Chapitre 3 – Rendez-vous nocturne

TW: Ce chapitre contient des scènes explicites.

Une semaine. Une longue semaine s’était écoulée depuis qu’ils avaient passé la nuit ensemble. Et même si son « Peut-être » résonnait encore à ses oreilles, depuis rien n’avait évolué.

La seule amélioration notable était qu’il la saluait à nouveau. Parfois elle sentait même son regard s’attarder sur elle, la faisant frissonner. En attendant, le quotidien continuait et Leena était toujours assignée à la Bibliothèque. Cela lui donnait au moins l’occasion de le croiser parfois, voir ses yeux s’illuminés lorsqu’il la voyait. Cela lui rappelait que ce qu’ils avaient vécus ensemble n’avait pas été qu’un rêve.

Elle aurait voulu dire que le désir qu’elle avait éprouvé pour Azel avait diminué, mais non. C’était même pire ! C’était comme si son corps avait eu un avant-goût  et qu’il en réclamait encore. Pourtant elle n’était plus une adolescente, elle devrait être capable de maîtriser ces pulsions.

Elle ne savait plus trop quoi faire. Remettre sa fierté de côté pour lui proposer un autre « rendez-vous » ? Attendre qu’il se décide ?

La jeune femme soupira bruyamment. Non, elle devait tout simplement oublier. Si après la nuit qu’ils avaient passé ensemble, il n’en voulait pas plus, elle n’y pouvait rien.

Edwina la laissait étrangement tranquille depuis quelques jours mais c’est Leena qui se jetait maintenant à corps perdu dans le travail. Cela l’empêchait de penser.

La soirée était bien entamée, ce soir-là et la jeune femme finissait de ranger…encore. Même si elle était heureuse d’avoir de quoi occuper ses journées, elle en avait un peu assez de ranger des livres poussiéreux et de passer ses journées enfermée dans une salle où le silence était de rigueur. Même si cela faisait maintenant cinq ans qu’elle était officiellement une mage de cercle, elle rêvait encore de liberté et d’étendues sauvages. Mais évidemment seuls quelques mages étaient habilités à sortir, les autres regardaient simplement la vie s’écouler à travers des vitres.

La salle se vidait petit à petit, et il ne restait qu’une pile assez basse de gros ouvrages à ranger. Pour aller plus vite, elle décida d’en prendre plusieurs à la fois, même si elle ne voyait pas grand-chose devant elle. Au détour d’une allée, elle anticipa mal l’angle pour tourner et ses orteils heurtèrent violement une bibliothèque en bois massif. Par réflexe, elle lâcha les livres qui s’écrasèrent sur son pieds déjà meurtri et poussa un juron bien sentit qui aurait pu faire rougir un marin aguerri. C’est, évidemment, ce moment que choisit Azel pour passer à côté d’elle. Les yeux agrandis pas la surprise mais un léger sourire amusé sur les lèvres, le jeune homme s’approcha d’elle.

– Quel langage !

– Désolée monseigneur, cela m’a échappé.

– Est-ce que ça va ?

Appuyée contre le meuble coupable, elle massa doucement ses orteils endoloris.

– Je vais survivre.

Pendant ce temps, Azel ramassa les livres tombés et lui demanda :

– Tu détestes ce travail, n’est-ce pas ?

Leena haussa les épaules :

– Oh non ! J’adore ranger des pavés poussiéreux et être l’esclave d’une vieille femme aigri qui n’a sans doute jamais connu le plaisir physique.

– C’est étonnant que le Premier Enchanteur ne t’ait pas encore donné de nouvelles fonctions. Est-ce qu’il t’a convoquée pour un entretien ?

– Non pas encore.

Elle reprit les livres des mains d’Azel et le regarda dans les yeux. Un long silence gêné s’installa et pourtant le jeune homme ne fit pas mine de partir. Ses yeux sombres semblaient vouloir lui dire quelque chose et la fixait intensément. De son côté Leena le suppliait intérieurement de faire le premier pas, de lui dire qu’il voulait la revoir en privé, ou mieux qu’il l’embrasse, là, maintenant, tout de suite !

Au bout de quelques secondes ainsi, la jeune femme soupira :

– Bien ! Je dois finir de ranger ça. Passe une bonne soirée.

Elle passa à côté de lui et sentit soudain la main du jeune homme sur son coude. Aussitôt elle s’arrêta et tourna la tête pour croiser à nouveau son regard. Il retira ensuite sa main et la leva doucement vers son visage pour passer une boucle de cheveux rebelles derrière son oreille. Elle sentit à peine la caresse de ses doigts mais son corps chantait déjà. Comme hypnotisée, Leena suivit son mouvement, la bouche légèrement ouverte par la surprise. Après ce qui lui parut une éternité, Azel dit enfin :

– J’aimerais … si tu es d’accord…

Il déglutit, clairement mal à l’aise. La jeune femme prit pitié de lui et lui demanda carrément :

– Veux-tu que l’on se revoit ?

Soulagé de ne pas devoir en dire plus, Azel souffla un timide :

– Oui.

– Ce soir ?

Plus fermement il répondit encore :

– Oui.

Leena lui sourit et se haussa sur la pointe des pieds pour lui chuchoter à l’oreille.

– Alors retrouve-moi à ton étude, après le couvre-feu. Maintenant si tu veux bien m’excuser, j’ai un lit à nous trouver.

Après un dernier regard elle se faufila dans les rangées de meubles, tremblante mais souriante.

 

Les filles de son dortoir avaient mis une éternité à s’endormir. Au point où Leena était presque prête à jeter un sort de sommeil sur toutes, même si cela lui demanderait certainement un effort surhumain. Elle pourrait s’éclipser maintenant, personne ne s’en étonnerait. Les rendez-vous nocturnes étaient plutôt courants dans les Cercles. Mais elle devrait ensuite faire face à tout un tas de questions auxquelles elle n’avait pas du tout envie de répondre. Alors elle prit son mal en patience et finalement Rosalyne fut la dernière à s’endormir.

Les nuits s’étaient terriblement rafraichies ces derniers jours, c’est pourquoi la jeune mage s’était couchée toute habillée pour pouvoir parcourir les couloirs sans mourir de froid. Doucement elle quitta la pièce et utilisa le même bougeoir que la dernière fois. Cela faisait maintenant la deuxième fois qu’elle ne se rendait pas à la Bibliothèque à contrecœur. Elle était tellement pressée qu’elle failli ne pas remarquer un templier qui patrouillait dans les couloirs, où plus probablement qui se rendait aussi à un rendez-vous clandestin. Heureusement il semblait aussi impatient qu’elle et ne la remarqua pas.

Enfin elle passa les lourdes portes de l’immense salle et se rendit dans la petite alcôve qu’elle commençait à bien connaître.

Il n’était pas encore là.

« Créateur! Faites qu’il n’ait pas changé d’avis ! »

Elle n’avait jamais été croyante mais elle se dit qu’une petite prière ne pouvait pas faire de mal. Les secondes lui parurent des heures, les minutes une éternité. A l’affût du moindre bruit, elle se mit à faire les cent pas. Cela ne l’empêcha pas d’être surprise par l’apparition soudaine du mage, toujours escorté par son petit feu-follet. Soulagée, la jeune femme lui sourit et murmura :

– Tu es là.

Azel lui rendit son sourire mais n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Leena l’avait déjà pris par la main pour le guider.

Ils traversèrent la Bibliothèque et grimpèrent un étage, passèrent rapidement dans le réfectoire vide puis s’arrêtèrent dans un couloir, devant un mur vide. Le jeune homme leva un sourcil, surpris. Mais la mage posa un doigt sur ses lèvres, une lueur malicieuse dans le regard. Elle compta les pierres et appuya fermement sur l’une d’elle. Le mur s’ouvrit alors sur un passage qui débouchait sur une chambre assez coquette et étonnement spacieuse. D’un geste négligeant de la main elle alluma un bon feu qui se mit à crépiter immédiatement, donnant chaleur et lumière à la pièce. Sans fenêtre, elle était ornée de riches tapisseries aux murs, d’un tapis moelleux et d’un grand lit rempli de coussins.

Bouche bée, le jeune homme lui demanda :

– Comment as-tu eu connaissance de cette pièce ? Je vis ici depuis toujours et je n’en n’ai jamais entendu parler.

– Et bien il suffit de chercher au bon endroit. Tu sais la Bibliothèque ne contient pas que des livres de magie. J’ai entendu un mage parler d’une pièce secrète qu’il n’avait jamais réussi à découvrir et qui était mentionnée dans un des livres de l’histoire du Cercle. J’ai regardé par moi-même par simple curiosité et je l’ai trouvé la semaine dernière. Je lui ai juste redonnée un petit coup de frais, et voilà !

Elle se tourna ensuite vers lui. Il avait fini de faire le tour de la pièce du regard et la contemplait. Apparemment il n’était pas encore prêt à faire le premier pas, c’est donc elle qui se dirigea vers lui et s’arrêta à quelques centimètres de son corps. Sans le toucher, elle fouilla ses yeux, cherchant encore à savoir s’il était toujours d’accord avec tout ça.

– Azel ?

– Je suis là.

Leena pencha légèrement la tête de côté et le mit au défi :

– Prouve-le-moi.

Tout doucement, comme s’il voulait être sûr de faire correctement les choses, il passa un bras autour de sa taille et son autre main se posa sur sa nuque, attirant son visage vers le sien. Il l’embrassa doucement et Leena le laissa mener la danse, restant assez passive. Lorsqu’Azel passa à la vitesse supérieure, mordillant la lèvre inférieure de la jeune femme, celle-ci geignit faiblement et entrouvrit les lèvres. Le mage en profita aussitôt, approfondi le baiser et l’attira plus près encore. Aux anges, Leena se plaqua contre lui et passa les bras autour de sa nuque. Au bout de quelques minutes de cette étreinte de plus en plus passionnelle, la jeune mage chercha la main qui s’était crispée sur sa hanche et la remonta vers sa poitrine. Azel en soupesa la chair douce et son pouce trouva le mamelon durcit sous les couches de tissus, qu’il effleura doucement.

Leena se sépara des lèvres du jeune homme et gémit doucement. Les deux amants avaient tous deux le souffle saccadé. Elle se redressa pour poser son front contre celui de son partenaire et souffla, presque en suppliant :

– Déshabille-moi Azel.

Le jeune homme lui sourit et s’attaqua rapidement aux lacets du corsage de sa robe. La jeune femme glissa les mains en dessous de la première longue tunique du jeune homme et la fit glisser au sol, tout en l’embrassant. Son écharpe suivit le même chemin de même que la deuxième tunique qu’il portait. La robe de la jeune femme tomba également, la laissant en chemise longue et sous-vêtements. Azel, lui, était toujours en chemise épaisse et pantalon de coton. Impatiente, Leena grogna contre sa bouche, tout en bataillant contre les lacets de son bas.

– Tu portes beaucoup trop de vêtements !

En guise de réponse celui-ci tomba à genoux devant elle. Il posa le pied de la jeune femme sur sa cuisse et des deux mains remonta la chemise, découvrant petit à petit la peau nue en-dessous. Il déposa un baiser contre son mollet et ses lèvres remontèrent doucement, laissant un sillon de frissons sur son passage. Elles glissèrent ensuite sur sa cuisse et s’arrêtèrent sur le tissu de son sous-vêtement qu’il retira rapidement, reprenant son parcours. Leena soupira d’aise devant la sensualité de ce moment et ravie de l’initiative du jeune homme. Celui-ci mordilla la peau fine de son bassin et remonta vers son ventre qu’il parsema de baisers. Puis ce fut au tour de ses seins d’être exposés à l’air libre et la jeune femme passa rapidement la chemise par-dessus sa tête défaisant au passage sa coiffure. Azel se redressa sur les genoux, serra les bras autour de la taille de la jeune femme et s’attaqua à sa poitrine, embrassant chaque millimètre carré, léchant et suçant les pointes plus sombres et tendues.

Les jambes tremblantes, la jeune femme gémit longuement, baissa le regard vers Azel et posa tendrement une main contre sa joue.

– Si tu savais l’effet que tu me fais.

Le jeune homme releva alors son visage aux traits fins vers elle et ses yeux semblèrent tellement vulnérables à cet instant que Leena se pencha pour embrasser très chastement ses lèvres et les caressa ensuite du bout des doigts. Elle prit son visage en coupe et l’incita gentiment à se relever, lui retira sa chemise et recula vers le lit. Elle s’y laissa tomber et se glissa vers le haut des couvertures l’entraînant avec lui. Le corps du jeune homme recouvrit le sien et elle écarta légèrement les cuisses pour lui faire de la place. Lorsque leurs deux bassins entrèrent en contact, elle frotta lascivement son entrejambe humide contre la bosse de son pantalon, récoltant le premier gémissement du mage de la soirée.

Ils s’embrassèrent encore et les mains de Leena s’activèrent à faire descendre le pantalon du jeune homme. Fébrilement et avec une impatience maladroite qui fit légèrement rire la jeune femme, il se débarrassa de son dernier vêtement et se coucha à ses côtés tout contre elle, son érection venant frôler la peau de ses hanches. Aussitôt Leena reprit sa bouche et sa main se referma sur son membre gonflé. Elle en taquina le gland avant de commencer de lents mouvements du haut vers le bas, faisant geindre le jeune homme contre sa bouche. Elle sentit alors la main d’Azel se poser sur son ventre et descendre plus bas, vers son intimité qui ne demandait que cela. Il la caressa doucement, puis, constatant à quel point elle était déjà humide, inséra deux doigts en elle. Leena poussa un cri de ravissement. Cependant tout cela ne lui suffisait plus, alors brusquement, elle se redressa et chevaucha le mage, frottant impudiquement son sexe contre le sien. Mais elle le sentit soudain se crisper sous elle et ses mains agrippèrent convulsivement les draps. Il avait fermé les yeux et semblait attendre qu’elle en finisse.

Elle se doutait qu’il était certainement en train de revivre des souvenirs peu agréables et elle était bien décidée à l’aider à exorciser ses démons. Elle se pencha sur son corps jusqu’à ce que ses tétons sensibles caressent la peau de son torse. Elle embrassa le bas de sa gorge et remonta vers sa mâchoire puis son oreille où elle murmura :

– Azel, ouvre les yeux, reste avec moi.

Il s’exécuta et ses yeux sombres trouvèrent ceux de Leena. Il les garda ouverts alors qu’elle embrassa sa bouche. Les mains d’Azel se décrispèrent et lâchèrent les draps pour venir se perdre dans sa chevelure indisciplinée, attirant son visage plus près encore. De tendre, leur baiser devint fougueux. Elle se redressa alors et une main dans le dos, elle chercha le membre du mage pour le positionner à l’entrée de son intimité.

– Garde tes yeux sur moi. Toujours sur moi.

Elle descendit alors le bassin, l’accueillant entièrement en elle dans un long gémissement de plaisir et un plus discret de la part d’Azel. Les yeux dans les yeux, comme elle le lui a demandé, elle commença à onduler ses hanches, déclenchant des sensations de plaisir dans leurs deux corps. Les yeux du mage se voilèrent de désir et ses mains empoignèrent la chair de ses fesses, accompagnant ses mouvements de plus en plus rapides. Azel releva les jambes et s’aida de ce nouvel appui pour bouger son bassin au même rythme que celui de la jeune femme plongeant plus profondément encore. Il n’en fallu pas plus pour que le corps de Leena se tende soudain comme un arc, elle devint plus humide encore et ses chairs intimes se contractèrent. Son corps était parcouru par des vagues de plaisir qui déferlèrent en elle sans qu’elle s’y attende. Azel se crispa lui aussi, mais pour ne pas se laisser entraîner avec elle. Il continua ses mouvements mais les ralentis en un rythme plus sensuel et plus lent.

Leena se laissa tomber sur le corps d’Azel et l’embrassa paresseusement répétant comme une litanie.

– Encore, encore, encore…

Elle sentit les lèvres du mage s’incurver en un petit sourire et il la bascula sur le dos recouvrant son corps du sien. La tête bien calée et surélevée par les cousins, la jeune femme écarta largement les jambes pour lui et ses bras passèrent derrière sa nuque. Il la pénétra à nouveau et Leena poussa un cri inarticulé, basculant la tête en arrière quand elle sentit le membre du jeune homme stimuler son intimité encore hyper sensible. En appui sur ses coudes, de part et d’autre du corps de la mage il se pencha vers elle pour embrasser son cou offert et ses épaules, parsemées de tâche de rousseur. Il bougea doucement ses hanches et retrouva le regard d’un bleu unique de la jeune femme. Accrochée à ses épaules, ses ongles s’enfonçant légèrement dans la peau du mage, celle-ci gémit :

– Oh ! Continue, je t’en supplie.

Le jeune homme posa son front contre le sien et souffla son prénom, comme une caresse :

– Leena…

Elle eut une envie soudaine de déchiffrer ses yeux sombres, de comprendre ce qu’ils cachaient, ce qu’il ressentait vraiment. Elle lui demanda alors, semant de chastes baisers sur ses lèvres :

– Dis-moi… dis-moi ce que tu ressens, à cet instant précis.

Complètement déboussolé par sa demande, Azel arrêta tout mouvement, déglutit et sembla chercher ses mots.

– Je n’ai jamais…jamais ressenti ça avant. Avant toi.

Leena l’embrassa alors violemment. Elle savait que cela avait dû lui demander un effort considérable de lui répondre et elle était tout simplement heureuse qu’il se soit ouvert un peu à elle, l’espace d’une seconde.

Elle baisa sa bouche à en perdre haleine et remua les hanches, jusqu’à ce qu’elle soit obligée de se séparer de lui pour respirer à nouveau. Les yeux dans les yeux, elle lui demanda alors :

– Prends-moi Azel.

Une fièvre nouvelle s’alluma dans les yeux du jeune homme. Il se redressa sur ses mains et joua du bassin, jusqu’à trouver un rythme qui les firent gémirent tous les deux. Les jambes de Leena entourèrent les hanches du jeune mage. Chaque coup de rein l’emmenait un peu plus près de la jouissance et lorsqu’Azel se pencha pour l’embrasser avidement, son membre trouva cet endroit si spécial qui la fit pratiquement miauler de plaisir contre sa bouche. Elle aspira la langue du jeune homme et la suça au même rythme que ses mouvements de hanches. Il accéléra encore, ne quittant pas ses lèvres et les mains de la jeune femme cherchèrent quelque chose à quoi se raccrocher. Elle leva les bras haut au-dessus de sa tête. L’une de ses mains agrippa un cousin alors que l’autre trouva la tête du jeune homme et y plongea presque douloureusement les doigts.

Toutes ses sensations commencèrent à faire beaucoup pour Leena. Leurs lèvres unies, son sexe qui allait et venait en elle avec une précision de métronome, le son, hypnotique, de leur deux corps qui bougeaient l’un contre l’autre et ses seins qui frottaient contre les muscles durs de son torse. Tout cela ne faisait que la précipiter vers l’orgasme. Le membre d’Azel gonfla alors étirant encore plus l’intimité de la jeune femme et pulsa. Le corps du jeune homme se mit soudain à trembler et il rejeta la tête en arrière en poussa un grognement, ses hanches bougeant encore faiblement alors qu’il se laissait aller à la jouissance. Voir le visage de son amant dans cet état suffit à la jeune mage pour basculer complètement, la bouche ouverte en un cri silencieux.

Azel resta un moment immobile puis se retira du corps de Leena qui poussa un gémissement de mécontentement. Elle aurait voulu rester ainsi pendant des heures. Le mage se coucha à ses côtés, le souffle haché. La jeune femme tourna la tête vers lui mais le découvrit déjà loin d’elle, inaccessible. Il passa une main sur son front trempé de sueur, se redressa soudain et lui tourna le dos, cherchant du regard ses vêtements. Leena se leva à son tour et posa une main sur son épaule.

– Où vas-tu ?

Sans la regarder, le jeune homme pris son pantalon et l’enfila rapidement la laissant seule et frissonnante.  Bien décidée à avoir une réponse et toujours nue, elle se redressa sur ses genoux et lui attrapa le bras avant qu’il ne puisse s’en aller. Elle fronça les sourcils et s’exclama :

– Azel réponds-moi ! Tu réagis comme si ce que nous venons de faire était sale !

Enfin le mage leva les yeux vers elle. Il semblait légèrement en colère.

– Je pense juste que nous devrions regagner nos dortoirs respectifs avant de nous faire prendre.

Leena haussa les épaules :

– Personne ne connait cet endroit, nous avons toute le nuit devant nous, rien ne presse.

Perplexe, il demanda :

– Tu veux recommencer ? Maintenant ? Je suis désolé mais je ne suis pas sûr de pouvoir.

Une expression de pitié teintée d’attendrissement passa sur le visage de Leena et elle répondit doucement :

– Non, idiot ! Je me sens bien avec toi et j’aimerais simplement profiter de ta présence. Se câliner dans ce grand lit rien que pour nous… Mais évidemment je ne te retiens pas, tu es tout à fait libre de partir si tu cherches simplement une libération physique avec moi.

– Se…câliner ?

La jeune femme rit.

– Ne prends pas cet air surpris ! Je te promets que c’est très agréable. Tout ce que tu as à faire c’est de me rejoindre.

Elle tendit alors sa main vers lui et il finit par la prendre, laissant tomber à terre la chemise qu’il s’apprêtait à remettre. Elle le guida vers elle et il se rallongea dans le lit. La jeune femme s’étendit à ses côtés, enroula une jambe autour de la sienne et posa une main sur son torse, y traçant des arabesques du bout des doigts, la tête bien calée sous son menton. Pourtant il ne semblait pas vraiment à l’aise.

– Détends-toi, j’ai l’impression d’avoir une bûche dans mes bras.

– C’est que… je n’ai jamais fait ça avant…je ne sais pas trop quoi faire.

Leena releva la tête et embrassa son menton.

– Serre-moi juste dans tes bras. Ca suffira amplement.

Elle reposa sa tête et sentit enfin le corps du mage se détendre sous le sien. Il passa un bras autour de ses épaules et la serra plus fort contre lui, tandis que de son autre main, il joua avec les boucles de ses cheveux. Elle frissonna soudain et les recouvrit tous les deux d’une couverture tout en réactivant le feu d’un geste de la main. Malgré la fatigue qui commençait à peser sur elle, elle avait enfin l’occasion d’en apprendre plus sur lui et elle n’allait pas la laisser passer si facilement.

– Azel, je peux te poser une question ?

– Oh ! Donc se câliner implique aussi d’interroger l’autre.

Elle releva la tête et répondit avec un petit sourire :

– Tu n’es pas obligé de répondre.

– Alors essaie toujours.

Le visage soudain plus sérieux la jeune femme reprit :

– Pourquoi moi ?

– Qu’est ce que tu veux dire ?

– Eh bien… il y a une rumeur qui circule sur toi, je suppose que tu es au courant. A propos de toi… et d’une templière.

Elle le sentit aussitôt se crisper alors qu’il tenta de se relever. La jeune femme se remit assise et posa une main bien à plat sur son torse pour le stopper.

– Non ! Ne t’en va pas, je ne te demande rien là-dessus si tu ne veux pas m’en parler. C’est juste que …

Indécise elle se mordit la lèvre inférieure.

– C’est juste que l’on dit que depuis ce qui est arrivé, tu ne t’es jamais plus intéressé à personne, encore moins à une femme. Et crois-moi, la plupart de celles du Cercle rêveraient d’être à ma place en ce moment. Mais tu m’as choisi moi. Pourquoi ?

Azel se réinstalla et la regarda dans les yeux.

– Tu es difficilement évitable et puis … je ne sais pas trop, disons que cela m’a semblé naturel. Je vis ici depuis toujours et je fais quasiment partie des meubles. Les gens me saluent mais ne me parlent pas vraiment. Où en tout cas n’essaie pas. Je crois… qu’ils m’aiment bien, mais ne s’intéresse juste pas à qui je suis.

– Oh.

Elle ne savait pas trop comment réagir à cette réponse.

– Donc tu m’as choisie parce que je suis là seule à t’avoir parlé, c’est bien ça ?

Avec un petit sourire, il passa une main derrière la tête de jeune femme, attirant son visage vers le sien et l’arrêta alors que leurs lèvres se touchaient presque.

– Je t’ai choisie parce que j’en avais envie.

Un grand sourire éclaira les traits de Leena.

– J’aime mieux cette réponse.

Elle posa alors sa bouche contre la sienne, l’embrassant doucement, langoureusement. Il stoppa leur baiser et demanda alors :

– Je te retourne ta question, pourquoi moi ?

La jeune femme prit le temps de réfléchir à sa réponse.

– Parce que lorsque j’ai croisé ton regard, j’y ai vu la même chose que lorsque je me regarde dans un miroir.

– C’est-à-dire ?

– Deux êtres qui ont vécu seuls la plupart du temps, qui font comme si cela leur convenait mais qui au plus profond d’eux-mêmes n’aspirent qu’à trouver ne serait-ce qu’une seule personne pour se tourner vers eux et leur apporter un peu de chaleur humaine.

Le jeune homme ne remarqua même pas qu’il avait retenu son souffle.

– Tu es bien présomptueuse de faire de tels jugements sur les personnes que tu ne connais pas.

Doucement elle lui caressa la joue, un petit sourire triste aux lèvres.

– Vraiment ?

Pour toute réponse Azel la renversa sur le dos et l’embrassa durement, comme pour la punir de quelque chose. La jeune femme se laissa faire. Après tout elle avait peut-être dépassé les bornes. Lorsqu’il stoppa son baiser, elle s’excusa :

– Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser.

Il la regarda dans les yeux, si profondément qu’il devait sans doute chercher son âme.

– Tu es juste trop perspicace pour ton propre bien Leena.

Il se recoucha et la serra contre son torse nu. Tous deux gardèrent le silence.

Le souffle régulier d’Azel la plongea dans une torpeur proche du sommeil. Elle se sentait tellement bien et détendue. La voix du jeune mage, légèrement ensommeillée la ramena soudain sur Terre.

– Tu comptes dormir ici ?

– Hum hum, pourquoi ?

– Avec moi ?

– Si tu restes, oui absolument.

– Alors…bonne nuit.

Avec un petit sourire la jeune femme lui répondit :

– Bonne nuit Azel.

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