grande surprise de Seren.

– Ça a un goût très bizarre. Peut-être a-t-il été mal préparé ?

Seren lui prit le gâteau et goûta la crème du bout de la langue pour recracher aussitôt sa bouchée.

– Dahlen recrache ce que tu as en bouche, je crois que c’est…

Mais elle s’arrêta quand l’adolescente se mit à tousser violemment, crachant du sang au passage.

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