Chapitre 1 – Une nouvelle vie

Cela faisait maintenant un mois que Leena avait été transférée dans le cercle de Férelden. Heureusement, elle savait s’adapter à toutes les situations et rapidement elle avait fait connaissance avec ses voisines de chambrée. Les trois jeunes femmes étaient toutes très différentes, et si parfois leurs gloussements et leurs cancans l’ennuyaient, elle arrivait globalement à bien s’intégrer. Comme tous les nouveaux venus, elle avait été assignée au rangement de la bibliothèque, jusqu’à ce que le Premier Enchanteur lui trouve une nouvelle tâche, à la hauteur de ses capacités.

Un jour, alors qu’elle profitait d’une pause bien méritée, elle s’installa avec ses trois camarades à une table d’étude. Evidemment, au lieu de se plonger dans les livres, elles préféraient se murmurer les derniers ragots qui courraient. Leena les écoutaient d’une oreille distraite et, le regard un peu vague, parcourait la bibliothèque des yeux. Soudain, un homme entra dans la pièce, paré de vêtements amples qui ne laissaient rien paraître des formes de son corps. La jeune femme l’avait déjà remarqué. Séduisant pour qui aimait le type rat de bibliothèque, il avait surtout un regard saisissant. Même s’il semblait gentil, il ne parlait quasiment à personne et était toujours en retrait par rapport aux autres. Leena ne l’avait vu qu’à la bibliothèque où il se retirait dans un coin bien isolé et à l’abri des regards, pendant des heures, sur un bureau près d’une haute fenêtre.

Lorsqu’il passa près des jeunes femmes, celles-ci se turent soudain, jusqu’à ce que l’une d’elle, la brune Rosalyne, s’enhardisse à lui adresser la parole :

– Bonjour Azel !

Le jeune homme tourna la tête vers elle, comme s’il semblait surpris de découvrir du monde ici. Il adressa au groupe de filles un léger regard de reproche puis s’en alla ensuite rapidement, sans dire un mot. Leena était très surprise. D’un part c’était tout de même un peu impoli de ne pas répondre à une simple salutation et puis à sa place tous les autres hommes qu’elle avait connu dans les Cercles auraient saisi l’occasion de flirter avec elles. Mais, pas lui. C’était comme si on l’avait subitement arraché de ses rêveries et qu’il ne souhaitait qu’y retourner.

Lorsqu’il fut hors de vue, Maya, une grande blonde au physique un peu ingrat, soupira :

– Créateur, qu’il est beau !

Rosalyne la reprit aussitôt :

– Ne rêve pas, c’est moi qu’il a regardée !

Sana, l’elfe du groupe, fit une grimace.

– Franchement je ne sais pas ce que vous lui trouvez, il fait simplement du fayotage auprès du Premier Enchanteur pour récupérer sa place un jour.

Leena qui l’avait aussi suivi des yeux, un peu malgré elle, leur demanda :

– Qui est-ce exactement ? Il semble si… renfermé.

Maya s’empressa de lui répondre, se penchant légèrement, comme une conspiratrice. Les autres suivirent le mouvement. En roulant des yeux, Leena fit de même pour entendre quelque chose.

– C’est Azel ! Il est dans le Cercle depuis… depuis toujours non ?

Rosalyne confirma :

– Oui il est né ici je crois.

Maya continua :

– Bref, personne ne sait vraiment grand-chose sur lui, il est très mystérieux, le nez toujours fourré dans les livres. Il a passé l’épreuve en moins d’une minute. La magie semble être toute sa vie, et il est exceptionnellement doué. Il semblerait qu’il n’ait jamais eu de … relation. Même si beaucoup de filles s’en vantent. Elles mentent !

Elle tapa légèrement du poing sur la table.

Sana répliqua :

– Tu oublies cette histoire avec la templière.

Rosalyne persifla :

– Tu sais très bien que cette immonde femme l’a sûrement forcé et a abusé de lui.

Leena demanda :

– Attendez de quoi vous parlez ?

Maya se pencha encore plus :

– Cela remonte à quelques mois, et nous n’avons que la version officielle qui évidemment ne donne pas les détails sur ce qui s’est réellement passé. Ce qui est sûr, ce que cette templière lui tournait autour depuis quelques temps et de façon assez peu subtile. Elle était toujours derrière lui, à le suivre comme un petit chien, à le toucher dès que possible, sans jamais se faire prendre bien sûr ! De plus il a reçu quelques « cadeaux » pendant ces moments. Pour le reste, tout ce que l’on sait, c’est que quelques semaines plus tard cette templière a été renvoyée, non seulement du Cercle, mais aussi de l’Ordre des Templiers. Elle a été envoyée chez les Gardes des Ombres. Personne ne sait ce qu’elle est devenue. Mais pour se faire ainsi jeter, elle a du faire quelque chose d’innommable. Depuis, Azel est encore plus distant avec tout le monde et spécialement les femmes.

Sana précisa :

– Il s’agit de ta version des choses. Moi j’ai entendu dire que c’est lui qui lui tournait autour et qu’il a profité de son physique avantageux pour la séduire. Elle est devenue son esclave sexuelle et ne pouvait rien lui refuser. C’est pourquoi il a reçu autant de « cadeaux ». Il a bien profité de cette situation et quand il en a eu assez, il l’a dénoncée pour lui échapper. C’est un homme dangereux qui cache une âme noire derrière un visage d’ange !

– N’importe quoi !

Leena laissa les trois amies débattre, elle devait se remettre au travail. Mais elle était maintenant très intriguée. Elle ne connaissait pas la vérité, mais elle avait du mal à le voir comme quelqu’un de mauvais.

Elle eut tellement de travail l’après-midi qu’elle n’eut pas l’occasion d’y penser plus avant. Et lorsqu’elle crut en avoir enfin fini, elle eut une très mauvaise surprise. La responsable de la Bibliothèque, Edwina, lui donna, à la dernière minute, une énorme pile de livres à ranger, provenant directement du bureau du Premier Enchanteur Irving. Evidemment elle ne pouvait pas refuser et c’est avec une pointe d’envie, qu’elle vit les autres mages sortir de la grande salle, petit à petit, jusqu’à se vider complètement.

Seule, des mèches folles et bouclées s’étant échappées de son chignon serré qui encadrait son visage, sans doute recouvert de poussière, la jeune femme jeta un regard assassin à la haute pile qui lui restait encore à ranger. Elle soupira bruyamment puis se remit à la tâche. Cela faisait déjà plus d’une heure qu’elle était seule et pourtant la pile ne semblait pas vouloir descendre.

Quelques livres en mains, elle se faufila entre les étagères et au détour d’une allée se trouva nez à nez avec un retardataire dont elle n’avait même pas sentit la présence. Le fameux Azel. Par miracle, elle réussit à garder tous les livres en main, mais ne put empêcher un petit cri de surprise de s’échapper de ses lèvres.

– Créateurs ! Non, mais ça va pas de faire des peurs pareilles aux gens ! Je croyais être toute seule depuis des heures !

Le jeune homme semblait tout aussi surpris qu’elle.

– Je ne suis désolé. D’habitude je suis le dernier à partir. Je pensais être seul depuis longtemps.

La jeune mage souffla sur la mèche qui tombait devant ses yeux.

– Ça aurait été le cas si le Premier Enchanteur n’avait pas décidé de rendre les livres qu’il a empruntés depuis des années, juste aujourd’hui ! Et évidemment la Responsable Edwina veut que tout soit rangé pour demain matin.

Avec un petit sourire, elle ajouta :

– Je suis désolée de t’avoir crié dessus, j’ai vraiment eu peur. Je suis Leena, je suis arrivée…

– …il y a un mois. Je sais. Il n’y a que les nouveaux qui se font tyranniser par Edwina.

Leena grimaça :

– Ravie de savoir que je ne suis pas sa seule victime !

Azel lui sourit, allumant une petite lueur malicieuse dans ses yeux. Leena eut comme un coup au cœur. Etait-il possible d’être aussi séduisant sans chercher à l’être ?

– Je m’appelle Azel.

Après un moment d’hésitation, il lui proposa :

– As-tu… besoin d’aide ?

Le sourire de Leena s’étira d’une oreille à l’autre.

– Vraiment tu ferais ça ? J’avoue que ça m’aiderait beaucoup d’avoir à mes côtés quelqu’un qui connait bien les lieux.

Il jeta un coup d’œil aux livres qui se trouvaient déjà dans sa main.

– Je vois ça. D’autant que ceux que tu portes se rangent dans une section qui doit être visitée une fois par an, grand maximum. Donne-les moi je m’en occupe.

– Merci Azel, tu me sauves la vie.

Il rit.

– Tu n’exagères pas un tout petit peu ? Il ne s’agit que de livres.

– Non il s’agit d’une montagne de livres qui aurait bien finit par me dévorer !

Le jeune homme secoua la tête, le sourire toujours aux lèvres, puis s’éloigna la pile de livres à la main.

Ils travaillèrent de concert pendant encore deux bonnes heures pour venir à bout de tout le rangement. La nuit était tombée depuis longtemps, rendant leur travail d’autant plus difficile. Azel était très silencieux, concentré sur sa tâche de sorte qu’elle ne réussit pas vraiment à éclaircir le mystère que représentait le mage. Epuisée d’avoir parcouru autant de kilomètres dans cette énorme pièce, Leena, assise sur une table, les jambes ballottant doucement, attendait qu’Azel finisse la dernière pile. Enfin il réapparut au détour d’une allée et vient s’appuyer sur le meuble à côté d’elle, en poussant un soupir.

– Voilà ! Je crois qu’on en est venu à bout.

– Et tu es mon héro ! Sincèrement si tu as besoin de quoi que ce soit, dis le moi. J’ai une dette envers toi !

Le jeune homme haussa les épaules.

– Ça n’est rien. Ici c’est comme ma maison, je connais tous les recoins par cœur.

– Tu as été séparé de ta famille jeune ?

– Je suis arrivé ici alors que je n’avais que quelques mois.

– Vraiment ?

Elle tourna son visage vers lui et remarqua une toile d’araignée, prise dans ses cheveux, près de sa tempe. Elle leva la main pour la lui retirer. Mais lorsque le jeune homme vit sa main se rapprocher de son visage il recula brusquement la tête, une lueur presque menaçante dans le regard. Surprise, Leena retira lentement sa main.

– Je… tu as une toile d’araignée dans les cheveux, juste là. Je voulais simplement te l’enlever.

– Oh merci.

Il retira la toile lui-même. Mal à l’aise, la jeune femme, se remit sur ses pieds et épousseta le bas de sa robe.

– Encore merci pour ton aide. Je vais me coucher, je suis épuisée. Mais je ne plaisantais pas lorsque je te disais que j’avais une dette envers toi. Si tu as besoin de moi je suis là !

Après un dernier sourire, elle se détourna. De loin, elle l’entendit tout de même murmurer :

– Je tâcherai de m’en souvenir.

Leena décida de garder pour elle le temps passé avec Azel. D’une part parce qu’il ne s’était rien passé, et d’autre part parce qu’elle avait l’impression d’avoir partagé avec lui un moment privilégié, hors du temps, spécial. Les adjectifs ne manquaient pas. En tout cas elle était de plus en plus sceptique sur la théorie du Azel machiavélique mais elle était loin d’être une jeune fille naïve et savait qu’il était dangereux de faire confiance trop vite.

Les jours précédents, elle ne fit que le croiser très brièvement, le temps de s’échanger une salutation et un sourire. Un jour où elle ne le vit pas entrer, elle se mit à s’inquiéter. Il venait tous les jours à la bibliothèque et très tôt en général.

N’y tenant plus, vers l’heure de midi, elle se dirigea vers le coin où elle était, habituellement, sûre de le trouver. Elle accéléra le pas, s’attendant à trouver sa table d’étude vide. Mais non il était bien là. La tête appuyée contre ses coudes, posés sur le bureau, le jeune homme était profondément endormi. Quelques mèches noires, plus courtes, lui tombaient devant les yeux et sa poitrine se soulevait légèrement au rythme de sa respiration tranquille. Leena devina qu’il devait être là depuis la veille et s’était endormi pendant son travail, le nez dans les parchemins.

Sur la pointe des pieds pour ne pas le réveiller la jeune femme alla lui chercher un petit encas et une tasse de thé.

Sa supérieure, Edwina, lui lança un regard suspicieux. Leena haussa les épaules et articula lentement « Petite pause déjeuner ». La vieille femme roula des yeux et haussa les épaules. Elle lui fit ensuite un geste de la main, l’incitant à se trouver un coin à l’abri des regards. Elle détestait que les mages mangent près de ses précieux livres mais comme le règlement de l’interdisait pas, elle n’y pouvait pas grand-chose, à son grand dam.

Rapidement, la jeune femme se faufila jusqu’au mage endormi. Elle repoussa les nombreux papiers et livres qui recouvraient l’intégralité du bureau pour faire de la place à la tasse de thé et à la collation qu’elle avait amenée.

Avec prudence elle posa une main sur l’épaule du jeune homme et le secoua légèrement. Celui-ci se réveilla en sursaut, les cheveux en bataille et les yeux agrandis par une émotion difficilement déchiffrable et encore brumeux de fatigue. Voilà une vision séduisante qui n’était pas pour déplaire à la jeune mage. Il semblait un peu perdu et d’un mouvement d’épaule un peu brusque, il se redressa, échappant au contact de la main de Leena.

– Bonjour bel endormi ! Je t’ai apporté de quoi boire et manger un peu pour m’excuser de ce réveil un peu brutal.

Azel étira ses membres endoloris.

– Quelle heure est-il ?

– L’heure du service de midi au réfectoire. Tu as passé la nuit ici ?

Le jeune homme se passa une main lasse sur le visage et bailla.

– Oui. J’ai travaillé tard hier soir et je n’ai pas vu l’heure passée. Edwina a l’habitude.

Avec un petit sourire de gratitude, il prit la tasse de thé, en but une gorgée et attaqua le quignon de pain.

– Comme je ne t’ai pas vu ce matin, je me suis inquiétée et je t’ai trouvé endormi sur le bureau. J’ai pensé que tu serais bien mieux dans un lit pour rattraper tes heures de sommeil.

– Merci, c’est…gentil de ta part.

Après une pause de quelques secondes, il reprit :

– Tu t’inquiétais ?

Voilà qui était embarrassant ! C’est comme si elle avait ouvertement avoué qu’elle guettait son passage tous les jours.

– Oui enfin, façon de parler.

Elle jeta un coup d’œil curieux à ses notes et détourna rapidement la conversation :

– Qu’est-ce que tu étudies ?

Les yeux du jeune homme s’allumèrent soudain et il s’anima, devenant une toute autre personne.

– Je fais des recherches sur l’Immatériel.

– Oh, ça à l’air intéressant et risqué aussi.

– Pas si on s’y prend correctement. J’essaie de prouver qu’un mage exercé peut influencer l’esprit d’une personne quand celle-ci dort et donc parcourt l’Immatériel.

Intéressée Leena, remarqua :

– Cela me semble à la fois horrible et fascinant. Et alors, qu’as-tu trouvé ?

Le jeune homme soupira :

– Eh bien sur le papier, cela semble faisable, et j’ai trouvé des témoignages qui corroborent ma théorie, mais il me faudrait des preuves plus tangibles. Expérimenter sur un sujet consentant.

– Le Premier Enchanteur ne peut pas t’aider ?

– Malheureusement non. Il considère mes recherches un peu dangereuses. Il accepte que je continue mes études tant que cela reste sur le papier et que je ne les divulgue pas parce qu’il me fait confiance. Mais je ne pense pas qu’il autoriserait une vraie expérience là-dessus.

– C’est dommage mais je le comprends. Posséder ce genre d’emprise sur une personne pourrait s’avérer très malsain.

– Je le sais bien mais l’ignorance est à mon sens bien plus dangereux. La magie du sang vient d’expérimentations douteuses qui ont mal tourné et nous sommes démunis contre elle parce que nous ne savons pas précisément comment elle fonctionne et comment la contrer. Cela fait partie des sujets tabous. Je ne souhaite qu’anticiper les menaces pour mieux lutter contre elles. Mais évidemment mes idées ne plaisent pas à tout le monde.

– Je comprends ce que tu essaies de faire, même si je trouve ça étrange.

Soudain le jeune homme releva la tête et la regarda droit dans les yeux, la transperçant presque de son regard. Mal à l’aise, Leena dansa d’un pied sur l’autre.

– Quoi ? J’ai quelque chose sur le visage ?

Lentement Azel déclara :

– Tu as bien dit que tu me devais une faveur n’est-ce pas ?

Leena leva les mains devant elle et recula d’un pas.

– Oui, enfin je pensais plutôt à quelque chose comme te cuisiner tes plats préférés pendant une semaine, ranger ta chambre, ce genre de choses ! Pas de te donner accès à ma tête et à mes rêves.

Déçu, le jeune homme soupira :

– Oui, pardonne-moi, tu as raison, je ne peux pas te demander une chose pareille.

Et voilà, Leena se sentait maintenant coupable. Il n’avait pas hésité à l’aider quand elle avait eu besoin de lui et elle se trouvait incapable d’honorer sa dette.

– Bon, je… je veux bien y réfléchir. Je te donnerai ma réponse demain.

Azel lui sourit en retour.

– Merci Leena. J’attendrai ici.

La jeune femme avait cogité toute la nuit. Inexplicablement, elle avait confiance en lui, mais donner accès à son esprit n’était pas une décision à prendre à la légère, sur une simple intuition. Oh et puis qui croyait-elle tromper ? Elle était attirée par lui et voulait se rapprocher de lui, chose qu’elle avait plus ou moins réussit. Elle ne l’avait jamais vu aussi loquace que lorsqu’il parlait de ses recherches et ne semblait plus la regarder comme un simple fantôme, comme les autres. Et puis qu’elle le veuille ou non, elle avait une dette envers lui.

Elle le croisa, tôt le lendemain matin, dans la bibliothèque, mais ne put se résoudre à aller le voir tout de suite. Les heures s’égrainaient, l’heure du déjeuner passa puis le soleil commença à décliner derrière les vitres.

Finalement, la jeune femme ressembla autant de courage qu’elle le put et se dirigea à grands pas vers le coin de son bureau. Lorsqu’il la vit débouler devant lui, les poings serrés, les joues un peu rouges, il leva immédiatement les yeux vers elle. Elle s’appuya des deux mains sur le bureau et se pencha vers lui.

– D’accord ! Je suis d’accord ! Mais à mes conditions !

– Vraiment ? Merci beaucoup Leena, ces études sont très importantes pour moi.

Spontanément et emporté par un enthousiasme soudain, l’une des mains du jeune homme se posa sur la sienne et elle sentit comme un courant électrique la traverser. Ses doigts étaient longs et fins, sa main douce et chaude au contact, exempt des cals et des cicatrices des hommes qui l’avaient déjà touchée. Elle n’eut aucun mal à imaginer ces mains sur son corps nu. Mais son fantasme fut de courte durée parce qu’aussitôt qu’il remarqua son geste, il la retira, comme si ce simple contact l’avait brûlé.

Leena s’éclaircit la voix, encore troublée par son geste inattendu.

– Comme je le disais, j’aimerais émettre quelques conditions.

– Bien sûr tout ce que tu voudras.

– Je veux simplement ta promesse que tout ce qui se passera pendant ton expérience, restera entre nous et que tu ne t’en serviras jamais contre moi.

– Je t’en fais la promesse. A ton tour, tu dois me promettre de ne pas en parler. Tu es bien consciente de ce que cela implique n’est-ce pas ? Je vais essayer de m’immiscer dans tes rêves et les modifier.

– Oui je sais. Et je te le promets. Personne n’en saura rien. Sache juste qu’il m’arrive souvent de hum… faire des cauchemars.

– Tant mieux, je préfère rendre tes rêves agréables que le contraire.

Soudain parcourut d’un frisson, la jeune femme passa les bras autour de sa poitrine.

– Alors comment allons-nous procéder ?

– J’ai déjà l’endroit idéal. Je pensais que nous pourrions commencer cette nuit ?

Abasourdie, Leena répéta :

– Cette nuit ? Si vite ?

– Oui, enfin si tu es d’accord.

La jeune femme soupira bruyamment :

– Allons-y pour ce soir.

Azel lui adressa un sourire rassurant.

– Ne t’en fais pas tout ira bien. Au mieux pour toi, je n’arriverais à rien, au pire j’altèrerais très légèrement ton rêve. Me fais-tu confiance ?

Leena le regarda un instant dans les yeux.

– Étonnement oui.

Leena avait l’habitude de se faufiler dans le noir, et l’interdit ne lui faisait pas peur. Pourtant, ce soir-là, alors qu’elle se dirigea vers la salle qu’Azel lui avait indiquée, elle était rongée par l’angoisse. Même si elle possédait elle-même des pouvoirs magiques, elle était souvent mal à l’aise face à tout cela. Son enseignement avait été très tardif et elle se méfiait presque autant de la magie qu’une personne qui en était dépourvue.

Arrivée devant la bonne porte, elle inspira à fond pour se donner du courage puis entra, avant de pouvoir changer d’avis.

Elle fut accueillie par le sourire d’Azel et elle se dit qu’elle pourrait facilement s’habituer à le voir lui sourire ainsi. Cela n’apaisa pourtant pas le nœud qu’elle sentait dans sa gorge.

La pièce où elle venait de pénétrer n’était pas très grande et servait apparemment de débarras. Azel avait déplacé la plupart des meubles pour installer une couche de paille recouverte de couverture en laine et avait allumé quelques bougies pour éclairer la pièce.

– Je ne suis désolé de ne pas avoir trouvé mieux.

Leena s’approcha de lui et regarda sa future « couche » avec un peu de suspicion puis haussa les épaules :

– Oh c’est tout à fait charmant ! J’ai connu bien pire. Alors, qu’est-ce que je suis sensée faire.

Le jeune homme sembla soudain gêné mais finit par lui demander d’une voix légèrement enrouée.

– Tu devrais t’allonger.

Avec un petit sourire en coin, la jeune mage essaya de détendre l’atmosphère et s’exécuta. Elle défit son chignon pour qu’il ne la gêne pas.

– Si c’est une ruse pour pouvoir coucher avec moi, il y a des moyens plus simples tu sais !

Un flash traversa les yeux sombres d’Azel et ses traits se durcirent soudainement.

– Non pas de ruse de ce genre.

– Je sais. Désolée, c’est juste que je suis nerveuse. Bien ! Quelle est la prochaine étape ?

Le visage à nouveau plus détendu, il lui offrit un petit sourire ironique :

– Eh bien il faudrait que tu t’endormes.

– Oh ! Et tu as prévu une histoire à me raconter ? Parce que je ne suis pas sûre de pouvoir m’endormir si aisément.

Le jeune homme pris un verre en main et un bloc de feuille, puis il s’assied à ses côtés.

– Tiens, bois ça. Ça t’aidera à trouver le sommeil plus facilement mais ça n’est pas une drogue. Tu pourras te réveiller à tout instant.

Leena sentit le breuvage qu’il lui tendait puis le but d’un trait. Azel lui reprit le verre des mains et le posa. Les mains croisées sur le ventre, la jeune femme, tenta de se détendre.

– Si jamais tu arrivais à pénétrer dans mon rêve et qu’il devenait trop horrible, pourrais-tu…pourrais-tu me réveiller s’il te plait ?

– Evidemment. Ne t’en fais pas, tout se passera bien.

– Je le sais, c’est juste que, c’est un peu … intime de laisser l’entrée de son esprit à quelqu’un.

– Et je te suis extrêmement reconnaissant de ce cadeau.

Soudain, elle se sentit partir et une bouffée d’angoisse la saisit. Inconsciemment, elle chercha quelque chose à quoi se raccrocher et trouva la main d’Azel qu’elle serra fortement dans la sienne. Celui-ci lui tapota légèrement les doigts.

– Tout ira bien Leena, tout ira bien…

Elle ne sentit pas vraiment la transition entre la réalité et l’Immatériel, elle glissa tout simplement. Son rêve commençait plutôt bien. Elle était attablée avec toute sa famille, une famille qui semblait unie, avec son père et sa mère plus souriants qu’elle ne les avait jamais vu et ses quatre sœurs qui discutaient et riaient ensemble. Rien que ce détail aurait dû la mettre sur la bonne voie. Jamais ce genre de scène de s’était passée dans la réalité. Mais tout le monde semblait tellement heureux qu’elle n’y prêta pas attention.

Elle passait un bon moment avec eux quand soudain ses mains s’enflammèrent d’un coup. Des mains qu’elles contemplaient pour la première fois, les mains d’une enfant. Une enfant d’une dizaine d’années. Tous reculèrent et poussèrent un cri d’effroi. Sa plus jeune sœur se leva subitement et sortit de la pièce. Puis son autre sœur, jusqu’à ce qu’elles soient parties toutes les quatre. Leena aurait voulu les suivre mais elle se trouva soudain attachée à sa chaise par une longue langue de flamme qui s’enroula autour des accoudoirs. Ses parents lui jetèrent un profond regard de dégoût et la laissèrent seule. Elle lutta contre ses chaînes un moment, cria, supplia pour que quelqu’un l’aide. Puis apparut un homme. Plutôt jeune, grand, musclé, les cheveux châtain, il s’approcha d’elle avec un grand sourire, qui respirait la confiance en soi et la virilité. Il s’assit un moment à côté d’elle, lui caressa les cheveux de ses grandes mains et elle se sentit tout de suite mieux, plus en sécurité. Puis l’homme l’embrassa sur la joue, lui fit un petit sourire ironique et s’en alla aussi. Elle hurla pour qu’il revienne, qu’il ne la laisse pas seule mais il ne se retourna même pas. Lorsqu’il l’avait embrassé, elle s’était soudain senti grandir pour atteindre une taille adulte.

Elle était là, pathétique, seule, enchainée par la magie à cette chaise. Elle tempêta, pria pour qu’on la libère. Mais à la place le décor s’effaça doucement, comme si on le gommait petit à petit, la porte d’abord, la table, tout devient aussi noir qu’une nuit sans étoile et sans lune. Lorsque la noirceur l’atteignit, elle sanglota bruyamment. Le feu de ses mains s’arrêta.

Le silence et le noir complet autour d’elle. Entrecoupé par sa respiration laborieuse, paniquée et par ses pleurs. Elle avait froid maintenant, et claquait des dents. Elle voulait que ça s’arrête.

Soudain elle sentit une douce chaleur autour d’elle, puis une faible lumière l’entourer. Le décor ne réapparut pas entièrement mais la porte se matérialisa devant elle. Elle s’ouvrit brusquement pour laisser passer une silhouette d’abord indistincte. Elle s’approcha d’elle et la libéra de ses chaînes. Leena leva les yeux et rencontra deux pupilles sombres, emplies d’une humanité qu’elle avait rarement vu. Les contours de cette personne se firent plus nettes et elle reconnut une silhouette masculine qui lui tendait la main.

Elle ouvrait et fermait la bouche mais Leena ne l’entendait pas, et s’accrochait désespérément à la chaise. Elle ne savait pas qui il était et avait peur de le suivre. Brusquement elle retrouva l’usage de son ouïe.

– …entends Leena ? Je suis là tout va bien. Tu n’as qu’à prendre ma main et je mettrai fin à tout ça. C’est moi, Azel ! Il faut que tu te réveilles !

Azel ! Elle ne savait plus très bien qui il était mais ce simple nom lui redonna du courage et de la confiance. Elle prit sa main…

… et se réveilla en sursaut. Un cri étranglé lui échappa et elle se redressa d’un coup, tremblante, les joues striées de larmes. Elle tourna la tête vers l’homme à ses côtés, les yeux encore emplis d’effroi. Doucement le jeune homme leva la main et essuya une larme qui glissait lentement le long de sa joue. Un sanglot échappa à la jeune femme et elle se jeta dans ses bras. Les mains agrippées à sa tunique large, elle pleurait sur son épaule. Elle avait encore cette impression de ne plus exister, d’être seule au monde et avait besoin de se sentir vivante. Azel semblait trop surpris pour réagir mais finalement il passa les bras autour d’elle, maladroitement et frotta son dos en lui murmura des paroles qu’il espérait apaisantes. La chaleur du corps d’Azel et le ton de sa voix, plus que ses paroles, finirent par apaiser la jeune femme qui se contenta de se lover contre sa poitrine. Le menton callé contre les boucles de la jeune mage, Azel s’excusa :

– Pardonne-moi, je ne pensais pas que tes cauchemars étaient si pénibles. Et je suis désolé de ne pas avoir réussi à t’atteindre avant. J’ai eu du mal à …

Leena s’arracha à son étreinte, et les yeux encore brillants de larmes, mais un grand sourire aux lèvres, elle l’interrompit :

– Mais tu as réussi.

– Oui bien sûr, je le devais, je t’entendais crier au loin et je…

Soudain il sembla réaliser ce que cela impliquait et une main dans ses cheveux il souffla :

– Créateur j’ai réussi !

– Et du premier coup !

Un énorme sourire étira les lèvres du jeune homme et un rire lui échappa. Il avait un rire contagieux et qui réchauffa le cœur un peu meurtri de la jeune mage. Il répéta un peu plus fort :

– J’ai réussi, j’avais raison !

Il prit alors le visage de Leena en coupe et l’attira vers le sien, sans doute trop envahi par la joie pour se rendre compte de ce qu’il faisait.

– Et c’est grâce à toi ! Si tu savais comme je te suis reconnaissant de m’avoir fait confiance.

Stupéfaite, Leena ouvrit des yeux aussi grands que des soucoupes. Elle entendait à peine le jeune homme. Tout ce qu’elle voyait c’est ses lèvres qui bougeaient et ne faisaient que la tenter énormément. Tout ce qu’elle entendait c’était les fous battements de son cœur. Tout ce qu’elle sentait s’était les mains du mage sur son visage.

Prise d’une envie irrépressible et d’une impulsion, Leena se pencha brusquement et écrasa ses lèvres contre celle du jeune homme. Créateur que c’était bon. Ses lèvres étaient douces et sensuelles et lorsque sa langue pénétra dans sa bouche encore entrouverte par la stupéfaction, et toucha la sienne, un frisson de désir la traversa et finit directement sa course dans son bas-ventre. Pendant quelques secondes, quelques secondes magiques, le jeune homme lui rendit son baiser, attirant même son visage plus près encore, ses pouces caressant distraitement sa joue.

Puis il s’arracha brusquement à ses lèvres et la repoussa presque violemment. Leena poussa un gémissement de frustration et de dépit.

Les yeux écarquillés le jeune homme la dévisageait maintenant comme si elle avait fait quelque chose de terrible. Si bien qu’elle ressentit immédiatement le besoin de s’excuser.

– Désolée, je ne sais pas ce qui m’a pris, je croyais… je pensais…

Il retira les mains de son visage et se recula, évitant le regard de la jeune femme :

– Tu pensais mal. Ecoute, je ne t’en veux absolument pas. Je crois que cette nuit a été riche en émotions et que nous avons besoin de repos tous les deux. Viens.

Dans un silence total et gênant, il l’aida à se relever et souffla les bougies qui les entouraient. D’un geste de la main il convoqua un petit feu-follet qui les escortèrent. Il raccompagna la jeune femme aussi près du dortoir des filles qu’il lui était possible puis lui souhaita froidement bonne nuit.

Le reste de la nuit fut un calvaire pour Leena. Décidément, depuis qu’elle connaissait Azel, son sommeil en pâtissait beaucoup. Elle ne cessait de repenser à tout ce qui s’était passé. Ce cauchemar, d’abord, qui la harcelait depuis des années et qui ne voulait pas la laisser tranquille. A chaque fois les émotions qu’elle éprouvait étaient terrifiantes de réalisme.

Mais elle repensait surtout à ce baiser, aux sentiments qui l’avaient envahie lorsqu’elle avait compris qui venait l’arracher de ses chaines sur cette chaise maudite. Le goût des lèvres du jeune homme la hantait et son corps en réclamait plus. Mais elle sentait qu’elle était allée trop loin pour lui, dépassant les limites d’une amitié naissante. Elle aurait dû le fuir, lui et ses problèmes relationnels mais étrangement, cela l’attendrissait plus qu’autre chose et elle voulait lui montrer, lui prouver combien le contact physique pouvait être bon et doux.

Epuisée moralement, elle finit par s’endormir, une heure avant l’aube. Elle fut réveillée par la cacophonie des autres femmes qui avaient, elles, profité d’un bon sommeil réparateur. En grognant elle se leva, sachant pertinent qu’Edwina lui ferait payer tout retard. Elle s’habilla promptement et se précipita vers la bibliothèque. Elle n’avait pas faim ce matin. Elle se dirigea vers le comptoir qui était le sien, où elle commença à trier les derniers livres déposés, quand son regard tomba sur quelque chose d’inhabituel.

Avec mille précaution, elle prit en main la rose rouge qui était posée sur son bureau et porta la fleur à son nez. Elle inspira doucement le parfum entêtant et décrocha le petit mot qui y était attaché.

« Encore merci. Considère ta dette comme dûment payée. Azel. »

Un petit sourire flotta sur les lèvres de Leena, un sourire un peu triste. Si elle lisait correctement entre les lignes, il s’agissait certes d’un remerciement mais surtout d’un adieu. Il considérait qu’il n’avait plus rien à se dire. La jeune femme contempla la fleur rouge sang, le regard un peu triste. Elle s’en doutait, sans trop savoir pourquoi, elle savait qu’elle avait commis une faute.

Les journées passèrent lentement, dans un espèce de brouillard. Ses camarades virent bien que quelque chose n’allait pas mais Leena ne pouvait et ne voulait rien leur dire, prétendant que son travail à la Bibliothèque l’ennuyait profondément. Elle avait jeté un sort sur la rose qu’il lui avait offerte pour que jamais elle ne se fane, ni ne soit détruite ou écrasée. Elle embaumait encore son armoire à chaque fois qu’elle l’ouvrait.

Elle croisait encore Azel de temps en temps. A chaque fois, elle lui souriait, mais le jeune homme lui jetait à peine un regard et le sourire qu’il lui adressait parfois était crispé et légèrement forcé.

Elle aurait voulu oublier tout cela mais ses souvenirs ne lui laissaient aucun répit et c’était la nuit que c’était le plus dur. Ses cauchemars avaient presque disparus, remplacés par d’autres rêves. Des rêves de baisers enfiévrés, de corps nus enlacés, d’yeux sombres, voilés par le désir, les doigts de la jeune femme plongés dans une chevelure aussi noire que le charbon… Elle se réveillait maintenant pantelante de désir, son entrejambe pulsant au rythme effréné de son cœur. Parfois elle cédait au pulsion de son corps et aussi silencieusement que possible, elle se tournait vers le mur et glissait une main entre ses cuisses pour délivrer son corps de ce désir inassouvi. Mais évidemment ça n’était pas assez et elle en sanglotait presque de frustration. Elle envisagea même brièvement de prendre un amant mais elle savait que pas plus que sa main, un autre homme ne saurait satisfaire son désir.

Bon sang ! Elle n’avait pas complètement imaginé la réponse du jeune homme à son baiser. Elle savait, au plus profond d’elle même que pendant quelques secondes leur étreinte avait été partagée.

Un mois après l’expérience d’Azel, Leena n’en pouvait plus. Ses nuits étaient de plus en plus agitées, et elle se dit qu’elle n’avait plus rien à perdre. Un soir, alors que presque tout le monde avait déserté la bibliothèque, elle griffonna rapidement quelque chose sur un morceau de papier, le replia et prit la direction du bureau d’étude d’Azel.

Son cœur battait la chamade mais elle était bien décidée à ne pas reculer. Elle irait jusqu’au bout. Azel, la main sous le menton, contemplait pensivement l’extérieur à travers la grande vitre. Le soleil se couchait et jetait des reflets fauves dans ses cheveux noirs. Lorsqu’il la vit, il leva les yeux vers elle, surpris.

– Leena ? Quelque chose ne va pas ?

– Oui ! Ton indifférence ne me va pas ! Je ne sais pas pourquoi tu m’en veux autant. Ça n’était qu’un baiser ! Mon intention n’a jamais été de te blesser, c’est juste que tu es toi et je voulais simplement …

Elle détourna les yeux de son regard, si sombre qu’on pourrait presque s’y noyer et essaya de reprendre son souffle, de remettre de l’ordre dans ses idées.

– Ce que j’essaie de te dire, terriblement maladroitement, c’est que j’éprouve du désir pour toi. Un désir si fort que ça m’empêche de dormir la nuit. A chaque fois que je me repasse ce baiser, j’ai l’impression que l’espace d’une seconde, tu y as répondu, que tu le voulais autant que moi. Je sais qu’être près de moi, physiquement, te gêne mais je deviens folle à force de faire des conjectures.

Les doigts tremblants, elle déposa le morceau de papier sur son bureau et releva le menton pour rencontrer à nouveau son regard. Il avait la bouche légèrement ouverte par la surprise et la regardait tellement intensément qu’elle craignit pendant un instant de finir en petits tas de cendre à ses pieds.

– Alors voilà, je me lance parce que de toute façon je n’ai rien à perdre. Si jamais… si tu éprouves vraiment la même chose, si vraiment tu as aimé ce baiser autant que moi, alors retrouve-moi ce soir à l’endroit indiqué sur ce papier. J’attendrai… toute la nuit s’il le faut. Juste cette nuit. Si tu ne viens pas j’aimerais au moins que tu me parles à nouveau, que l’on puisse devenir amis peut-être. Voilà c’est tout ce que j’avais à te dire.

Sans plus rien ajouter elle se détourna et fila reprendre son poste, heureuse d’avoir enfin trouver le courage de lui dire ce qu’elle avait sur le cœur. L’attente jusqu’à ce soir allait être longue.

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